Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Burkina Faso    Publicité
aOuaga.com NEWS
Comment

Accueil
News
Économie
Article
Économie

Opération billetage à Bobo-Dioulasso : « C’est une très bonne chose, mais l’organisation est imparfaite »
Publié le mardi 26 mai 2015  |  Le Quotidien
Des
© Autre presse par DR
Des billets de banque




Dans le but d’assainir le fichier au niveau des salaires, le gouvernement de la Transition a décidé le paiement des fonctionnaires par billetage. Débutée le lundi 25 mai 2015, l’opération se poursuit jusqu’au 17 juin prochain. A Bobo-Dioulasso, les principaux concernés approuvent l’idée. Mais, ils décrient l’organisation pratique qui, selon eux, n’est pas parfaite.

Pour l’opération billetage, se sont dix (10) guichets qui sont ouverts à Bobo-Dioulasso selon Loyara Téléo, directeur régional par intérim du budget des Hauts-Bassins. Cette opération selon lui, consiste pour l’agent de l’Etat de percevoir directement son salaire de façon manuelle. Aussi, dira-t-il, pour rentrer en possession de son dû, le travailleur devra présenter une fiche individuelle rempli par ce dernier et signé par son supérieur hiérarchique, le certificat administratif, les actes de naissances des enfants (pour les allocations), la pièce d’identité ou le passeport en cours de validé. Aussi, a-t-il précisé que dans les Hauts-Bassins, il ya environs 11 880 agents qui émargent au budget de l’Etat sur le SIGASPE. « Comme vous le savez, il y a des gens qui ne sont plus fonctionnaires mais qui continuent de percevoir des salaires. D’autres aussi les perçoivent alors qu’ils sont dans des situations irrégulières. Tout cela concourent à l’assainissement de cette rubrique des salaires et voir s’il n’y a pas de trop perçu de telle sorte qu’on puisse vraiment avoir une masse salariale très proche du réel sinon même réel » a fait savoir le gouverneur de la région des Hauts-Bassins lors du lancement régional de l’opération.

Opération salutaire mais imparfaite sur le plan organisationnel selon les concernés

A la Direction provinciale de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, le constat est relativement « triste ». Sous le soleil, en face de feuilles collées au mur sur lesquelles sont « programmés » les paiements, des pères et mères de famille se bousculent afin de se situer sur leur sort. Après avoir fait le tour des affiches sans avoir vu son nom, un agent visiblement fatigué, les mains à la hanche, transpirant à grosses gouttes de sueur, fustige : « C’est quelle histoire ça ? ». Qu’à cela ne tienne, les uns et les autres saluent l’initiative même s’ils relèvent des défaillances au niveau de l’organisation pratique.

A propos, Namoula Dabiré, enseignant dans le département de Karangasso-Sambla se prononce : « Sans vous mentir, c’est très mal organisé. Actuellement, personne ne connait son groupe et ne sait quand est ce qu’il va toucher son argent. Regardez vous-mêmes, les gens courent de partout et se bousculent. Si c’était bien organisé, cela ne serait pas arrivé. Les gens comme moi qui sont venus des campagnes ne savent plus comment se comporter. Faut-il repartir ? Si oui, mais comment ? Puisque les gens n’ont plus rien pour gérer leurs familles. c’est mal organisé c’est vrai, mais l’opération est salutaire du moment où elle permet de dénicher les fonctionnaires fictifs ».
Dans la même lancée, Mamadou Birgui, instituteur principal partage l’avis du précédent tout en estimant qu’il n’y a pas eu assez de communication sur les pièces à fournir : « Vraiment, il faut le dire, c’est du désordre. Les agents ne savent pas à qui s’adresser pour retrouver leur nom. Dans la province, il y a plus de 2000 enseignants. Si tous ceux-là doivent se retrouver à la DPENA pour d’abord voir la programmation et ensuite se bousculer pour le paiement, je vous assure que ça ne sera pas simple. Aussi, il y a eu moins de communication autour des documents afférents au billetage ». « Aussi, pour les allocations des enfants, il faut présenter les actes de naissance des enfants. Mais, nombreux sont les agents qui n’avaient pas cette information et c’est maintenant qu’ils doivent repartir pour légaliser ces dossiers avant de revenir. Il n’y a pas eu de communication ». L’opération, il faut la saluer, a-t-il apprécié.
Hors de sa casquette d’homme politique, Moussa Zerbo ne tournera pas par quatre chemins pour critiquer l’organisation de l’opération même s’il l’a trouve salutaire. « Vraiment, il faut noter que c’est un vrai désordre. A mon avis, je pense qu’il aurait fallu faire parvenir les programmations dans les établissements afin que chacun sache exactement le jour où il doit passer pour l’opération. Mais, tel que ça se passe, tout le monde vient et il faut chercher à savoir quand et avec qui vous passez, vraiment c’est pas du tout agréable. Vous voyez, ça ressemble à un marché. Pour des agents de l’Etat, moi je trouve que c’est indigne. Je crois qu’il y a lieu de corriger ça rapidement, sinon que ce n’est pas du tout bien. Malgré les couacs que je viens de citer, il faut reconnaitre que l’opération est salutaire dans la mesure où il y a des agents qui continuent de percevoir des salaires alors qu’ils n’ont plus le droit. Sinon, une fois en passant pour qu’on sache réellement qui mérite quoi, je pense que ça pourra permettre d’assainir un peu le budget au niveau de l’Etat. Moi je trouve que c’est une très bonne chose ».

