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Le Pays N° 5288 du 31/1/2013

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Sibiri Alain Traoré (milieu des Etalons) : « La CAN 2013, c’est fini pour moi »
Publié le jeudi 31 janvier 2013   |  Le Pays


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© Autre presse par DR
Sport : Alain Traoré le meneur de jeu des étalons


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On jouait à peine la 8e mn du match Burkina - Zambie, lorsque l’un des joueurs sur lequel le Burkina compte énormément se blesse et abandonne ses camarades sur l’aire de jeu. Il s’agit de Sibiri Alain Traoré, très important dans le dispositif tactique de l’entraîneur des Etalons et actuel meilleur buteur de la CAN 2013. Une déchirure dont la gravité reste à confirmer, voilà de quoi souffre le métronome burkinabè. Au lendemain du match nul (0 – 0) entre les Etalons et les Chipolopolos, nous avons pu arracher quelques mots à Sibiri Alain Traoré à leur hôtel de Nelspruit en Afrique du Sud.

« Le Pays » : Comment expliquez-vous cette blessure que vous contractez moins de dix minutes après le coup d’envoi du match face à la Zambie ?

Sibiri Alain Traoré : Je ne sais comment vous le dire, mais ce sont des choses qui arrivent dans la vie professionnelle. Il faut essayer de positiver, d’aller vers l’avant, redresser la tête, penser à bien se soigner et tout faire pour retrouver la meilleure forme pour aider mon club en ligue 1 en France parce que pour la CAN, c’est déjà fini pour moi.

De quoi souffre Sibiri Alain Traoré ?

Pour l’instant, on n’a pas fait d’examen mais, à vue d’œil et vu les tests cliniques, je pense que c’est une déchirure. Maintenant, il faut attendre les résultats pour voir la gravité et la largeur de la déchirure. C’est ce qui va déterminer le temps de repos et je vais prendre mon mal en patience, en espérant vite guérir pour rejoindre mon club avec beaucoup de détermination.

Quels étaient vos sentiments au moment d’abandonner vos amis sur la pelouse ?

C’est forcément une déception. C’est le moment le plus dur pour un footballeur de savoir qu’il ne peut plus continuer. On a préparé ce tournoi avec beaucoup d’envie et on a tous voulu montrer quelque chose. Malheureusement, les choses s’arrêtent prématurément pour moi. Mais au-delà, je suis très content et fier pour la qualification de mon pays. C’est quelque chose de fort et un message que nous lançons au peuple burkinabè, de même qu’au football africain, qu’on peut désormais compter sur nous et que nous pouvons nous qualifier en étant dans un groupe où il y avait le Nigeria et la championne en titre, la Zambie, et que nous prenons la première place. Cela est la preuve que nous avons beaucoup de talent.

Au moment où vous sortiez, aviez-vous un message particulier pour vos camarades qui devaient poursuivre la bataille ?

Quand on se blesse dans une situation pareille, on pense plutôt à trouver la solution et à savoir ce qu’on a en ne pensant à autre chose. Lorsqu’après avoir quitté les vestiaires, je suis revenu sur le banc, j’étais impuissant face à l’adversaire. Je regardais, je tremblais, j’avais peur et je me suis dit qu’il ne fallait pas prendre de buts dans les arrêts de jeu parce que nous méritons sincèrement la qualification.

C’est un moment qui a été difficile pour vous puisque vous avez versé quelques larmes dans le car qui vous raccompagnait à votre hôtel…

C’est normal puisque j’étais déçu. J’avais vraiment à cœur d’aider mes camarades puisque, même si je ne veux pas le dire, je suis quand même important dans l’effectif des Etalons. Pour moi, c’est comme si je les abandonnais en cours de route alors que ce n’est pas dans ma nature de le faire. Par la force des choses, je suis obligé de les abandonner parce que je ne peux pas jouer sur une seule jambe et c’est cette déception qui me faisait couler des larmes. Mais, je suis fier pour ce qu’on a fait parce que depuis la CAN 98, il n’y a pas une équipe qui a mieux fait que notre génération. C’est une fierté parce qu’on a jamais pu gagner ni se qualifier pour les quarts de finale à l’extérieur du Burkina.

Y a-t-il comme un mauvais sort qui s’acharne sur vous depuis la CAN 2010 ? Comment est votre moral ?

En 2010, je n’ai pas joué parce que j’étais blessé, je commence blessé en 2012, et en 2013 je démarre très bien avant de me blesser alors que le tournoi n’est pas encore fini. C’est comme ça la vie d’un sportif ; il y a des hauts et des bas. Aujourd’hui, tout ce que j’ai pu faire, je l’ai bien fait et je ne me reproche rien. Je ne peux pas éviter les blessures, chacun donne son point de vue, mais j’estime avoir bien fait mon boulot. Sinon par rapport au moral, je suis un guerrier et je vais revenir.

Des échos de Nelspruit

A la veille et dans la matinée du match Etalons – Chipolopolos du 29 janvier dernier, on a aperçu de nombreux supporters du Burkina, qui logent à une trentaine de kilomètres de la ville de Nelspruit, envahir les magasins et autres marchés pour effectuer des emplettes. On se demandait bien ce qui faisait courir ces Burkinabè, et un confrère de nous interpeller en ces termes : « Tu les connais, il n’y a pas plus pessimistes que les Burkinabè qui sont convaincus, malgré les premiers résultats des Etalons, qu’ils se feront éliminés comme d’habitude ». C’est ce qui explique qu’ils ont voulu prendre les devants pour ne pas être surpris de leur retour au bercail. Heureusement que les Etalons ont su confondre certains oiseaux de mauvais augure en faisant en sorte que cela dure pour ceux qui croient. Le métronome des Etalons, Sibiri Alain Traoré, a pleuré. Sorti moins de 10 mn après le coup d’envoi, le buteur des Etalons et, pour l’instant, de la CAN 2013, a félicité ses partenaires dans le car qui les ramenait à leur hôtel parce que la CAN venait de prendre fin pour celui qui n’avait sans doute pas fini d’exploser dans ce tournoi. En effet, selon le médecin et préparateur physique des Etalons, Chris Goossens, les signes montrent que Alain Traoré souffre d’une déchirure et qu’il faut patienter jusqu’à ce jeudi 31 janvier pour confirmer à l’issue d’une échographie. Si la nuit a été bien évidemment longue à Ouagadougou, elle l’a été également pour certains à Nelspruit. En effet, dans le quartier général des envoyés spéciaux des médias burkinabè, on a passé le temps à revivre le match sur une des chaînes de télé qui rediffuse à longueur de journée les matchs de la CAN, en les accompagnant de commentaires. Certains confrères, qui avaient mis quelques petites bouteilles de boisson, appelée dans certains milieux du « biberon alcoolisé », dans les frigos, n’ont pas manqué de célébrer, à leur façon, cette qualification des Etalons.

Propos recueillis par Antoine BATTIONO (Envoyé spécial)

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