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Poe Naba à propos de l’opération mains propres : «Comment des gens qui ont un salaire mensuel de 200 000 F CFA puissent fêter leurs milliards ?»
Publié le vendredi 17 avril 2015  |  Le Quotidien
Poe
© Autre presse par DR
Poe Naba




Dans un contexte sociopolitique aux allures de campagne, nous avons pu rencontrer le 15 avril 2015, le Poé Naba de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), grand militant de l’UPC et ancien député de la 5e législature tombée à la faveur de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. Homme coutumier et politiquement engagé, le Poé Naba a répondu dans un style empreint d’humilité à toutes nos questions sur l’actualité nationale et également et surtout sur l’engagement de la chefferie coutumière en politique. Pour lui, les autorités de la Transition doivent agir dans l’humilité pour que les élections puissent se tenir à bonne date.

On assiste à une tournée de votre parti à travers le territoire national. Peut-on dire que vous êtes déjà en précampagne ?

Les tournées que nous effectuons ont pour objectif principal de remercier nos militants pour leur confiance à nous accordée depuis les élections législatives et municipales en 2012. Depuis ce moment, nous n’avons pas eu l’occasion d’aller saluer nos militants. Le deuxième objectif de ces tournées consiste à comprendre les difficultés de nos militants et également à donner et à recevoir des conseils de nos militants.

Des sondages récents font état d’un duel entre votre parti et le MPP au second tour des élections du 11 octobre 2015. Croyez-vous vraiment à ces sondages ?

Les sondages sont un élément de mesure de la démocratie dans les pays où la démocratie marche comme la France, les Etats-Unis. Nous faisons l’expérience des sondages dans les élections pour la première fois. Nous ne connaissons pas très bien les organismes ou les instituts qui ont commandité et conduit ces sondages mais nous pensons que ce sont des hommes d’expérience qui l’ont fait. Nous pensons comme notre président l’a dit, que le vrai sondage est sur le terrain en octobre 2015. Nous n’avons pas la prétention de gagner le match dès le 8e ou le 7e de finale.

« Selon nous, le plus important, c’est de pouvoir jouer le match jusqu’à la dernière énergie »

Selon nous, le plus important, c’est de pouvoir jouer le match jusqu’à la dernière énergie. Le vrai combat qui mérite d’être mené est celui du peuple et le combat qui mérite d’être gagné, c’est celui du développement. Ceux qui n’ont pas compris ça peuvent gagner le match au quart de finale ou au de finale. Nous n’avons pas cette vision des choses.

Quel rôle la chefferie coutumière peut-il jouer dans la vie politique nationale?

Je pense que les derniers événements dans notre pays ont démontré le rôle de la chefferie coutumière. Les populations ont une bonne perception de la chefferie coutumière et traditionnelle. Vous avez remarqué le rôle qu’a joué le Mogho naba lors des derniers temps, notamment pendant les événements des 30 et 31 octobre 2015. Aux débats, les chefferies traditionnelles et les religieux ont été associés. C’était pareil pour la mise en place des institutions de la Transition. Au delà de cela, il y a eu des crises perceptibles au sein de la Transition. Le Mogho naba et ses ministres ont joué un rôle très important. Le Mogho naba a une marque de confiance des populations. Toute chose qui lui permet d’intervenir dans la vie et dans la marche de la cité et dans la marche pour l’ancrage de notre démocratie en agissant pour apaiser les tensions. Il permet de mettre en place un dialogue constructif et inclusif.

La chefferie coutumière n’a-t-elle pas souvent été utilisée comme une échelle par les hommes politiques pour avoir une ascension politique?

La chefferie coutumière a eu des fonctions diverses depuis la première république jusqu’aux régimes d’exception. Il y a eu des régimes où la chefferie coutumière a collaboré parfaitement et également des régimes où il y a eu des tensions. Par moment, les antagonismes ont été forts avec certains régimes. Il faut qu’on retienne que les chefferies coutumières et traditionnelles sont d’essence politique.
Pour ceux qui connaissent les institutions coutumières, bien avant la colonisation, elles ont joué ce rôle et nous estimons que les pouvoirs coutumiers et traditionnels devraient travailler à être une force de propositions. S’ils ne sont pas bien organisés, sensibilisés et mobilisés autour de l’intérêt commun, ils peuvent être utilisés comme un tapis pour conquérir le pouvoir d’Etat. Nous l’avons vu pendant la 4e République et nous l’avons également vu avant cela. Nous pensons, comme on le dit aujourd’hui, que plus rien ne sera comme avant. La chefferie coutumière a pris conscience qu’elle doit être une force de propositions pour accompagner la démarche démocratique que le peuple burkinabè a choisie.

