Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Burkina Faso    Publicité
aOuaga.com NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Télévision numérique terrestre : c’est un processus irréversible
Publié le lundi 16 mars 2015  |  Sidwaya




Depuis 2011, le Burkina Faso a entrepris de relever le défi du passage à la Télévision numérique terrestre (TNT) en juin 2015, selon la directive de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Un processus complexe qui nécessite la prise de dispositions aux plans législatif, réglementaire, technique, économique et social. La mise en place du réseau est confiée à un maître d’œuvre, la Société burkinabè de télédiffusion (SBT) dirigée par Mme Kadidia Savadogo. A trois mois de la date prévue pour le basculement, Sidwaya l’a rencontré pour faire le point de cette transition numérique et répondre à quelques interrogations des téléspectateurs.

Sidwaya (S.) : Qu’est-ce que la TNT ?

Kadidia Savadogo (K.S.) : La Télévision numérique terrestre (TNT) est le mode de diffusion par voie hertzienne terrestre des programmes de télévision qui se substituera désormais au mode de diffusion analogique. Par ce mode de diffusion, les signaux vidéo, audio et les données sont numérisés, puis ordonnés dans un flux unique (le multiplexage) avant d’être modulés puis diffusés, c’est-à-dire transportés jusqu’aux téléspectateurs via les ondes. Parce procédé, la TNT permet de regrouper plusieurs programmes aux formats numériques issus de différentes chaînes de télévision, et de les diffuser sur un même émetteur numérique.

S. : Qu’est-ce qui justifie ce
changement dans le mode de
diffusion ?

K.S. : La raison est d’ordre technique. Il faut savoir que la diffusion en analogique nécessite une bande de fréquences large pour le transport des signaux et exige un canal par chaîne. A l’oppose, la TNT permet de diffuser plusieurs chaînes sur un même canal avec une meilleure qualité d’image et de son. Le passage à la Télévision numérique terrestre est donc une réponse à la demande de plus en plus forte de fréquences pour les services de télécommunication et le besoin d’améliorer les prestations des chaînes de télévision.
La Conférence régionale des radiocommunications (CRR) de l’Union internationale des télécommunications (UIT) qui s’est tenue à Genève en Suisse du 15 mai au 16 juin 2006 (GE 06) a adopté l’accord régional relatif à la planification du service de radiodiffusion numérique de terre. Et cet accord fixe la date d’arrêt des émissions de télévision analogique au 17 juin 2015 pour la bande UHF (470-862 MHZ) et le 17 juin 2020 pour la bande VHF. Il faut donc comprendre que ce n’est pas une décision unilatérale. Nous sommes obligés d’y aller et nous devons avancer.

S. : Qu’est-ce qu’un pays comme le Burkina Faso gagnerait avec le passage à la TNT ?
K.S. : Les avantages sont nombreux et se déclinent à plusieurs niveaux. D’abord pour les téléspectateurs, ils pourront accéder à plus de chaînes, généralistes ou thématiques. Cela dépendra des éditeurs dont la SBT diffusera les services, comprenez les chaînes de télévision. Ils n’auront pas à payer des abonnements mensuels ou annuels pour recevoir les chaînes du premier multiplex de la TNT. Les téléspectateurs pourront également bénéficier d’une meilleure qualité d’image et de son. Il y a aussi la possibilité pour eux de recevoir des services innovants comme la réception en haute définition, la TV portable, la TV mobile, les services de données, etc. Pour le secteur de l’audiovisuel en général, on peut retenir comme avantage la possibilité grâce à la TNT d’assurer une couverture nationale du pays et cela permettra aux chaînes de télévision qui étaient cantonnées à une ou deux villes d’augmenter leur audience et d’améliorer par la même occasion leur chiffre d’affaires. La TNT va offrir aux éditeurs qui le souhaitent, l’opportunité de créer des programmes de proximité à un coût de diffusion moins élevé qu’en analogique. Enfin, pour le secteur de la téléphonie mobile, la TNT permet de libérer les fréquences utilisées en analogique pour de nouvelles applications dans le domaine des TIC (extension du réseau mobile, licence 4G ; internet large bande, nouvelles applications mobiles…).

S : A quel stade se trouve le Burkina dans son processus de transition vers la télévision numérique terrestre ?

