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Le Pays N° 5306 du 27/2/2013

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Foire rizicole des hauts-bassins : Tendre vers la fin de la faim
Publié le mercredi 27 fevrier 2013   |  Le Pays


Des
© Autre presse
Des femmes debout dans un champ de riz
Novembre 2012. Burkina Faso - KAYA.


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La commune rurale de Bama a abrité les 23 et 24 février 2013, la deuxième édition de la foire rizicole des Hauts-Bassins. Placée sous le thème « Promouvons la filière riz pour une sécurité alimentaire durable », cette foire avait pour objectif la valorisation de la production locale du riz. L’occasion fut belle pour les acteurs de la filière et les autorités de la région d’opter pour des méthodes nouvelles pour une production à même de répondre aux besoins de la population.

La population de Bama, commune rurale de la province du Houet, située à 30 km de Bobo, a été la plus heureuse le samedi 23 février 2013. En effet, c’est là-bas que les autorités ont choisi d’aller magnifier le riz à travers la seconde édition de la foire rizicole des Hauts-Bassins. Après N’Dorola qui a abrité la première édition, Bama, longtemps considérée comme l’une des grandes localités de production du riz, a eu aussi à travers cette foire le privilège de montrer au monde son savoir-faire dans la filière riz. « Promouvons la filière riz pour une sécurité alimentaire durable », c’est sous ce thème que les acteurs de la filière riz ont magnifié, deux jours durant, le riz sous l’égide des autorités administratives de la région et des services déconcentrés du ministère de l’Agriculture. Selon toute vraisemblance, la foire s’est présentée aux producteurs et aux projets et programmes qui accompagnent la filière, comme une tribune pour conjuguer leurs efforts en vue d’une production suffisante afin de lutter contre l’insécurité alimentaire grandissante. Dans le mot de bienvenue du maire de la localité, Lassina Gondé, il s’est rejoui de la tenue de cette foire qui va promouvoir le riz local, susciter l’envie du consommateur et donner plus de visibilité à la production locale. Lassina Berthé, président du Comité interprofessionnel du riz du Burkina (CIR-B), a relevé que la région des Hauts-Bassins abrite deux grands sites rizicoles capables de booster une production si toutes les conditions sont réunies. Il s’agit du périmètre irrigué de Banzon qui fait 500 hectares et de la plaine rizicole du Kou avec une superficie de 1 200 hectares. Il a soutenu que ces deux plaines seulement plaçaient la région à un bon rang dans la production nationale du riz.

Faire du Burkina un pays exportateur

« Jadis considéré comme une denrée privilégiée, le riz est depuis un certain temps, la céréale dont la consommation croît et s’élargit à toutes les couches socio-économiques du Burkina Faso ». C’est en ces termes que le gouverneur des Hauts-Bassins, Joseph Bakouan, a planté le décor dans son allocution avant de faire remarquer que le riz est devenu la denrée de base préférée des ménages citadins. S’appuyant sur des chiffres des institutions de recherches scientifiques en agriculture, il a laissé entendre que la consommation du riz est passée de 4,5 kg par personne et par an en 1960 à 20 kg en 2009 et 50 kg dans les centres urbains. Malheureusement, a fait remarquer le gouverneur, le Burkina produit à peine le tiers des besoins des populations, si fait que le pays est tributaire des importations. Ce qui n’est pas sans inconvénients tant sur le marché international que sur le budget national dont 40 milliards de francs sont investis par an pour les importations. « C’est conscient de cette situation, que l’Etat burkinabè a résolument pris l’option de soutenir la production nationale en faisant de la filière riz l’un des moteurs de la croissance économique en raison du haut potentiel de production, de la spéculation et du fort potentiel de la valeur ajoutée que cette filière peut induire », a soutenu Joseph Bakouan. Il a aussi déclaré que la vision des plus hautes autorités du pays était de faire du Burkina, à moyen terme, un pays autosuffisant en riz et aussi exportateur à la conquête des marchés nationaux et sous-régionaux, d’où cette foire qui est à sa deuxième édition, pour valoriser et stimuler la production locale. Avec sa production de 26 525 à 60 890 tonnes de 2000 à 2012, le gouverneur a trouvé ces performances en déça des potentialités de la région, car avec ces superficies de 1460 ha en cours d’aménagement à Niéna-Dionkélé, 30 000 ha de la vallée de Samendéni et 20 000 bas-fonds favorables à la riziculture toujours en réserve, la région pourrait occuper une place de leader dans l’offensive pour l’auto-suffisance alimentaire, si les producteurs s’y mettent. Il a par ailleurs annoncé une batterie de mesures visant à accompagner les efforts de productivité. Avant de donner le top départ de la foire, le gouverneur a invité les acteurs intervenant dans la filière, au respect strict des cahiers de charges, et de la discipline dans la conduite des travaux sur les plaines aménagées, conformément aux recommandations de l’atelier de réflexion sur les problématiques des plaines rizicoles tenu la veille de la foire, c’est-à-dire le vendredi 22 février. C’est par une visite des stands d’exposition mettant en valeur le riz, les produits dérivés du riz et autres potentialités liées au riz que les autorités ont découvert la richesse des productions rizicoles locales.

Josias Zounzaola DABIRE

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