L’implication de la chefferie coutumière en politique comme vous l’avez relevé n’est-elle pas aujourd’hui un facteur de fragilisation de ce pouvoir coutumier et traditionnel ?

Je pense le contraire. Je vous le disais que la chefferie coutumière et traditionnelle est d’essence politique. Elle détenait le pouvoir législatif, exécutif et judiciaire et même l’information. Nous avons pu sauvegarder les frontières de la nation jusqu’à la colonisation qui a instauré un autre mode de gouvernance dit moderne. Les colons se sont appuyés sur les institutions et sur les personnes qui existaient déjà. C’est peut-être la façon de s’impliquer de la chefferie coutumière qui n’est pas très républicaine. Sinon je ne crois pas que la présence de la chefferie coutumière en politique soit un danger pour la démocratie encore moins pour la république. Puisque le pouvoir coutumier et traditionnel reconnaît et accepte le caractère républicain de l’Etat.

Le Larlé Naba aurait décidé de ne plus briguer un poste électif. Quel commentaire faîtes-vous par rapport à cela?

Je saisis l’opportunité pour féliciter le Larlé Naba pour cette décision honorable et pour son esprit élevé. Après avoir passé près de vingt années à l’Assemblée nationale, je crois qu’il est bien qu’il puisse remercier les ancêtres et Dieu de lui avoir donné de longues années de prospérité et de participation à la construction de la nation. Il a fait son expérience politique et c’est suite à cela qu’il a décidé de ne plus prendre part à des postes électifs. La politique peut être un virus quand on l’aime. C’est également un message que le Larlé Naba voudrait donner à ses compagnons de route et de politique qui comme lui ont passé plus de vingt ans dans l’animation de la vie politique. J’espère bien que c’est ce message qu’il a voulu donner à ses compagnons. Mais il ne peut pas lier son expérience de la vie politique à la chefferie traditionnelle en tant qu’institution. Il n’a pas dit qu’il se retire de la vie politique dès lors que l’instance suprême de la chefferie n’a pas décidé que l’ensemble des chefs coutumiers doivent se retirer de la vie politique. Dans ce cas, ce sera de bon cœur que le Poé Naba ira élever ses poulets même si la grippe aviaire sévit. (Rires)

La politique est un milieu où l’on ne se fait pas de cadeau. Souvent les injures et les diffamations sont des moyens. Alors que les chefs coutumiers en tant que garants de la Tradition doivent être respectés par tous. N’est ce pas ?

Justement, il doit y avoir une éthique en politique. La politique doit renfermer en elle-même la morale. La sphère n’est pas le lieu où les gens doivent s’humilier, s’injurier ou se diffamer.

« Quand un chef coutumier se comporte mal en public, on devrait le lui rappeler »

Elle doit être le lieu de débat d’idées. Quand un chef coutumier se comporte mal en public, on devrait le lui rappeler. Nous croyons que de plus en plus l’éthique va prendre le pas en politique. La vie politique va s’éclaircir de sorte qu’on mettra sur la table les idées plutôt que la vie privée des uns et des autres.

En s’engageant en politique, les chefferies coutumières pourront –elles incarner l’unité à partir du moment où un chef coutumier peut être opposé à son sujet d’un autre parti politique?

C’est déjà arrivé et peut-être d’autres choses encore plus graves sont arrivées au regard du fait que des chefs coutumiers ont imposé à leurs concitoyens de voter pour son parti. Tout ceci sous prétexte de retirer leur champ ou d’autres biens.

« Ce serait dommage qu’un concitoyen parce que le Poé naba est de l’UPC puisse dire qu’il ne restera plus à ces côtés sur le plan
coutumier »

La chefferie coutumière peut être une force de proposition en étant en politique. Tout le monde a besoin d’être sensibilisé et informé sur l’intérêt commun. Le chef coutumier comme on le dit chez nous est neuf, il n’est pas dix. Ce serait dommage qu’un concitoyen parce que le Poé naba est de l’UPC puisse dire qu’il ne restera plus à ces côtés sur le plan coutumier. La politique et la chefferie coutumière ne sont pas opposées. C’est un faux débat.

