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Sidwaya N° 7359 du 19/2/2013

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Un remède supplémentaire contre la corruption ?
Publié le mercredi 20 fevrier 2013   |  Sidwaya




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Les autorités burkinabè ont renforcé l’arsenal de la lutte contre la corruption, ce mal qui ronge l’économie. Des comités anti-corruption et des directoires ont été mis en place, le 14 février dernier au Ministère de l’économie et des finances. Les comités anti-corruption opèrent au sein des directions générales : des douanes, du trésor et de la comptabilité publique, des impôts, du budget, du contrôle des marchés publics et des engagements financiers. Ces comités vont recevoir, analyser et transmettre les plaintes aux structures compétentes. Les directoires quant à eux, constituent des organes d’analyse investis du pouvoir consultatif à même d’orienter la prise de décision du Ministre de l’économie et des finances. De plus, leur rôle est de minimiser les risques dans les prises de décision et de donner leurs avis dans les domaines stratégiques et sensibles du département. On ne peut que saluer cette initiative qui va assurer plus de transparence dans des secteurs décriés. Elle prouve aussi, que la sonnette d’alarme régulièrement tirée par le Réseau national de lutte contre la corruption (REN-LAC) est entendue. Certes, que de paroles, mais peu d’acte, reproche-t-on aux gouvernants. Mais, la volonté politique existe. On est mémoratif que le 13 septembre 2012, au cours d’une visite à l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat (ASCE), le Premier ministre avait annoncé huit mesures pour lutter contre la corruption. Parmi ces mesures qui ont fait effet, on peut noter la publication par l’ASCE de la liste des personnes identifiées dans tous ces rapports comme responsables de fautes lourdes de gestion ou de détournement de deniers publics. Il y a eu également la tenue, du 19 au 21 décembre 2012, sur le thème : « Lutte contre la corruption au Burkina Faso : quelles actions fortes et décisives ? », du forum national sur la corruption. Les 650 participants reflétant les composantes de la société, avaient pu identifier les différentes formes de la corruption sévissant au Burkina Faso, ainsi que ses secteurs de prédilection. Les assises ont aussi permis d’analyser les différents facteurs favorisant la propagation du fléau, de recueillir les points de vue de dans divers secteurs d’activités et de mutualiser les différents stratégies et moyens de lutte. Le Burkina en matière de lutte contre la corruption, soulignent les responsables du département en charge de l’économie et des finances, mène une expérience porteuse dans la sous-région, en Afrique et dans le monde. En effet, selon l’indice de perception de la corruption publié dans les rapports de Transparency International, le Burkina occupait en 2010 et 2011, la première place des pays les moins corrompus au sein de l’UEMOA et le 5e rang au sein des pays de la CEDEAO. En 2012, le pays a gardé sa première place au niveau de l’UEMOA, celle de quatrième des pays les moins corrompus de l’espace CEDEAO. Au plan mondial, en 2012, « le Pays des hommes intègres » est passé de la 100ème place à la 83e place soit un gain de 17 places en une année. Quel sera le classement en 2013, au regard des nouvelles mesures ? On peut légitimement s’attendre à évoluer positivement dans les différents classements. Cependant, l’arbre de doit ne pas cacher la forêt. Le Burkina Faso peut mieux faire. Les institutions existent à tous les niveaux et produisent des rapports : ASCE, Cour des comptes, inspections des services, enquêtes parlementaires, enquêtes du REN-LAC… Mais, les actes de corruption décelés et révélés sont peu sanctionnés, si bien qu’on a bien souvent l’impression que ces rapports ne sont que des coups d’épée dans l’eau. En outre, des dossiers de crimes économiques sont toujours en attente de jugement. L’action devrait beaucoup plus porter sur la répression, afin de donner aux structures comme les comités « anti-corruption » et des directoires du Ministère de l’économie et des finances, leur véritable raison d’être.

Bachirou NANA

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