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Espace CEDEAO : va-t-on enfin circuler librement ?
Publié le mercredi 15 avril 2015  |  Sidwaya
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© Présidence par DR
A la veille de l’ouverture officielle de la 24è session ordinaire de l’Union africaine à Addis Abeba, les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO se sont réunis le 29 janvier 2015 pour évoquer la situation politique et sécuritaire en Afrique de l`Ouest




La libre circulation des biens et des personnes au sein de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l’Ouest (CEDEAO) va-t-elle passer le cap des discours savants pour devenir une réalité ? L’espoir semble permis avec l’expérimentation d’un mécanisme pour combattre les tracasseries routières dans l’espace sous-régional. Ce dispositif consiste en une fouille minutieuse, conjointement menée par la Police nationale, la Douane, la Gendarmerie et les Eaux et forêts sur un car, avant tout départ vers un pays de la CEDEAO. Le véhicule, les passagers et les bagages doivent être passés au peigne fin, et un certain nombre de documents établis pour faire preuve de foi. Après quoi, un « laissez-passer » à apposer sur le pare-brise avant du véhiculé inspecté est délivré par la Police nationale, pour permettre au conducteur de faire le trajet sans autre contrôle. Un système qui, selon les spécialistes, a l’avantage de mettre fin aux tracasseries routières, notamment les rackets et la fraude, des entraves aux économies de nos Etats. A la suite de la Côte d’Ivoire et du Niger, le Burkina Faso est passé à l’expérimentation du mécanisme, le 10 avril 2015, avec une seule compagnie de transport, TCV. Quant on connaît le vœu cher des dirigeants ouest-africains de faire de la libre circulation des biens et des personnes une réalité dans leur communauté, la mise au point d’un tel mécanisme est salutaire. Car, bien souvent, il est reproché à nos autorités de préférer les thèses libres et les rencontres à la pelle, aux actions. Alors qu’il faut nécessairement poser des actes concrets, pour changer le quotidien des populations, que de nourrir des rêves. Le mécanisme de suivi de la libre circulation des biens et des personnes est donc le bienvenu, reste maintenant à l’étendre aux autres pays de la CEDEAO, qui compte 15 Etats-membres. Toutefois, il ne suffit pas de pratiquer le système, il faut le porter à bout de bras, pour qu’on ait des résultats palpables. Le dispositif ne sera efficace, qu’avec l’entière adhésion des forces de contrôle et de sécurité, des transporteurs et des populations, comme l’a signifié le directeur de la libre circulation et du tourisme de la CEDEAO, N’Faly Sanoh. Pour que le test réussisse, tous les acteurs doivent se mettre au pas. Il n'y a pas autre moyen pour faire avancer le train de l’intégration ouest-africaine. Et en l’espèce, le mal à redouter est la corruption. Ce phénomène touche évidemment les forces de contrôle et de sécurité, dont certaines sont enclins à empoigner des sommes d’argent, et à fermer les yeux sur certaines pratiques. Une attitude regrettable qui n’est pas de nature à sécuriser l’économie, tant elle favorise les manœuvres frauduleuses, source de pertes de recettes fiscales. Parce que certaines d’entre elles ont du mal à résister à la corruption, les forces de contrôle et de sécurité ont vu leur image écornée. Au point que leur autorité est quelque peu affaiblie. Alors, les «hommes de tenues», du moins les brebis galeuses, ont intérêt à développer leur sens du patriotisme et du civisme, pour accompagner le mécanisme de la CEDEAO. Ce serait un pas important. Les transporteurs, dont certains sont habitués aux facilités, et les populations doivent aussi avoir un esprit républicain. Ceux-ci doivent se soumettre à la politique des autorités publiques, qui visent avant tout leur épanouissement, que de toujours chercher à se soustraire à la loi. Soutenir le mécanisme de suivi de la libre circulation des biens et des personnes afin qu’il fasse ses preuves, et soit définitivement adopté, paraît nécessaire. C’est un devoir pour tous ! On a assez parlé de libre circulation des biens et des personnes en Afrique de l’Ouest, il est temps de la vivre pour de vrai. Œuvrons alors à ce qu’il en soit ainsi.


Kader Patrick KARANTAO
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