Comment faire la distinction entre l’homme coutumier et l’homme politique que vous êtes. N’y a-t-il pas finalement une sorte d’amalgame ?

Une confusion terrible même. Si j’enlève mon bonnet pour ceux qui me connaissent, ils ne diront pas voilà le candidat ou le député UPC. Ils diront le Poé Naba. Il sera difficile de faire le distinguo sur le plan de la reconnaissance de l’homme. Dans le discours, cela est bien possible. C’est à nous de nous asseoir et de discuter. Je suis sûr que l’avenir et le devenir des chefs coutumiers devront être discutés avec l’ensemble des filles et fils du Burkina. Je reste convaincu que c’est la chefferie coutumière et traditionnelle seule qui devrait tracer les sillons. Après les autres acteurs vont l’accompagner.

Le 7 avril dernier, le code électoral a été adopté. Certains acteurs ont vu dans ce code les germes de l’exclusion. Quelle appréciation faites-vous de ce nouveau code ?

Nous avons suivi tout ce qui a été dit autour du vote de la loi du nouveau code électoral. Effectivement, il y a des gens qui crient au loup et à l’exclusion. D’autres s’en félicitent. Pour nous, ce n’est que justice quand nous sommes des démocrates convaincus. Quand nous restons dans le cadre strict de la république, ce n’est que justice. Nous avons fait l’amère expérience à l’assemblée nationale où l’opposition, en son temps, a été battue lors du vote de certaines lois. Mais, ce n’est pas pour autant que nous nous sommes offusqués. Nous avons souvent fait recours aux institutions de la république même si nous n’avons pas souvent gagné. Le 30 octobre 2014, si la loi sur la modification de l’article 37 avait passé, l’opposition représentée par 28 députés allait sortir perdante de ce vote. Mais, nous n’allions pas crier à la manipulation. Nous allions prendre des démarches républicaines pour que l’on puisse faire abroger cette loi. Même pendant les débats en commission, nous avons dit que c’était une loi inique qui avait pour seul but d’instaurer un pouvoir personnel, un régime autocratique. Les députés de la majorité en son temps ne nous ont pas écoutés. Si la loi avait été votée, la majorité aurait gagné. C’est cela aussi la démocratie. Si nous avons accepté les institutions de la République, nous devrons aussi accepter la démarche adoptée pour faire fonctionner ces institutions. La loi sur le nouveau code électoral a été adoptée à une large majorité des députés. Dès lors qu’elle a suivi toutes les procédures normales, nous la soutenons fortement.

L’une des innovations du code revisité est l’interdiction des gadgets publicitaires trois mois avant les élections. Quelle est votre appréciation ?

Lors d’un débat à la radio nationale dont le thème était l’éthique politique, la question nous avait été posée en son temps avant l’adoption de la loi. Nous avons dit que pour mettre les partis politiques à égalité, il serait bien qu’un certain nombre de textes puissent être pris dont l’interdiction des gadgets. Le problème qui se pose ici est les modalités d’application de cette loi. Personnellement, je pense que 90 jours avant l’ouverture de la campagne électorale, c’est relativement très long. Pour un parti politique qui n’est pas connu des populations, je ne sais pas comment il va se faire connaître sans publicité autour de son effigie et de son candidat. Pour les partis qui sont déjà connus, ils vont tirer leurs marrons du feu, certainement avec des difficultés. Si je devais être consulté, j’allais proposer un mois avant l’ouverture de la campagne électorale.

Ces derniers temps, on a assisté à une multitude de manifestations. Le Premier ministre a tapé du poing sur la table. Comment avez-vous accueilli le message du PM ?

Il faut remarquer que lorsque nous avons décidé de barrer la route à la mise en place du Sénat et à la modification de l’article 37, les gens avaient dit que les marches ne pouvaient pas faire changer de lois et ne pouvaient pas faire tomber un gouvernement. Le peuple libre du Burkina a marché les 30 et 31 octobre 2014. Il a constaté que les marches pouvaient faire bouger les lignes. C’est un acquis démocratique. Je suis convaincu que les masses populaires, les paysans, les ouvriers, ceux qui pensent qu’ils méritent de meilleures conditions d’existence sont convaincus que marcher aujourd’hui peut faire changer les choses. L’essentiel est que cela puisse être entouré de toutes les lois en vigueur. Aujourd’hui, les libertés sont acquises. Il n’est pas question pour nous démocrates et républicains de remettre cela en cause. Nous allons défendre ces acquis jusqu’au bout.

