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Nigéria : Buhari versus Boko Haram
Publié le mercredi 3 juin 2015  |  Sidwaya
Boko
© Autre presse par DR
Boko Haram




L’arrivée de Muhammadu Buhari à la tête du Nigéria a suscité des espoirs à un moment où la secte islamiste Boko Haram semble faire sa loi. Ce général à la retraite, qui a acquis l’expérience de l’appareil d’Etat dans les années 1980, a promis à ses compatriotes d’en finir avec le groupe armé. Allant même jusqu’à annoncer l’installation d’un centre de commandement de l’armée dans le fief de Boko Haram, à Maïduguri, au Nord-est du pays. Mais c’est mal connaître ces djihadistes, qui sont de véritables poils à gratter. Le vendredi 29 mai 2015, jour de l’investiture du nouvel homme fort d’Abuja, Boko Haram s’est fait encore sentir, comme pour nuancer l’optimisme affiché par le président Buhari. Lors d’un mariage dans l’Etat de Bornéo, la secte a perpétré un attentat, qui a coûté la vie à sept personnes et fait une dizaine de blessés. La preuve que les islamistes ne vont pas capituler aussi facilement devant le nouveau capitaine du navire battant pavillon Nigéria.

Tel un boulanger, Muhammadu Buhari a du pain sur la planche dans son projet de neutralisation de Boko Haram. La réalité du terrain est que la secte qui trouble bien de sommeils, est lourdement armée et dispose de moyens financiers non négligeables, à suivre les témoignages des spécialistes. Et ces faits sont loin de relever de la propagande, à voir la force de frappe de Boko Haram. Bien vrai que l’armée nigériane a repris du terrain, mais n’empêche qu’Aboubacar Shekau et ses hommes demeurent plus que jamais nuisibles. Disons même qu’ils sont indomptables. Les lycéennes de Chibok, enlevées depuis plus d’un an, demeurent introuvables. Le monde entier a donné de la voix, sans que rien n’y fît. Les otages ont été convertis à l’islam, au grand dam de leurs familles, condamnées pour l’instant à vivre dans l’expectative et la douleur. Les exactions, les pillages et les attentats ne cessent guère, Boko Haram frappant manifestement quand et là où ça lui plaît, au nez et à la barbe des soldats de l’armée nigériane.

Face à cette nébuleuse, le « géant de l’Afrique » peinait à sortir la tête de l’eau, quand le haut gradé, flanqué de ses étoiles, Buhari a refait surface pour redonner du tonus à tous ceux qui n’espèrent plus grand-chose. Seulement, le chef de l’Etat nigérian doit aller au-delà des intentions, pour poser de vrais actes. Car, sur ce plan, on a souvent eu affaire à des dirigeants qui s’agitent plus qu’ils n’agissent. Et en l’espèce, les défis qui se posent au tenant du gouvernail est la réorganisation et l’équipement de l’armée nigériane qui a pris un sacré coup, ces derniers mois. Sur le théâtre des opérations, la « grande muette » de la première puissance économique d’Afrique a parfois fait piètre figure, avec des débandades à la pelle et des désertions. Ce qui atteste du manque d’équipements adéquats et du moral des soldats. A ce qui se dit, l’armée nigériane paraît peu équipée par rapport aux « chiens enragés » de Boko Haram, dont la puissance des armements est déconcertante. Est-ce cette supposée supériorité qui a démotivé certains militaires au point de les faire fuir et de se voir considérés comme des « traitres » ? Il est fort probable.

Toujours est-il que le président Buhari doit se rebâtir une armée compétitive, parce que n’eut été l’intervention des forces camerounaises, françaises et tchadiennes, Boko Haram aurait fait pire. Ayant quitté la chaise longue pour gérer les affaires publiques, le général se voit dans l’obligation de reprendre la situation en main, en remettant les troupes à la tâche. Il lui faut acquérir les armements nécessaires et blinder le moral de ses hommes, s’il veut réellement bouter Boko Haram hors des frontières nigérianes. Il est inadmissible qu’une puissance tel le Nigéria, qui n’échappe évidemment pas aux aléas économiques, n’ait pas une armée digne de ce nom. Vaincre la secte islamiste qui a déjà fait plus de 15 000 morts selon les chiffres, n’est pas une tâche impossible. Il suffit de se donner les moyens. A cœur vaillant, rien d’impossible, dit-on. Buhari sera-t-il à la hauteur pour autant ?

Kader Patrick KARANTAO
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Sidwaya N° 7229 du 8/8/2012

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