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Lutte contre les MGF dans le Boulgou : GASCODE demande l’engagement ferme des coutumiers et religieux
Publié le mercredi 8 juillet 2015  |  AIB
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© Présidence par DR
Lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes
Samedi 26 avril 2014.Ouagadougou.Clôture de la conférence internationale sur les Mutilations génitales féminines(MGF) et les mariages des enfants, placée sous le très haut patronage de l’épouse du chef de l’Etat, Mme Chantal Compaoré.




Tenkodogo - Le préfet et président de la délégation spéciale (PDS) de la commune de Tenkodogo, Christophe Kaboré, a présidé une rencontre de sensibilisation et de plaidoyer sur les mutilations génitales féminines (MGF), au profit des responsables d’associations et de groupements et des chefs coutumiers et religieux de la commune de Tenkodogo, le 26 juin dernier.

Depuis plus d’une décennie, les structures gouvernementales, les organisations de la société civile, les partenaires au développement parcourent l’ensemble du territoire afin d’informer, sensibiliser toutes les couches sociales et socioprofessionnelles sur les méfaits de cette pratique sur la santé et les droits des victimes, en vue d’un changement qualitatif des comportements. C’est dans ce contexte que le Groupe D’Appui en Santé, Communication et Développement (GASCODE), a organisé cette rencontre de sensibilisation et de plaidoyer sur les mutilations génitales féminines (MGF), a eu pour public cible, des responsables d’associations et de groupements intervenant dans le domaine de lutte contre l’excision et les MGF et des chefs coutumiers et religieux de la commune de Tenkodogo. Les représentants les différentes confessions religieuses (protestants, catholiques, musulmans), et chefs coutumiers ont tous déclaré la fin de la pratique de l’excision dans leur communauté. Pour le président de la délégation spéciale de Tenkodogo Christophe Kaboré, président de la rencontre de plaidoyer sur les mutilations génitales féminines MGF, l’excision n’est pas seulement un problème pour les filles et les femmes car les conséquences touchent aussi les hommes, toute la famille et même tout le village. Il a par ailleurs précisé que la lutte contre la pratique de l’excision engagée par les autorités burkinabé vise à assurer aux femmes et aux petites filles une meilleure santé et un plein épanouissement, toute chose concourant à leur pleine participation au processus de développement socio-économique de notre pays. C’est pourquoi il s’est réjoui de l’engagement ferme des coutumiers et les religieux ainsi que des autres acteurs regroupés au sein de leurs associations et groupements aux des autorités provinciales et communales dans la lutte contre ces pratiques néfastes que sont la pratique de l’excision et les MGF, qu’il a dit prendre acte. Il a réaffirmé la disponibilité des autorités communales à écouter, conseiller et encourager les populations pour l’éradication totale de ces pratiques. «Combien sont-elles ces femmes qui souffrent en silence l’infirmité imposée comme un mal indispensable? Combien sont-elles ces mères qui ont perdu un bébé ou mis au monde un enfant attardé mental par suite de difficultés survenues à l’accouchement? Combien de fillettes exposées inutilement à des traumatismes psychologiques, à des infections de toutes sortes, à la stérilité future et même à la mort par l’excision?», s’est interrogé le PDS de Tenkodogo, Christophe Kaboré. Il a aussi souligné que la prévalence moyenne nationale de l’excision est de 76% chez les femmes de 15 à 49 ans et variée de 58% à 90% selon les localités, les groupes ethniques et le niveau d’instruction. Une baisse de la prévalence est cependant constatée chez les filles de moins de 15 ans soit 36% en 1996, contre 20% en 2003, de 17,31% en 2006 et de 13% en 2010. Au niveau de la région du Centre Est, le taux de prévalence est de 90% selon l’EDS 2010 pour les femmes de 15 à 49 ans, occupant ainsi la 1èreplace en matière de MGF. «A la lecture de ces statistiques, il reste beaucoup à faire dans l’ensemble de notre Région en matière de promotion de l’abandon de la pratique des mutilations génitales féminines. Nous devrons tous nous engager pour soustraire les femmes et les petites filles du fardeau des pesanteurs socioculturelles qui leur sont nuisibles et qui ont des répercussions négatives sur les familles et l’ensemble de la société. Le prix à payer, à leur corps défendant, est amer et est devenu trop élevé pour justifier le maintien de cette pratique traditionnelle. Engageons-nous toutes et tous dès maintenant et sans relâche pour protéger nos fillettes afin de leur assurer une meilleure santé et un plein épanouissement permettant de leur assurer un avenir meilleur», a-t-il conclu. La représentante de GASCODE Yvonne Kaboré, a indiqué que malgré les sensibilisations, des gens persistent pour exciser leurs filles. «Avant, les MGF se faisaient en groupes chez des filles à la puberté et étaient accompagnées de rites d’initiation dans certaines sociétés. Maintenant avec la sensibilisation et la répression, on note une baisse de la pratique et un abandon de plus en plus des rites initiatiques là où cela se faisaient. Toutefois, la pratique se poursuit de manière clandestine et chez des enfants de plus en plus jeunes (même des bébés de 7 jours!). C’est ainsi que les articles 380, 381 et 382 de la loi N°43/96/ADP du 13 novembre 1996 portant code pénal au Burkina Faso, répriment les mutilations génitales féminines /Excision», a-t-elle ajouté.


Bougnan NAON
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