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Sidwaya N° 7340 du 22/1/2013

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Actu vert ! / Pollution au mercure : enfin un traité international
Publié le mercredi 23 janvier 2013   |  Sidwaya




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Après une semaine de difficiles négociations, la Convention sur le mercure a été adoptée samedi par quelque 140 Etats, a annoncé le ministère suisse des Affaires étrangères. Cet accord va permettre de réduire au niveau mondial les émissions de mercure très toxiques pour la santé et l’environnement. Le traité aborde la question de l’utilisation du mercure dans l’extraction de l’or artisanale, dans divers produits et procédés, ainsi que les émissions d’installations industrielles, par exemple les centrales électriques alimentées au charbon. Ce traité sera appelé la « Convention de Minamata », du nom de l’une des pires catastrophes de l’histoire, liées à l’empoisonnement par le mercure, qui s’est déroulée au Japon il y a près d’un demi-siècle. le traité oblige les gouvernements à élaborer des plans d’action interdisant les formes les plus nocives de l’utilisation du mercure, à promouvoir des méthodes d’extraction sans mercure, à protéger les enfants et les femmes en âge d’avoir des enfants, et à faire en sorte d’améliorer la santé des mineurs. Le mercure est un métal lourd très toxique pour les êtres vivants. Une exposition trop forte au mercure nuit au système immunitaire et peut entraîner d’autres problèmes comme des troubles psychologiques ou digestifs, la perte de dents, des problèmes cardiovasculaires ou respiratoires. Près de 340 tonnes de mercure sont utilisées tous les ans pour réaliser des plombages et d’autres produits dentaires, dont près de 100 tonnes risquent de se retrouver dans le circuit des déchets.
D’après une étude du Programme des Nations unies pour l’environnement(PNUE) intitulé "l’évaluation mondiale du mercure 2013", les émissions de ce métal toxique liées à l’extraction minière artisanale ont doublé depuis 2005. En raison d’une industrialisation rapide, l’Asie est désormais le principal émetteur de mercure, avec près de la moitié des rejets mondiaux. Alors que la demande de mercure a chuté à l’échelle mondiale ces dernières années, les émissions de mercure pourraient bien augmenter à l’avenir dans certaines régions d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud, prévient le PNUE. Cette hausse est due principalement à l’utilisation de cet élément hautement toxique dans les activités d’orpaillage et dans la combustion du charbon pour la production d’électricité. La hausse du cours de l’or risque d’ailleurs de provoquer une augmentation de ces émissions. Il faut savoir qu’avec la combustion du charbon, l’utilisation du mercure pour séparer le métal du minerai dans les activités d’orpaillage reste la principale source d’émissions à travers le monde. On estime ainsi à 727 tonnes les émissions annuelles causées par l’orpaillage, soit 35 % des émissions mondiales. L’augmentation de l’exposition au mercure représente une menace directe pour la santé de 10 à 15 millions de personnes qui pratiquent directement l’orpaillage, principalement en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. On estime à 3 millions le nombre de femmes et d’enfants qui travaillent dans ce secteur. Appareils électroniques, interrupteurs, piles, ampoules basse consommation et cosmétiques (crèmes éclaircissantes pour la peau et mascara, par exemple) contiennent du mercure qui risque également de se retrouver dans le circuit des déchets.
L’amalgamation de 1kg d’or nécessite 6kg de mercure. Au Burkina, son utilisation s’est accrue avec les différentes sociétés minières industrielles qui s’approvisionnent à partir du Ghana. Son commerce est assuré par des commerçants privés et les acheteurs d’or installés sur le site. Il était manipulé dans les années 2005 au Burkina par plus de 96% des orpailleurs. Le mercure est progressivement utilisé par les populations autochtones dans l’extraction alluvionnaire de l’or. Il est donc utilisé progressivement par un plus grand nombre de personnes.
Le mercure rejeté par l’industrie ou d’autres activités humaines peut persister dans l’environnement pendant plusieurs siècles. Il faudra donc sans doute des années, voire des décennies, pour que la réduction des émissions de mercure ait un effet démontrable sur les niveaux de mercure présents dans la nature et la chaîne alimentaire. D’après les études menées par le PNUE, les gouvernements, l’industrie et la société civile doivent donc intervenir rapidement afin d’intensifier les efforts de réduction des émissions et rejets de mercure. Les rapports indiquent que des retards éventuels ralentiraient le rétablissement des écosystèmes et alourdiraient la pollution héritée du passé.

Raphaël KAFANDO

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