K.S. : Il faut dire que ce processus est irréversible, comme je l’ai dit plus haut. Et il concerne tous les acteurs de la chaîne de radiodiffusion, à savoir la production des contenus, l’émission et la réception des programmes télévisuels. Les résultats auxquels le Burkina Faso est parvenu à la date d’aujourd’hui sont appréciables d’un certain point de vue.
En effet, le cadre réglementaire a déjà été adopté à travers la loi du 22 mai 2013, de même que les décrets qui régissent désormais le secteur de l’audiovisuel dans notre pays. Avec le passage au numérique, il y a une séparation des activités d’éditeur de service qui sera le nouveau rôle des télévisions actuelles avec l’activité de diffusion qui est désormais dévolue aux opérateurs de diffusion. C’est pour cette raison que la Société burkinabè de télédiffusion (SBT) a été créée pour assurer l’exploitation du premier multiplex de la TNT. Avec l’évolution du marché et si le besoin est avéré, d’autres multiplex pourront être mis en place par des opérateurs privés.
S. : La TNT permettra de passer d’un taux de couverture télévisuelle du pays de 53% en analogique à 100% en numérique.

K.S. : Egalement les normes technologiques de compression et de diffusion ont été choisies à l’échelle de l’UEMOA. Ces normes sont le MPEG 4 AVC pour la compression et le DVB T2 pour la diffusion. Les études technologiques du réseau de diffusion numérique qui comptera désormais 35sites de diffusion, ont déjà été faites. Et il faut souligner que la transition numérique, une fois réalisée, permettra de résoudre définitivement l’épineuse question de la couverture télévisuelle dans notre pays. En effet, celle-ci permettra de passer d’un taux de couverture de 53% en analogique à 100% en numérique. Cependant, il faut reconnaître que le financement de l’infrastructure de diffusion numérique est un véritable défi pour le Burkina comme pour l’ensemble des pays africains. Le gouvernement, pour sa part, a déjà posé un certain nombre d’actes allant dans le sens de relever ce défi majeur. Aussi, des démarches pour la mobilisation des ressources sont en cours.

S. : Le Burkina sera-t-il au rendez-vous de juin 2015 ?

K.S. : La difficulté de financement de l’infrastructure à mettre en place fait que le Burkina ne pourra pas respecter l’échéance du 17 juin 2015. C’est d’ailleurs le cas de nombreux autres pays africains. Toutefois, nos autorités travaillent à réduire au maximum notre retard afin de réussir ce processus et satisfaire les attentes de nos populations.

S. : Y aura-t-il un sursis pour les pays qui ne seront pas prêts à l’échéance du 17 juin 2015 ?

K.S. : Jusqu’à ce jour, c’est toujours la date du 17 juin qui est en vigueur à l’Union internationale des télécommunications (UIT).

S. : Mais quand le Burkina aura franchi le pas de la télévision numérique de terre, que doit faire le téléspectateur pour recevoir le signal ?

K.S. : Pour les téléspectateurs, la réception de la TNT se fait immédiatement à partir des antennes sur les toits dont la forme se présente en râteaux. Il suffit de s’équiper soit d’un téléviseur numérique de norme DVB T2 MPEG 4, soit de connecter son téléviseur analogique à un adaptateur numérique de norme DVB T2 MPEG 4.

S. : Les équipements seront-ils à la portée du plus grand nombre ?

K.S. : Les réflexions sont en cours pour voir le meilleur dispositif à mettre en place afin de permettre aux populations d’acquérir les adaptateurs numériques à temps et à moindre coût.

S. : Où pourra-t-on s’en procurer. Comment savoir qu’on achète le bon matériel ?

K.S. : La vente des postes téléviseurs et des décodeurs est du ressort des opérateurs économiques qui exercent dans le domaine. Tout importateur qui le désire peut importer des postes téléviseurs numériques et des décodeurs numériques. Seulement, ces équipements doivent désormais répondre aux normes technologiques adoptées dans l’espace l’UEMOA. Un règlement interdisant l’importation des postes téléviseurs non conformes aux normes MPEG 4 AVC et DVB-T2 dans l’espace UEMOA a été adopté par les Etats. Ce règlement est entré en vigueur depuis le premier juillet 2014.Pour savoir que c’est le bon équipement, il suffira donc de lire sur l’appareil ou dans la notice.

S. : Quel message pour les téléspectateurs ?

K.S. : Nous disons au public que le Burkina n’a pas encore commencé la diffusion de la télévision numérique terrestre. Avant que cela ne soit effectif, il y aura une grande campagne de communication qui informera les téléspectateurs des dispositions à prendre pour recevoir le signal numérique. Cette communication se poursuivra tout au long du processus jusqu’à l’extinction totale de la diffusion analogique.


Armand OUEDRAOGO
(Collaborateur)
Commentaires

Dans le dossier

Presse et médias en 2015
Titrologie



Sidwaya N° 7229 du 8/8/2012

Abonnez vous aux journaux  -  Voir la Titrologie
Sondage
Nous suivre

Nos réseaux sociaux


Comment