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Sidwaya N° 7368 du 4/3/2013

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Paul put (entraîneur des Etalons) : “Je ferme la bouche des gens avec les résultats”
Publié le mardi 5 mars 2013   |  Sidwaya


Paul
© Autre presse par DR
Paul Put
Le sélectionneur des Etalons du Burkina.


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Avant de s’envoler pour la Belgique pour une 0semaine de congé, le sélectionneur national Paul Put nous a accordé une interview. Sans faire dans la langue de bois, il parle de sa recette miracle en Afrique du Sud, du retour triomphal de l’équipe et des prochains challenges qui se présentent à lui.

Avec le recul, vous dites encore que vous êtes vice-champion d’Afrique avec la seconde sélection africaine que vous entraînez ?

Pour moi, je me sens comme si on était champion. Personne n’a cru en nous dans cette histoire. Mais si vous voyez ce qu’on a réalisé, c’est comme si on était champion. C’est vrai qu’on n’a pas remporté le trophée mais vu notre production d’ensemble au cours de cette CAN, tout le monde est unanime à voir en nous des champions.

Et comment se sent Paul Put aujourd’hui ?

Pour moi, la CAN c’est déjà du passé. Maintenant il y a un autre match important qui se profile, à savoir les éliminatoires de la coupe du monde 2014. Dans le football, il faut déjà penser à autre chose et se concentrer sur notre prochain match. On n’a même pas eu le temps pour fêter notre exploit car les joueurs sont repartis dans leur club respectif. Aujourd’hui, il faut céder la place au travail.

Vous repartez vous ressourcer auprès des siens. Est-ce des vacances bien méritées pour vous ?

Non. Pour moi, ce ne sont pas des vacances. J’avais prévu partir un peu plus tôt en Belgique, mais j’avais des obligations. Je rentre maintenant mais c’est juste pour une semaine. Je mettrai à contribution ce temps pour faire des analyses vidéo de l’équipe du Niger et aussi les analyses manuelles pour informer tous les joueurs de ce qui sera fait. Comme on n’a pas eu assez de temps à consacrer à la famille, je vais en profiter pour voir ma fille de 12 ans. Mais je vais plus me consacrer au travail en Belgique.

Les éliminatoires de la coupe du monde restent-elles encore un challenge pour vous ?

C’est toujours un challenge car à chaque match, on essaie toujours de gagner. Et si on peut bien repartir sur un bon pied contre le Niger, tout restera ouvert car il reste encore quatre matchs. Mais ce ne sera pas facile car avec notre place de vice- champion, tout le monde va être très motivé pour nous affronter. Maintenant on ne peut plus se cacher et nos adversaires auront de la motivation pour battre le Burkina. Mais de toutes les façons, on doit tout faire pour bien redémarrer contre le Niger et après on verra.

Le Burkina repart dans ces éliminatoires avec zéro point. Le coup est-il encore jouable ?

Au football tout est possible. Mais ce serait difficile. Au départ de la CAN si on disait que le Burkina pouvait sortir premier devant la Zambie tenante du titre, le Nigeria et l’Ethiopie, personne n’oserait parier un copeck. Mais je dis toujours, en football il faut avoir un objectif et essayé de le réaliser. On verra, si on peut réussir, on fera tout pour. Mais dans le cas contraire, on saura que c’est notre entame qui nous a plombés.

Vous avez réussi à mobiliser votre équipe pour la CAN et elle est allée jusqu’au bout. Pensez-vous pouvoir trouver encore de la ressource pour mobiliser vos éléments à aller chercher la qualification pour la coupe du monde ?

Si les joueurs ne peuvent pas trouver cette motivation, cela voudrait dire qu’ils ne sont pas des professionnels. Les joueurs le savent, quand on est ici, c’est pour le travail et non pour s’amuser. On va aborder le match contre le Niger comme on le fait d’habitude lors de nos rencontres précédentes. Je suis sûr et certain que les joueurs ont également cet état d’esprit dans la tête.

Quelles sont les clés sur lesquelles vous vous êtes basé pour avoir ce succès avec les Etalons à la CAN en Afrique du Sud ?

