Accueil    Shopping    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Burkina Faso    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article




  Sondage



 Autres articles


Comment

Politique

Médiation du Burkina dans la crise malienne « Voulue et soutenue par la CEDEAO »
Publié le vendredi 8 fevrier 2013   |  L’Hebdomadaire


SEM
© Autre presse
SEM Blaise Compaoré
Président du Faso


 Vos outils




 Vidéos

 Dans le dossier

Dioncounda Traoré, président de la transition au Mali a récemment laissé entendre que la médiation burkinabè se trompait, en optant que Ansar Dine, du moins la frange modérée de cette branche de la rébellion armée, participe à la recherche par le dialogue de la souveraineté, de la stabilité et de l’intégrité territoriale du Mali. Le président intérimaire du Mali est sans doute sous l’effet de l’euphorie de l’intervention de l’armée française dans le Nord de son pays.



A l’observation de la médiation du Burkina, il ressort au moins un fait qui n’est pas contestable. Le président du Faso a été désigné par ses pairs de la CEDEAO pour faire en sorte que « la guerre soit la dernière des options ».

Désigné donc avec pour mission que « la force de l’argument prime sur l’argument de la force » pour reprendre les propos du Premier ministre Luc Adolphe Tiao devant la représentation nationale, le mercredi 30 janvier dernier, Blaise Compaoré eût été un bien piètre négociateur s’il s’était drapé du manteau de va-t-en-guerre.

C’est donc en toute logique que sa connaissance du problème touareg, qui remonte au tout début des années quatre-vingt dix, son aura et le respect qu’il inspire dans la sous-région, que le dossier lui a été confié. Ce qui lui confère mieux qu’une légitimité, une vraie assise confortable pour engager les protagonistes sur la voie de la sagesse.

En sachant qu’une guerre, quelle qu’en soit l’issue, ne consacre jamais un vainqueur, mais plutôt un lieu de détresse et de désolation. Les conflits historiques menés par armes conventionnelles étant là pour nous le rappeler, des conflits indochinois à celui d’Algérie en passant par ceux répétitifs d’Afghanistan.

La paix se gagne aussi sur les contradictions

Dès le début de sa médiation, le président du Faso a accordé la prime à la réalité des différents groupes islamistes sur le terrain. Ainsi, il a établi un distingo entre, d’une part Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), le mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) et, d’autres part le groupe armé Ansar Dine et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

Il a donc bâti sa médiation sur un devoir d’éthique, selon lequel les prises d’otages, les trafics divers, les attentats terroristes dont se revendiquent AQMI et le MUJAO sont des actes odieux hautement condamnables et ne sont justifiables par aucun mobile.

Depuis son discours n’a pas varié. Ces précautions principielles étant édictées et respectées par le médiateur, il est légitimé à conduire sa médiation suivant son point de vue et à en rendre compte à ses pairs de la CEDEAO qui l’ont mandaté.

Un point de vue, doublé d’une méthodologie qui consiste à écouter toutes les parties en conflit ne saurait s’apparenter à un pacte avec les ennemis du Mali.

Ce serait réducteur ces analyses et autres jugements à l’emporte-pièce si on ne prend pas en compte le fait qu’Ansar Dine se situe sur une ligne, qui a du reste donné naissance au Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), qui diffère de celles officielles de AQMI et du MUJAO. C’est muni de cette éthique de la discussion, que le médiateur de la CEDEAO trouve des réponses aux questions pratiques dont celles cruciales de la sécurité et de la paix.

Il faut gagner la sécurité

Dans cette bande de trafics divers, la sécurité et la sûreté constituent le principal souci des autorités françaises. Elles savent le chaos qu’a généré l’intervention en Libye, une fois que l’opération qui a éliminé le colonel Kadhafi s’est refermée.

Le président par intérim qui a parlé dans ce moment d’euphorie a, sans doute, oublié que gagner la guerre sans gagner la paix et la sécurité n’est que perte de temps, d’énergie et de moyens humains, matériels et financiers.

Le nombre de soldats mobilisés pour cette campagne du Nord-Mali, plus de 4000 Français, 6000 de la MISMA, 2000 Tchadiens met sur le tapis une question pratique dont la résolution n’est pas la moindre  : contrôler ce vaste territoire du Nord est en garantir la sécurité.

Si on a bien compris l’agenda français, les forces militaires de l’Hexagone entameront leur retrait dès le mois prochain. Laurent Fabius a clairement dit qu’il revenait à la MISMA de reprendre les choses, ce qui induit une autre redistribution des cartes.

La supériorité militaire actuelle va sans doute, évoluer vers un équilibre des forces. Mais là n’est pas le plus inquiétant. Les forces d’AQMI et du MUJAO se seraient réfugiées dans le massif des Ifoghas, à l’extrême nord de Kidal.

Dans cette région inaccessible, mais bien connu des rebelles radicaux, truffée de grottes il est à craindre le risque des attentats terroristes et des incursions frappant à l’aveugle tout dispositif économique, stratégique ou militaire, si le dialogue de règlement n’est pas bien conduit. L’objectif veut que plus dure sera de gagner cette paix et cette sécurité suivant l’analyse du médiateur.

Cela passe par gagner la bataille du développement par des investissements massifs dans ce Nord délaissé, choix qui ne souffre pas devant celle d’une guerre interminable, qui voudrait que soit faite place nette et qui coûterait très chère. En raison de l’équité, qui n’est pas vaine en matière de médiation, le Burkina a voulu être juste à l’égard des protagonistes, même si le Mali s’est senti humilié par cette agression et l’a exprimé avec plus d’émotion que de rationalité.

Malgré tout, l’option du dialogue demeure toujours la voie idoine pour poser sereinement les conditions de développement du septentrion malien, meurtri d’être l’éternel oublié.

Souleymane KONE

 Commentaires