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Abraham Nignan, président du RPF : « Tous ceux qui ont collaboré avec Blaise Compaoré doivent être poursuivis »
Publié le lundi 20 avril 2015  |  Le Pays




Le président du Rassemblement patriotique du Faso (RPF), Abraham Nignan, dans l’interview qu’il nous a accordée le 15 avril dernier, revient sur les arrestations tous azimuts des dignitaires de l’ancien régime, faites récemment par les autorités de la transition du Burkina Faso. Pour lui, ces arrestations ne doivent pas être sélectives car, « Tous ceux qui ont collaboré avec Blaise Compaoré doivent être poursuivis ». Outre ce sujet, il se prononce sur le vote du nouveau Code électoral et annonce la candidature de son parti aux prochaines élections.

« Le Pays » : L’actualité est marquée par le vote du Code électoral qui est décrié par certains et applaudi par d’autres. Quelle est la position du RPF ?

Je crois que dans cette situation cruciale de l’histoire du Burkina Faso, il appartient à chaque citoyen de mettre de l’eau dans son vin. C’est notre appel. Il est connu de tous que notre parti est le seul qui a refusé de légitimer le pouvoir de Blaise Compaoré depuis la mort de Thomas Sankara, en refusant de prendre part aux élections. Maintenant que ce pouvoir n’est plus là, nous allons nous mettre en ordre de bataille pour aller à la conquête du pouvoir. Une conquête qui n’existera jamais si les burkinabè ne sont pas tolérants les uns envers les autres. Je dis cela au regard de ce qui se passe de gauche à droite, après l’adoption du nouveau Code électoral. Une loi qui n’aurait pas due être votée dans la mesure où tout le monde savait qu’elle créerait des divisions profondes au sein de la société burkinabè. A mon avis, ce sont les électeurs qui doivent dire qui peut être candidat ou pas à travers leur vote.

Donc pour vous, le fait que l’ex-majorité se soit retirée du CNT est normal ?

Dans cette situation, toutes les cartes sont jouables pour montrer son désaccord. Ils ont choisi de se retirer de la transition et c’est une décision qui n’engage qu’eux, même si certains députés ont refusé de suivre le mouvement. C’est pour éviter ces cas de figure d’ailleurs que le RPF a refusé d’aller au CNT et au gouvernement de la transition. Nous avons préféré nous mettre à l’écart pour sensibiliser la population et dénoncer toutes les actions contraires à la Charte que la transition viendrait à poser. On aurait pu même éviter cette situation si on avait mis aux arrêts dès les premières heures tous ceux qui ont soutenu la modification de l’article 37 de la Constitution.

Oui, mais les arrestations ont commencé !

Elles sont arrivées tard à mon avis. Les anciens dignitaires du CDP avaient commencé à s’agiter parce qu’ils ont eu l’impression qu’ils ne seraient pas poursuivis. C’est parce que le gouvernement de la transition a constaté les troubles qui sont en train de menacer son bon fonctionnement qu’il a procédé à des arrestations. Et quelles arrestations ? On ne peut pas arrêter quelqu’un parce qu’on estime qu’il a commis un forfait et le libérer deux jours après. J’appelle ça de l’intimidation. Je pense qu’il faudra que la transition fasse beaucoup attention dans ses actes ; sinon, elle risque de remettre le pays dans une crise. C’est vrai qu’il faut rendre justice, mais pas de façon précipitée. Le travail de la transition c’est d’organiser les élections ; les autres questions devraient être laissées à la charge du gouvernement qui sera élu démocratiquement ; c’est mon avis.
Djibrill Bassolé a dit qu’il n’était pas concerné par le nouveau Code électoral qui vient d’être voté.

Que lui répondez-vous ?

Le moment venu, le juge constitutionnel dira s’il est concerné ou pas. Pour le moment, je n’ai pas de commentaires à faire sur sa déclaration.
Pensez-vous comme certaines personnes qu’on doit arrêter les responsables du MPP ?
Oui. Normalement, tous ceux qui ont été anciens ministres, députés, ou directeurs d’institutions du régime Blaise Compaoré doivent faire l’objet d’enquêtes, d’arrestations et de poursuites judiciaires s’ils se sont rendus coupables de crimes de sang ou de crimes économiques, ou encore de corruption. De même qu’ils sont en train d’arrêter les derniers ministres du régime de Blaise Compaoré, de même, on doit arrêter les responsables du MPP qui ont collaboré pendant longtemps avec Blaise Compaoré. Pour le RPF, tous ceux qui ont collaboré avec Blaise Compaoré sont des hommes corrompus et doivent pour cela être poursuivis. Nous espérons que le régime démocratique qui se mettra en place après les élections sera regardant sur cette question de justice.

Selon vous, Simon Compaoré, Roch Marc Christian Kaboré et Salif Diallo doivent aussi être arrêtés ?

Bien sûr que oui. Il me semble même que Simon Compaoré a un dossier en justice. On ne peut pas arrêter les anciens dignitaires de Blaise Compaoré et laisser les dirigeants du MPP. Ils traînent tous des casseroles car ayant servi le pouvoir pendant longtemps. C’est connu de tous que ce sont eux qui étaient les têtes pensantes du régime Compaoré, avant de claquer la porte.

Seriez-vous candidat à l’élection présidentielle à venir?

Nous sommes en train de vouloir organiser une convention au cours de laquelle nous allons désigner le candidat qui va représenter le RPF à l’élection présidentielle. Je vous informe que nous avons constitué une coalition de 17 partis pour aller à la conquête du pouvoir. Ce sera une première que nous allions à des élections. Je vous rappelle que nous n’avons participé à aucune élection présidentielle lorsque Blaise Compaoré était au pouvoir. Nous avions estimé qu’aller aux élections, c’était contribuer à légitimer son régime, vu qu’il avait les moyens de sa politique. Maintenant qu’il n’est plus là, nous allons présenter des candidats aux prochaines élections. Il faut noter que ce sont des candidats qui n’ont jamais été députés ni maire ni même conseillers ; donc des candidats qui ne sont mêlés à aucun acte répréhensible.

Les noms de ces candidats y compris celui du candidat à l’élection présidentielle seront connus dans les prochains jours. Pour terminer, je vais demander au peuple burkinabè de cultiver la paix. Ce n’est que dans la paix que nous pouvons aller aux élections et élire un président démocratique. Vive le Burkina Faso et vive la démocratie.

Propos recueillis par Yannick SANKARA
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