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Présumés complots contre la Transition : Des noms et qu’on en finisse
Publié le mardi 7 avril 2015  |  L`Observateur Paalga
Transition
© aOuaga.com par Séni Dabo
Transition politique : l`opposition et la société civile contre l`armée
Dimanche 2 novembre 2014. Ouagadougou. Place de la nation. L`opposition affiliée au chef de file et des organisations de la société civile ont organisé un meeting pour dénoncer la gestion de la transition par l`armée




Un navire ouvert aux quatre vents. Voici ce à quoi ressemble la Transition burkinabè, quelque six mois après son déclenchement. Tout bouge, mais rien n’avance. Sauf, bien sûr, la date de la présidentielle et des législatives couplées du 11 octobre 2015.

C’est qu’à force de cuire chacune de son côté sa petite soupe sur son petit feu, certaines composantes des «forces vives de la nation» se sont révélées, au fil du temps, n’être que de véritables forces d’inertie.

La polyphonie qui devait naître de la diversité des acteurs du pouvoir d’Etat actuel reste à trouver. En lieu et place de cette concorde nationale vers un scrutin apaisé, transparent et équitable, c’est encore et toujours la querelle de clocher et de minaret qui rythme la marche de la Transition.

Après les jeux de positionnement, après les crocs-en-jambe lors de la mise en place des différents organes transitoires, après les couacs et les tâtonnements aux premières heures du gouvernement, voici venue la saison de la «complotite». Entendez par là la propension à voir en tout et partout le complot.

Des organisations de la société civile, au gouvernement de la Transition en passant par les partis politiques et leurs hussards noirs qui grenouillent dans le monde associatif, c’est à qui criera le mieux à la conspiration.

Et ces derniers jours, personne n’est en reste de cette chasse aux ligues subversives avérées ou supposées.

A commencer par le Premier ministre en personne.

En effet, dans son intervention télévisée du 1er avril 2015, à la suite de la grève des travailleurs de la Brakina et celle des transporteurs routiers, qui a perturbé le fonctionnement des centrales électriques, faute de fuel, Yacouba Isaac Zida a cédé à l’accusation facile.

Morceaux choisis de cette sortie certes bien à propos dans la forme mais malheureuse dans le fond :

- « Confondre le droit de grève avec un droit à l’anarchie, le droit de critiquer avec un droit d’injurier ou de diffamer, c’est se méprendre sur le sens profond de la liberté»

- «Pendant que le gouvernement s’emploie à rassurer et convaincre les investisseurs de rester ou de venir s’installer dans notre pays pour le bénéfice de notre jeunesse en quête d’emplois, certains de nos concitoyens ont entrepris de saper ces efforts en installant un climat d’anarchie».

Alors que l’opinion publique ne s’était pas encore remise de l’émoi suscité par la mise en garde du chef du gouvernement, ce fut au tour du ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité, Denise Auguste Barry, d’emboucher la trompette de l’insinuation à peine voilée.

Pour le premier flic de la Transition, la controverse née de la loi portant révision du code électoral, dont le vote est prévu aujourd’hui au CNT, exhale une forte odeur de conjuration : «En effet, l’analyse de nombreux éléments d’information à notre disposition laisse percevoir que certains hommes politiques entretiennent des accointances avec certaines organisations de la société civile et certaines organisations syndicales, tendant à saper les efforts et les sacrifices consentis par le Peuple burkinabè et tendant à déstabiliser la Transition politique». Extrait de son message du 5 avril dernier.

Le même jour, une autre déclaration, d’une même teneur, prétendument signée par des centaines d’associations, inondait les salles de rédaction par l’entremise de Safiatou Lopez. On pouvait y lire : «…des individus malintentionnés, ont entrepris de saboter le processus devant nous permettre de tourner définitivement la honteuse parenthèse que fut le règne de Blaise Compaoré. Ces groupes de personnes clairement identifiées, ont déjà adopté leur agenda de remise en cause des acquis de notre peuple, des acquis obtenus dans le sang lors de l’historique insurrection d’octobre 2014».

Mais des preuves de toutes ces graves accusations, ni le Premier ministre, ni son frère d’armes en charge de la Sécurité, encore moins celle qui se prend pour l’égérie de la Transition n’ont daigné piper mot.

Si tant il est vrai qu’ils ont en leur possession des éléments contre les présumés subversifs, qu’ils les nomment, les interpellent et les traduisent devant les juridictions compétentes. Ce n’est pas plus compliqué que ça.

Dans ce contexte sociopolitique où chacun a son suspect, multiplier de telles assertions dépourvues de fondements, c’est entretenir un climat de suspicion généralisée. C’est verser dans une indécente campagne de délation aux conséquences insoupçonnées.

Si velléités de déstabilisation il y a, de quel côté faut-il les rechercher ? Du camp de ceux qui ont perdu le pouvoir et caresseraient le secret espoir d’y revenir par tous les moyens ?

Ou faut-il, comme le pensent certains, regarder vers ces groupuscules clandestins qui se servent de couvertures visibles et honorables, comme les OSC, pour préparer l’avènement du « Grand soir » ?

Alors, des preuves, des noms et qu’on en finisse.

A moins que dans la situation présente où certaines chapelles entendent dicter leur tempo à la Transition, toutes ces accusations ne procèdent d’un véritable complot visant à discréditer quelques groupes de personnes ou de partis politiques.



Alain Saint Robespierre
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