Certains pensent que la transition n’est pas là pour résoudre tous les problèmes. Sa mission première étant d’organiser les élections. Qu’en pensez-vous ?

C’est un débat que vous ouvrez. Les autorités de la transition ont dès les premiers moments fait des promesses au peuple burkinabè. Ils ont tenu des discours notamment à la place de la révolution. Les insurgés des 30 et 31 octobre 2014 les ont pris au mot. Ils attendent que ces promesses puissent être réalisées. Les autorités de la transition ont dit que toutes les décisions importantes seront prises à la Place de la révolution. Les gens attendent de voir quel est dans leur quotidien le vrai changement. Il y a, fort malheureusement, des fils et filles de ce pays qui sont tombés sur le champ de bataille. Ils seront d’ailleurs bientôt célébrés. Il y a des gens qui ont été blessés et qui reçoivent toujours des soins. Ce sont nos héros. Ils attendent de voir vraiment ce qui a changé. Je crois que les autorités devraient tenir leurs promesses. Si elles ne sont pas tenues, il est du droit et du devoir du peuple burkinabè de leur rappeler.

Le premier vice-président du MPP Salif Diallo qui a soutenu que c’est lui qui a fait de Blaise Compaoré le président et que désormais ce serait Roch qui sera le président du Faso. Quel commentaire cela vous inspire ?

Je suis content que le peuple burkinabè soit témoin de cette déclaration. Effectivement, je parlais d’éthique politique tout à l’heure. Effectivement, si vous reconnaissez que grâce à vous, vous avez mis en place un système qui a fonctionné pendant 27 ans, qui a brimé le peuple burkinabè, qui l’a martyrisé. C’est ce que l’on peut appeler des années de plomb. La presse nationale a été l’une des victimes de ces années de plomb avec la mort tragique de Norbert Zongo. Si vous avez reconnu que vous avez mis en place des hommes qui n’ont pas travaillé pour que le Burkina Faso avance dans le sens de la démocratie et du développement économique, je pense qu’il faut en tirer les conséquences. Il faut épargner au peuple burkinabè d’autres choix hasardeux.
Je ne pense pas que le peuple burkinabè puisse accepter d’attendre encore 27 ans avant de faire une nouvelle insurrection. Laissez au peuple burkinabè de faire le choix lui-même de son président. Quand on regarde l’histoire du Burkina Faso, pendant près de 48 ans, l’armée a géré le pouvoir d’Etat. Aujourd’hui, on vient nous dire qu’ils ont été l’instigateur de 27 années de misère. C’est un cri de cœur, laissez-nous pour une fois choisir librement celui-là qui va être le président du Burkina Faso. Ne nous imposez pas encore des choix hasardeux. Nous avons toujours dit que Dieu est notre compagnon dans cette lutte vers le vrai changement. Nous ne pouvons pas « taper notre poitrine » pour dire que nous allons faire de Zéphirin Diabré le président du Faso. Nous allons laisser ce choix au peuple burkinabè et à Dieu.

Le choix de Roch Marc Christian Kaboré serait-il hasardeux ?

J’ai dit tout à l’heure que les gens devraient tirer les conséquences de leur choix. Si pendant près de 26 ans, vous avez mis en place le système de la gouvernance, vous avez participé dans les plus hautes sphères de l’Etat et que c’est après que vous faites votre mea culpa, je pense que le mea culpa ne constitue pas un projet de société.

Depuis les événements des 30 et 31 octobre 2014, Blaise Compaoré s’est réfugié en Côte d’Ivoire. Certains analystes pensent que sa présence en terre d’Eburnie pourrait mettre en péril les rapports entre les deux pays. Votre commentaire…

J’ai confiance aux autorités de la Côte d’Ivoire. Elles savent que les peuples burkinabè et ivoirien sont intimement liés. Je ne crois pas que les autorités de la Côte d’Ivoire acceptent de mettre à mal la stabilité au Burkina. S’il n’y a pas la paix au Burkina, je ne pense pas qu’il y aurait la paix en Côte d’Ivoire. Vous avez vu ce qui s’est passé dans les années 2010 en Côte d’Ivoire. Cela a impacté négativement sur l’économie du Burkina et même sur la santé. Vous avez vu le flux de migrants qui est venu. Cela a causé des problèmes de santé publique. Il y a eu d’autres problèmes comme la gestion du foncier. Nos compatriotes qui sont revenus, voulaient avoir accès à la terre pour travailler. Donc, tant que la Côte d’Ivoire n’est pas en paix, le Burkina ne le sera pas et vice-versa. Les autorités savent que nos destins sont intimement liés.

