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Le Pays N° 5297 du 14/2/2013

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Ministère des affaires étrangères : Le SAMAE répond à Djibril Bassolet
Publié le vendredi 15 fevrier 2013   |  Le Pays


Djibril
© Autre presse
Djibril Bassolé, chef de la diplomatie Burkinabè
Ministre burkinabè des Affaires étrangères.


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Ceci est un droit de réponse du Syndicat autonome des agents du ministère des Affaires étrangères (SAMAE) au discours de nouvel an prononcé par le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la coopération régionale lors de la rituelle cérémonie de présentation de vœux.

Excellence Monsieur le ministre d’Etat, Le 30 janvier dernier, vous adressiez vos meilleurs vœux aux agents du ministère des Affaires étrangères dont vous avez la charge, lors de la cérémonie coutumière prévue à cet effet.

Au cours de cette cérémonie, prenant la parole pour répondre au discours du secrétaire général vous ayant auparavant présenté les vœux et les doléances des agents pour la nouvelle année, vous êtes revenus sur la question du retour des 105 agents expulsés du MAECR en 2007 parce qu’ayant pris part à la marche de protestation en soutien à sa plateforme minimale revendicative que le SAMAE avait organisée. Vous exprimant dans un discours vraisemblablement improvisé, vous avez stigmatisé encore une fois, cette marche de protestation organisée par le SAMAE ce 10 avril 2007. Après l’avoir qualifié de « comportement indigne du métier de diplomate », vous avez insinué que cette marche était aux antipodes de l’éthique de la diplomatie et que les agents doivent éviter dorénavant les comportements qui pourraient amener les plus hautes autorités de l’Etat à sanctionner à ce degré un diplomate. Le SAMAE a été non seulement surpris de ces propos dans un contexte interne d’apaisement mais aussi et surtout choqué, à l’instar des agents du ministère, de l’incompréhension continue qui entoure la légalité, la légitimité et le but de la marche du 10 avril 2007. C’est pourquoi, conformément à son devoir de défense des intérêts matériels et moraux de ses militants, le SAMAE se donne le droit de vous adresser la présente lettre qui clarifie deux points particuliers à savoir :
La marche du 10 avril 2007 et l’éthique de la diplomatie ;
La nécessité urgente et absolue de valoriser le métier de diplomate à travers un statut particulier.

De la marche du 10 avril 2007 et de l’éthique de la diplomatie

La marche du 10 avril 2007 organisée par le SAMAE en soutien de sa plateforme minimale revendicative et qui a servi de prétexte à l’expulsion de 105 de plus de 150 agents ayant pris part à cette marche, a été jugée légale par décision des juridictions administratives du Burkina et donc conforme à la déontologie administrative codifiée dans la loi 013 du 18 avril 1998 portant loi applicable aux agents et aux emplois de la fonction publique et à laquelle sont soumis les agents du ministère des Affaires étrangères. Autrement dit, les 105 agents ayant pris part à cette marche ne sont ni à diaboliser, ni à stigmatiser. Ils ne sont encore moins des déviants à l’éthique diplomatique. Ils n’ont fait qu’user d’un droit qui leur est constitutionnellement reconnu à travers leur syndicat. Concernant cette éthique diplomatique, le SAMAE rappelle que les diplomates du Burkina Faso, contrairement à la plupart de leurs homologues africains et au delà, ne sont pas régis et soumis à un corpus de règles spécifiques qui les distinguent des autres corps de métiers publics. Ils ne sont donc pas des fonctionnaires extraordinaires, astreints à une quelconque éthique diplomatique imaginaire qui n’est nullement enseignée ni à l’ENAM, ni à l’INHEI qui forment jusqu’ici les diplomates de carrière de notre pays. Si éthique diplomatique il y a, elle doit être codifiée et enseignée aux diplomates. Cela pose la question de l’adoption d’un statut particulier propre au corps de diplomate.

De la nécessité urgente et absolue de valoriser le métier de diplomate à travers un statut particulier

La création du SAMAE répond à un objectif primaire : amener l’Etat à admettre que le ministère des Affaires étrangères est un ministère de souveraineté à l’instar du ministère de la Défense, du ministère de la Justice et de celui des Finances. Par conséquent, il doit être reconnu comme tel et valorisé à travers un statut particulier qui comporterait des droits inhérents aux spécificités du métier de diplomate et des devoirs liés à cet emploi.

Si en effet, les militaires, les magistrats et les financiers sont traités de façon spécifique, il n’y a pas de raison que les diplomates soient encore aujourd’hui considérés comme de simples fonctionnaires. Ils doivent voir leur emploi valorisé et leurs conditions de vie et de travail à la centrale améliorée. La stratégie consistant à doter les chefs de service et les directeurs d’avantages spécifiques au détriment de la majorité des agents qui végètent toujours dans une misère qui ne dit pas son nom, n’aura à moyen et à long termes que pour conséquence le déclenchement d’un autre 10-Avril dont l’Etat seul en sera cette fois-ci responsable car, les mêmes causes produisent inéluctablement les mêmes effets.

Il est temps que l’Etat comprenne qu’il ne devait même pas être du ressort du SAMAE de démontrer l’intérêt pour la Nation, de valoriser ses diplomates dans un contexte mondial où il n’y a point de place pour l’amateurisme dans la conduite des relations internationales. Il est inutile à ce sujet de rappeler que plus de 80% des financements des investissements publics au Burkina provient de l’aide extérieure et que cette aide est mobilisée par les diplomates. La SAMAE saisit cette occasion pour saluer votre engagement sincère à résoudre les problèmes que vivent les diplomates du Burkina et vous rassure de sa disponibilité constante à vous aider dans l’atteinte de vos objectifs dans le respect mutuel et dans le cadre d’un partenariat plus pragmatique. Je vous prie Excellence Monsieur le Ministre, de croire en l’expression de ma plus grande loyauté.

Ni partisan, Ni courtisan, la cause est commune. Boubacar Prosper MANLY

Secrétaire général du SAMAE

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