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Exploiteuses de bois de Bobo-Dioulasso : «Ces femmes ne se sentent pas concernées par le 8-Mars»
Publié le samedi 7 mars 2015  |  AIB
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© Autre presse par Roger Nana
La ministre de la Promotion de la femme et du genre, Bibiane Ouédraogo/Boni, a animé une conférence de presse le 21 février 2015 à Ouagadougou sur la 158e édition de la Journée internationale de la femme dont le thème national est "Autonomisation économique des femmes : accès à la formation professionnelle et à l’emploi"




Le dimanche 8-Mars 2015, les femmes du Burkina Faso, à l’instar de leurs sœurs du monde entier, fêtent la 158e Journée internationale de la femme. Pour les exploiteuses du bois de chauffe de Bobo-Dioulasso, cette fête a une autre saveur. Quelques-unes de ces braves femmes dont le courage va au-delà de l’ordinaire, ont accepté de parler de leur combat quotidien.

Dans la capitale économique Bobo-Dioulasso, des femmes se démarquent des activités liées au 8-Mars, plus préoccupées qu’elles sont pour assurer un minimum vital à leurs familles.

Elles, ce sont les femmes exploiteuses du bois de chauffe. Les services de l’environnement estiment leur nombre à des centaines qui desservent la ville de Sya en bois pour la combustion. La sueur sur le visage, les mains rugueuses et le regard triste, teinté de fatigue, ces femmes disent entendre parler du 8-Mars, mais de loin. Leur principal souci est de se battre pour la survie de leurs familles.

En matière de subsistance économique, ces dames hors du commun incarnent à elles seules, des valeurs propres. Du départ de chez elles au petit matin vers 3 heures 30 ou 4 heures pour la brousse à vélo ou à charrette, elles ne regagneront le domicile familial qu’à la tombée du soleil.«Je suis fatiguée d’affronter la peur et les risques. Je suis obligée de parcourir plus de 40 km par jour avec la charrette pour offrir un repas à ma famille. Mais nous n’avons pas le choix: c’est une question de vie ou de mort! Depuis 8 ans, je suis sur la route sans relâche», dit la vieille Dohoumbiè Yaro.

Elle n’est pas seule dans cette lutte pour la survie. En effet, elles sont nombreuses à parcourir sensiblement cette distance quotidienne pour améliorer l’existence de leurs familles.

A bout de souffle sur la côte d’une colline qu’elle grimpe avec effort, les confessions de ces dames frisent la pitié et la compassion.« A la colline, nous poussons les charrettes et les vélos. Quand vous avez des enfants qui vous regardent tous les matins, qui ne dormiront pas la nuit parce qu’ils ont le ventre creux, chassés et humiliés à l’école pour leur scolarité, vous êtes obligées de vous battre et toujours vous battre pour qu’ils ne deviennent pas comme vous».

«Le 8-Mars, c’est pour une catégorie de femmes»

En 2015,les femmes réfléchiront sur le thème:«Autonomisation économique des femmes: accès à la formation professionnelle et à l’emploi», mais pour les exploitantes du bois de chauffe, le principal défi est de quitter la galère qu’elles vivent présentement.

Leur activité, disent-elles, ne leur permettra jamais de sortir de la pauvreté. Et en plus de l’effort physique fourni par elles, le marché du bois ressemble presqu’à l’esclavage.

«Vous imaginez que nous parcourons la brousse pour aller acheter le bois dans les villages à 8 000 ou 8500 FCFA pour venir le revendre à 10 000 ou au plus à 12500 FCFA. A cela, il faut déduire la taxe des services de l’environnement qui nous coûte 1 500 FCFA par semaine, et les charges liées à l’entretien des ânes ou des vélos», renchérit Habi Koné.

Ces femmes sont unanimes à reconnaitre que les politiques menées jusque là ne leur profite pas, et que l’aide accordée aux femmes comme soutien n’arrive pas toujours aux premières bénéficiaires. «Nos vraies ennemies sont d’autres femmes qui sont promptes à multiplier les magouilles pour tirer toujours profit des mannes financières destinées aux femmes. Nous sommes préoccupées par le comment nourrir nos familles et non par les réjouissances», affirme Mme Sampebgo.

Elles estiment que l’égalité entre femmes et hommes est une réalité du fait de la complémentarité entre eux.

«Nos maris sont reconnaissants des efforts que nous faisons pour couvrir leur honte.

Quel homme serait heureux que les gens du voisinage sachent que ses enfants ne mangent pas à leur faim? Nous travaillons par nos 4 à 5 voyages par semaine pour que notre misère reste entre les quatre murs», concluent-elles.


Moussa CONGO
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