Ces derniers temps, il y a des vagues d’arrestations. Est-ce que l’UPC craindrait ce que l’on peut qualifier d’opérations mains propres ?

Nous avons été les premiers à alerter les autorités de la transition sur le fait que leurs actions, bien que soutenues par l’ensemble de la population burkinabè, soit mal interprétées parce que nous avions l’impression que seuls quelques groupes de personnes étaient visés. Très rapidement, nous avons fait une déclaration demandant que la justice puisse être équitable pour tout le monde. En cela, quand les autorités de la transition sont venues, elles ont hérité d’un certain nombre de dossiers. Elles ont trouvé des enquêtes ficelées par les autorités de contrôle et de gestion de l’Etat. Nous nous posions la question de savoir pourquoi ne pas commencer par ces dossiers bien qu’il y ait des dossiers assez importants comme celui de la Sonabel ? Vous savez que la Sonabel vit au rouge depuis 3 à 4 ans. Il faudrait que nous puissions comprendre comment se fait-il que des gens qui ont un salaire de 200 000 F CFA puissent fêter des milliards. Quand vous prenez la gestion du foncier, c’est un problème. Les enquêtes qui ont été menées et transmises à la justice. En dehors de cela, il y a beaucoup de dossiers comme celui de Guiro. Qu’est-ce que l’on attend ? Il faut que l’on nous dise ce qui se passe avec ce dossier. Le peuple burkinabè attend des autorités une justice équitable. Tous les Burkinabè doivent être traités sur le même pied. Quand nous avons fait la déclaration, des gens sont sortis pour crier à la conspiration tendant à nuire à des leaders politiques. S’il est constaté que notre président, notre vice-président ou même le Poé Naaba est coupable de malversations, des comptes puissent nous être demandés au regard du sacrifice que le peuple burkinabè a consenti.

« Ceux qui avaient des salaires de 200 000 F CFA et qui ont fêté des milliards » A qui faîtes-vous allusion ?

Ils sont nombreux dans ce pays que ce soit dans la fonction publique ou dans d’autres fonctions comme les affaires. Beaucoup de ceux-ci sont appelés aujourd’hui des business men.

« Il y a des gens qui ont géré des institutions importantes, qui n’avaient pas de salaires mais qui ont aussi fêté des milliards »

Ils sont arrivés avec un petit commerce de 12 tôles. En 3 ans, ils ont fêté des milliards FCFA. Il y a des gens qui ont géré des institutions importantes, qui n’avaient pas de salaires mais qui ont aussi fêté des milliards. En tout cas, nous n’avons pas été invités à l’époque.

Vous auriez voulu être invité ?

Si on avait estimé que je faisais partie du cercle d’amis pour fêter ces milliards, je serais parti. Peut-être que j’aurai eu une bouteille de champagne.

Les élections, c’est pour bientôt. Avec tous les soubresauts que l’on connaît, est-ce qu’elles pourront se tenir à bonne date ?

Nous avons foi en Dieu, foi aux mânes des ancêtres et en l’esprit de la terre du Burkina. Dieu a posé sa main sur le Burkina. N’eût été Dieu, nous aurions vécu des moments plus difficiles que ceux des 30 et 31 octobre 2015. Si certains aspects de la transition sont corrigés comme la justice sociale, les élections vont se tenir à bonne date. Nous sommes pour les libertés. Nous espérons que les partenaires techniques et financiers vont nous accompagner.

Quels conseils avez-vous à donner pour des élections apaisées en tant que chef coutumier ?

Je ne peux pas parler au nom de la chefferie coutumière. C’est un peu délicat. Si vous voulez que je m’exprime néanmoins, je vais demander que les autorités puissent conduire la transition avec humilité. Chez nous, on dit que l’aîné c’est la motte de terre où tout le monde vient déverser ce qu’il veut.
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