Il y a beaucoup de choses. Un entraîneur ce n’est pas seulement quelqu’un qui vient donner la technique et la tactique sur le terrain ni quelqu’un chargé d’analyser les équipes. Il doit pouvoir être aussi psychologue pour pouvoir convaincre les joueurs de leur talent. Moi j’ai composé un DVD pour donner la confiance à mon équipe car dans chaque tournoi, il y a toujours une surprise et pour moi, le Burkina devait constituer la surprise dans cette CAN. Dans le DVD, on a compilé des exemples comme la Grèce qui a créé la surprise en remportant l’Euro 2004, où Chelsea qui a remporté la Champions League en 2012 et l’Athlético Madrid qui s’est imposé en Europa League et même la Zambie qui y a cru en devenant champion d’Afrique en 2012. J’ai dit aux joueurs qu’on pouvait faire pareil et surprendre le monde du football. Je leur ai montré les images et on a joué sur leur psychologie et ils ont bien apprécié. Cela leur a donné plus de motivation et de confiance et on a abordé la compétition contre le Nigeria en ayant cela à l’esprit. Au fil de la compétition, on gagnait en maturité et c’est très important. Une équipe qui, après chaque match, gagne en maturité et améliore sa prestation au fur et à mesure, c’est un bon signal. Il me fallait deux à trois jours pour faire tout ça et c’est un grand travail. Mais mon plus grand plaisir, c’est d’avoir schématisé mes entraînements techniquement et tactiquement et retrouver cela le jour du match sur des séquences de jeu. C’est une grande satisfaction plus qu’une victoire pour un entraîneur. Cela a contribué aussi à me mettre en confiance. Il faut aussi apprécier la discipline et la mentalité du groupe qui a été impeccable. On n’a enregistré aucun problème depuis quarante jours de vie commune. On était vraiment comme une famille, preuve que les joueurs ont montré de la volonté aussi.

Au cours de la CAN vous avez utilisé 20 joueurs sur 23. Comptez-vous vous appuyer encore sur ce groupe pour aller à la recherche du ticket qualificatif pour le mondial 2014 ?

Vous savez que dans le football, ça bouge beaucoup. Il peut y avoir des blessures et même des baisses de forme, voire des joueurs qui ne faisaient pas partie de l’effectif de la CAN qui peuvent se retrouver en super forme. La sélection dépend aussi des matchs qu’on doit jouer. Mais de toutes les façons, on a déjà un groupe et on va inspecter les joueurs semaine après semaine pour voir leur prestation avant de déterminer si on doit changer ou pas. Si un joueur se montre très en forme, il faudrait être un fou pour ne pas l’appeler. C’est difficile à déterminer pour l’instant mais il y a une base et c’est avec cette base qu’on va travailler.

Après vous avoir vomi lors de votre nomination, le public vous a acclamé à votre retour de la CAN. Est-ce une victoire personnelle pour vous ?

J’ai toujours dit de ne jamais émettre un jugement hâtif sur une personne. Il faut toujours se demander s’il a fait son boulot. Tu dois prouver pour être un entraîneur au Burkina. J’étais en Belgique, j’ai conduit des équipes en coupe UEFA, j’ai joué la finale de la coupe de Belgique, j’ai été trois fois en demi-finale, j’ai pris des équipes en deuxième division et je suis monté avec elles en D1. J’ai aussi écrit l’histoire du football en Gambie. Qu’est-ce que je devais prouver encore ? D’autres avant moi sont passés au Burkina sans avoir prouvé au préalable leur qualité mais on ne leur a pas tenu ces genres de critique. Il faut également être honnête sur ce côté. Moi je ferme la bouche des gens avec les résultats mais je ne garde pas rancune. Je sais que ce n’est jamais facile, mais avec l’expérience que j’aie, je me devais de prouver.

Avec ce résultat que vous avez obtenu sur le banc de touche du Burkina, certainement que d’autres pays vous feront des yeux doux. Peut-on déjà assurer que vous irez au terme de votre contrat ?

Je ne cesse de vous le répéter, en football, tout va très vite. Ca bouge au niveau des joueurs, ça bouge également au niveau des entraîneurs. Si je vous dis maintenant que je n’ai reçu aucune offre d’une équipe jusqu’à présent, je mens. C’est normal mais je dois voir aussi si le Burkina va maintenant m’accorder le respect et le mérite du travail que j’ai fait. Ma priorité c’est le Burkina. C’est au pays de me prouver qu’il a encore besoin de moi.

Votre adjoint Sidi Napon a été redéployé vers d’autre fonction après la CAN. Un commentaire ?

Je n’ai pas de commentaire à faire sur ce sujet. Si les responsables ont tenu à le redéployer c’est certainement pour l’intérêt du Burkina.

Un mot pour ce public qui vous porte à cœur ?

Je dis un grand merci à tout le monde car on le sait, le public a beaucoup soutenu les Etalons. Je l’ai toujours dit, si les supporters sont derrière les Etalons, on verra une vraie équipe. C’est contre la Centrafrique qu’on a vraiment senti que le public était derrière son équipe. Ce qu’on a réalisé en Afrique du Sud, c’est aussi à cause des supporters. Au début c’était très compliqué, les supporters ont beaucoup critiqué les Etalons et pas toujours avec raison. Si tout le monde y croit et se range derrière son équipe, on peut réaliser de grandes choses. Je demande maintenant à tout le monde de garder cette dynamique de soutien pour les Etalons car il y a encore d’autres challenges à surmonter.

Entretien réalisé par
Béranger ILBOUDO

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