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Paludisme au Burkina: 600 000 cas de moins qu’en 2014
Publié le jeudi 27 aout 2015  |  FasoZine
Lutte
© Autre presse par DR
Lutte contre le paludisme




Du premier janvier au 16 août 2015, le Burkina Faso a enregistré au total 3 292 055 cas de paludisme. L’année dernière à la même période le programme national de lutte contre le paludisme a enregistré 3 902 348 cas de paludisme. Ces statistiques révèlent une réduction d’environ 610 293 du nombre de cas de paludisme. Toutefois le paludisme reste et demeure un problème majeur de santé publique au Burkina Faso.

Dans les formations sanitaires à la semaine 33 (1er janvier au 16 août 2015), 2043 cas de décès dus au paludisme grave ont été enregistré selon le Programme national de lutte contre le paludisme. Face à cette préoccupation sanitaire, la prévention et la prise en charge précoce et correcte des cas, appuyés par des stratégies de soutien, ont été retenues comme axes stratégiques de lutte.

Dans cette perspective, des directives nationales sont élaborées périodiquement sur la base des résultats de recherches menées dans ce domaine et sur les recommandations de l’OMS. Elles ont pour objectif de standardiser les protocoles de prise en charge du paludisme dans le but de contribuer à la réduction de la morbidité et de la mortalité liées à cette maladie. La prévention étant prioritaire à la prise en charge, ce volet comporte deux grandes dimensions à travers la prévention médicamenteuse et la lutte contre les vecteurs.

La prévention médicamenteuse se subdivise en trois volets. Il s’agit :

-du traitement préventif du paludisme chez la femme enceinte qui consiste à administrer au deuxième trimestre après apparition des mouvements actifs du fœtus, trois comprimés de Sulfadoxine-Pyriméthamine (SP) en une prise orale jusqu’à l’accouchement en respectant un intervalle minimum d’un mois entre deux prises d’une part et d’autre part, l’utilisation de la moustiquaire imprégnée d’insecticide. Il est recommandé au moins trois doses de SP pendant la grossesse et la prise doit être supervisée au niveau de la formation sanitaire par un agent qualifié.

-De la chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS) chez les enfants de 3 à 59 mois qui est l’administration intermittente d’un traitement complet par un médicament antipaludique pendant la saison de haute transmission du paludisme pour éviter la maladie. La stratégie CPS est faite sous forme de campagne de 4 jours par mois au cours des mois d’août, de septembre d’octobre et de novembre.La distribution du médicament se fait par les distributeurs communautaires sous la supervision des agents de santé.

-La prévention contre les vecteurs qui est une stratégie de lutte contre les vecteurs. Elle consiste à la promotion de l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action MILDA, à la pulvérisation intra domiciliaire avec un insecticide à effet rémanent en vue de rendre les locaux non propices au séjour des moustiques vecteurs du paludisme et d’autres insectes vecteurs. Cette prévention prend également en compte la lutte anti-larvaire à travers l’application d’insecticides (larvicides) appropriés dans les gîtes de reproduction des moustiques et l’assainissement du milieu grâce à l’organisation de journées de sensibilisation et de micro assainissement pour la destruction physique des gîtes larvaires.

Prise en charge précoce et correcte des cas de paludisme

En plus de ces mesures préventives, le Ministère de la Santé veille sur la prise en charge des cas de paludisme.

Il existe deux formes de paludisme : le paludisme simple et le paludisme grave et leur prise en charge se fait aussi bien au niveau communautaire qu’au niveau des formations sanitaires. Au niveau communautaire, la prise en charge concerne les cas de paludisme simple.

En rappel, un cas de paludisme simple se définit comme une notion de corps chaud ou antécédent de corps chaud dans les 72 dernières heures et un test de diagnostic rapide (TDR) positif. La prise en charge précoce et correcte est assurée par les agents de santé à base communautaire (ASBC) qui sont des personnes identifiées au sein de la communauté dans chaque village situé à plus de cinq kilomètres d’un centre de santé.

Pour leur permettre de bien traiter les cas de paludisme simple, les ASBS ont été formés, dotés en médicaments recommandés et suivis régulièrement par les agents de santé des centres de santé et de promotion sociale (CSPS) dont ils relèvent.

La confirmation des cas de paludisme simple se fait avec les TDR mais elle n’est effective que dans trois districts sanitaires (Kaya, Nouna et Saponé), à titre pilote. Les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (ACT) en comprimés (artésunate+ amodiaquine ou artémether/Luméfantrine) sont les médicaments utilisés et cédés à prix fortement subventionnés. En 2013, 62% des besoins en traitements ont été reçus à ce niveau.

Dans les formations sanitaires,la prise en charge des cas simples ou des cas graves du paludisme se fait à tous les niveaux de la pyramide sanitaire.

Toutefois, il est préconisé que le niveau périphérique (centres de santé et de promotion sociale) reste le lieu pour le traitement des cas simples et les centres de référence (Centre médical avec antenne chirurgicale, centre hospitalier régional/centre hospitalier universitaire) pour les cas graves, après confirmation par la goutte épaisse/frottis sanguin ou les TDR.

Dans les formations sanitaires, le traitement des cas simples se fait avec les ACT en comprimés (artésunate/amodiaquineou artémether/Luméfantrine) et cédés à prix fortement subventionnés.

Chez la femme enceinte, il se fait avec la quinine par voie orale ou les ACT après le premier trimestre de la grossesse. Quant aux formes graves de paludisme, elles sont traitées avec l’artésunate, l’artémether ou la quinine injectable.

C’est dans cette optique, que sont menées les sessions de renforcement des compétences des acteurs, l’approvisionnement régulier en antipaludiques, la supervision des prestataires, les études pour le suivi de l’efficacité des antipaludiques, etc.

En vue de soulager les familles au regard du fardeau du paludisme chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes, l’Etat et ses partenaires ont mis gratuitement à la disposition de ce groupe vulnérable les kits pour lever l’urgence.

Toutes ces actions sont soutenues par la recherche au niveau des unités de recherche sur le paludisme à Ouagadougou, Banfora, Bobo Dioulasso, Nouna, Nanoro et Saponé. Un vaccin mis au point par la recherche est à un stade avancé mais n’est pas encore introduit dans le programme élargi de vaccination PEV. Des études sur un candidat vaccin sont menées à Banfora sous l’égide du centre national de recherche et de formation sur le paludisme.

Ministère de la santé
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