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Révision du Code électoral : la loi votée sous haute protection
Publié le mercredi 8 avril 2015  |  Sidwaya
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© aOuaga.com par A.O
Politique : les députés adoptent le nouveau code électoral
Mardi 7 avril 2015. Ouagadougou. Conseil national de la transition (CNT). Les députés ont voté par 75 voix pour, 10 contre et 3 abstentions le projet de loi portant modification du code électoral. Photo : Chérif Moumina Sy, président du CNT




Le Conseil national de la Transition a adopté, le 7 avril 2015 à Ouagadougou, la loi portant modification du code électoral au terme d’une plénière tenue sous haute sécurité. Cette loi écarte pour cinq ans toute personne ayant soutenu le projet de modification de l’article 37 de la Constitution initié par l’ex-régime déchu.


Certains candidats à la présidentielle du 11 octobre prochain vont devoir attendre en 2020. En effet, le projet de loi querellé portant révision du Code électoral, qui a été adopté mardi 7 avril 2015, par 73 voix pour, 10 contre, et 3 abstentions consacre leur exclusion de la participation aux élections présidentielle, législatives et municipales à venir. La plénière a été dirigée par le président du Conseil national de la Transition, Moumina Chériff Sy. L’article 135 de ladite loi dispose: «Sont inéligibles toutes les personnes ayant soutenu un changement anticonstitutionnel qui porte atteinte au principe de l’alternance démocratique. Notamment au principe de la limitation du nombre de mandats présidentiels ayant conduit à une insurrection ou à toute forme de soulèvement». Les groupes parlementaires ont diversement apprécié la révision du code électoral. Pour le président du groupe parlementaire des Organisations de la société civile, Hervé Ouattara, l’adoption de la loi donne un sens à la révolution des 30 et 31 octobre 2014. «Nous sommes satisfaits car après les événements de fin octobre 2014, la révison du code électoral, ce soir, se présente comme une seconde révolution et nous espérons que le combat continuera pour une véritable démocratie dans notre pays», s’est-il exclamé. Son collègue, Jean Hubert Bazié a argumenté dans le même sens. «Ce code ne vaut pas à lui tout seul, il vaut par les autres textes et nous devons le compléter et conforter l’espoir que nous avons en un Burkina nouveau. Nous voyons ce code comme un moyen pour aller vers des élections pour choisir des dirigeants beaucoup plus responsables», s’est-il convaincu. Comme il fallait s’y attendre le groupe parlementaire constitué des deputés de l’ex- majorité, a voté contre lors de la plénière. Selon son président Boubacar Bouda, la rasion est toute simple. «Les dispositions contenues dans les articles 135, 166 et 242 qui traitent des conditions d’inéligibilité des auteurs ayant soutenu un changement anticonstitutionnel sont des conditions d’exclusion qui ne disent pas leurs noms», a signifié M. Bouda. Et d’ajouter : «ce n’est pas propre au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Toute situation dans la vie d’un homme appelle à une réaction et nous aviserons». Le ministre de l’Administration du territoire, de la décentralisation et de la sécurité, Auguste Denise Barry, a assisté à la plénière avec à ses côtés, son collègue de la Communication, Fréderic Nikiéma. Réagissant à la décision du CDP et de ses alliés, Auguste Denise Barry, a indiqué que c’est à leur corps-défendant. «Le Burkina Faso est un Etat de droit et il y a des voies de recours qui sont prévues par les textes. Il est donc tout à fait loisible à tout citoyen de suivre ces voies réglementaires lorsqu’il estime qu’il est lésé», a laissé entendre le ministre Barry. L’ambiance au CNT était toute particulière. Pendant que les députés examinaient les textes de loi, le siège du Conseil national de la Transition était sous haute protection. La Compagnie républicaine de sécurité a déployé ses éléments jusque dans les couloirs et autres allées du CNT, au point qu’à 15 heures des journalistes retardataires ont été stoppés par le cordon sécuritaire loin des limites de «l’Hôtel». Les débats qui ont précédé le vote étaient emprunts de franchise avec parfois des débordements de colère face au raisonnement de leurs collègues de l’ex-majorité. Des membres du Mouvement «Balai citoyen» qui ont assisté à l’adoption de la loi étaient visiblement soulagés. L’exclusion de tous ceux qui ont soutenu la révision de l’article 37 de notre Constitution et qui ont failli propulser le pays dans le chaos, selon son porte-parole, Me Guy Hervé Kam, servira d’exemple pour les générations à venir mais donnera également un sens au slogan «Plus rien ne sera comme avant».


Beyon Romain NEBIE


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