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Burkina : Qui a intérêt à ce que la transition se prolonge ?
Publié le samedi 9 mai 2015  |  Le Pays




Le Burkina Faso, pays des Hommes intègres, organisera dans quelques mois seulement, ses premières élections les plus ouvertes de son histoire. Je dis cela parce que c’est la première fois que le pays organisera des élections dont le vainqueur n’est pas connu d’avance. Car, sous Blaise Compaoré, l’organisation des élections apparaissait comme une simple formalité destinée à satisfaire les partenaires techniques et financiers. En tout cas, je souhaite que les autorités de la transition qui se battent comme elles peuvent, puissent réussir l’organisation de ces élections que tout le monde attend de pied ferme. Pour y parvenir, elles doivent à tout prix faire preuve de neutralité et d’impartialité, au risque de provoquer une crise postélectorale. Le Burkina, ma chère patrie, n’a pas besoin de ça. On a réussi à mettre fin au règne de Blaise Compaoré qui, après 27 ans de pouvoir sans partage, avait fini par se croire indispensable. Je souhaite que l’union dont ont fait montre les Burkinabè pendant l’insurrection, prévale à tout prix, si l’on veut éviter à notre pays des lendemains incertains. Je me réjouis déjà de voir que chaque Burkinabè, à sa manière, excepté ceux-là qui, hier seulement, étaient aux affaires, fait de son mieux pour accompagner les autorités de la transition. J’en veux pour preuve la récente marche de soutien au nouveau code électoral, qui avait réuni les hommes politiques et bien des organisations de la société civile. Tous sont solidaires de la transition et souhaitent qu’elle prenne fin le soir du 11 octobre prochain, avec l’élection démocratique d’un nouveau président du Faso. Mais, je ne comprends pas pourquoi certains, au même moment, décident de ramer à contre-courant. Je veux parler de ces politicards qui, on ne sait pour quelle raison, demandent la prolongation du mandat de la transition. Que veulent-ils en réalité ?
Il n’est pas question que des individus malsains se permettent de faire capoter la transition
N’était-ce pas déjà assez d’avoir donné un an à la transition pour organiser des élections ? Les textes, en la matière, ne prévoient qu’un délai maximal de 3 mois pour remettre le pays sur les rails de la démocratie. En tout cas, quand j’entends certains dire qu’il faut reporter les élections, l’envie me prend de vomir, tant de pareils propos sont très nauséabonds. C’est là que je comprends que certains ne veulent pas que la transition prenne fin. Peut-être est-ce parce que la fin de la transition signifie pour eux la fin des haricots. Ou bien, sont-ce des membres de la transition qui, ayant goutté aux délices du pouvoir, manœuvrent pour rester encore pendant longtemps ? Je n’en sais rien. Ce qui est sûr c’est que je ne vois aucune raison objective de reporter les élections. Bien au contraire, on court le risque très énorme de tomber dans un vide juridique qui ouvrira la porte à une pagaille indescriptible. A ce propos, je me demande aussi par moments, si ce ne sont pas ceux-là qui étaient aux commandes hier, qui veulent pousser la transition à l’erreur, en demandant, par des voix insoupçonnées, le report des élections, conscients que la charte ne donne qu’une durée d’un an à la transition. Au-delà de ce délai, tout doit être revu. En tout cas, seuls doivent primer les intérêts du peuple burkinabè. Il n’est pas question que des individus malsains, à cause de leurs intérêts personnels, se permettent de faire capoter le processus de transition en cours. Je les tiens à l’œil. Et je promets de les identifier bientôt pour leur infliger la sanction qu’ils méritent. Car ce sont des ennemis du peuple qui sont prêts à tout. Déjà, on sait qu’avec la transition, certains partenaires techniques et financiers ont décidé de plier bagages et ne reviendront au Burkina qu’après les élections. Ce qui n’est pas sans conséquence sur l’économie de notre pays, déjà fragile. Et malgré tout, certains veulent que l’on prolonge le mandat de la transition, comme s’ils voulaient qu’on prolonge la souffrance du peuple. Heureusement que Michel Kafando, lui, semble pressé que le mois d’octobre arrive pour remettre le pouvoir à un nouveau président et retourner cultiver tranquillement son jardin. Il mesure toute l’immensité de sa tâche et n’entend pas jouer les prolongations. C’est du moins l’impression qu’il donne jusque-là. Et c’est tant mieux. Je l’y encourage vivement.

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