Période mal choisie
selon certains

Outre l’aspect organisationnel critiqué par bon nombre d’agents concernés, d’aucuns estiment que la période est mal choisie pour le déroulement de l’opération et ce, au regard des examens de fin d’année qui s’annoncent. A propos, Zongo Sogolo/Konaté, enseignante à l’école accart-ville sud « A » ne cachera son intention. « A l’orée des examens de fin d’année, je pense que ce n’est pas le moment pour cette opération. En tout cas si moi je ne gagne pas mon argent ici, je n’irai pas à l’examen et je sais qu’il y a des gens qui feront comme moi » a-t-elle signifié avant d’apprécier l’opération : « Regardez comment je suis trempé ! Ça ne va pas. S’il faut souffrir dans la classe, devant les enfants et revenir ici souffrir pour son argent ou juste pour voir seulement son nom, c’est grave. Mais, l’opération elle-même, je puis vous rassurer qu’elle est très bonne chose parce qu’il y a des morts qui sont toujours payés et il y des enfants qui sont toujours en classe de terminale qui perçoivent toujours les allocations. C’est grave ! »
Partageant l’inquiétude de madame Zongo, un autre enseignant a précisé qu’ils ont tous désertés les salles de classe laissant dernière eux des élèves de CM2 pour aller à la conquête de leur dû. Pourtant, a-t-il renchéri, l’on doit suivre les élèves en classe d’examen jusqu’au jour j.
Tout comme ce dernier, Bassolé Edwige/Sawadogo, directrice de l’école centre « C » de Bobo-Dioulasso s’inquiète. Mais pour l’heure, tout semble être sur les rails dans son école et les élèves de CM2 étaient mêmes en composition ce jour: « Pour le moment ça va. Très tôt le matin, nous avons envoyé un collègue voir la programmation au niveau de la DPENA. A son retour, il nous a fait savoir que la majeure partie des enseignants de notre école étaient programmés à partir du jeudi 28 mai jusqu’au 3 juin. Nous avons immédiatement rejoint nos classes et tout se passe bien. C’est peut-être à partir du vendredi 29 mai que les cours seront perturbés à notre niveau parce que chacun voudra toucher le plus tôt possible si bien qu’il sera difficile de retenir un enseignant dans une classe ». Contrairement aux autres interviewés, la directrice estime qu’il est trop tôt pour juger. Son inquiétude à elle se situe au nive au de l’impact que pourrait avoir l’opération sur les examens de fin d’année. En effet, l’examen du CEPE a lieu le 9 juin prochain alors que l’opération prend fin le 17 juin. Pourtant, à quelques jours des épreuves, les enfants ont certainement besoin de dernières retouches. Mais, selon elle, cela serait difficile du moment les enseignants iront faire la queue afin de toucher leur salaire. Sans trop critiquer, la directrice estime que le moment choisi ne sied pas. Elle aurait souhaité que cette opération se tienne après les examens de fin d’année 1

Par Mady BAZIE
Commentaires