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Procès des scolaires de NIANGOLOKO : Un verdict prononcé sous haute surveillance policière
Publié le mercredi 4 mars 2015  |  Le Pays
Le
© Autre presse
Le palais de justice du Burkina




Le Tribunal de grande instance (TGI) de Banfora a vidé l’affaire des scolaires de Niangoloko, le 3 mars 2015. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le président a suivi les réquisitions du ministère public contre les élèves prévenus dans cette affaire. Comme il fallait s’y attendre, la grande mobilisation des étudiants et élèves a contraint les forces de l’ordre et de sécurité à faire usage de la force pour les déguerpir du palais et de ses environnants.

« Le tribunal, statuant publiquement et contradictoirement en matière correctionnelle et en premier ressort,
-Dit que l’exception de nullité de la procédure soulevée par les prévenus est recevable mais la déclare mal fondée et par conséquent la rejette,
-Il relaxe Soulama Issiaka et Soulama Kakenien de fins de la poursuite pour infraction non constituée,
-Déclare par contre Ouattara Bakary, Ouédraogo Hamado, Ouattara Mamadou, Ouédraogo Ramatou et Traoré Kaniba dit Vieux tous coupables des faits qui leur sont reprochés.
En répression, le tribunal les condamne chacun à une peine de prison d’un mois ferme.
-Reçoit la constitution de partie civile de Samaté M. Evariste Moussa, Sawadogo/ Ouédraogo Safiatou, Diarra Sarina, Sanogo David, Boni/ Dembélé Awa,
-Reçoit également la demande reconventionnelle des prévenus,
-Déclare bien fondée celle de Boni/ Dembélé Awa,
-Déclare partiellement fondé Samaté M. Evariste en sa demande,
-Et déclare enfin mal fondés Sawadogo/ Ouédraogo Safiatou, Diarra Sarina, Sanogo David, et par conséquent les déboute de leur réclamations.
-Le tribunal déclare mal fondée la demande de reconvention des prévenus et les déboute de leur réclamation.
-Condamne en conséquence solidairement Ouattara Bakary, Ouédraogo Hamado, Ouattara Mamadou, Ouédraogo Ramatou et Traoré Kaniba dit Vieux à payer la somme de 15 000 F CFA à Boni/Dembélé Awa, et 6 600 000 F CFA à Samaté M. Evariste au titre des dommages et intérêts. -Déboute Samaté M. Evariste de sa demande ;
-Donne acte à Adoul Razakou et à Somda Hilaire de ce qu’ils ne se constituent pas partie civile,
-Condamne en outre Ouattara Bakary, Ouédraogo Hamado, Ouattara Mamadou, Ouédraogo Ramatou et Traoré Kaniba dit Vieux solidairement aux dépens. »
Mobilisation des élèves et étudiants
Tel est le verdict du procès des scolaires de Niangoloko qu’a livré le président du TGI de Banfora qui était monté spécialement pour cette affaire. En d’autres termes, ce sont les réquisitions du procureur du Faso près le tribunal de Banfora qui ont été suivies par le président du tribunal. La salle, à ce moment était archi comble car, comme il fallait s’y attendre, les élèves des lycées et collèges de Banfora avaient abandonné les cours pour se rendre au palais. Juste après la lecture du verdict, le tribunal décide de reconduire les désormais coupables, arrivés sur le coup de 7 heures et demie au palais, à la Maison d’arrêt et de correction de Banfora (MACB), en les faisant embarquer dans la pick-up de la MACB à l’arrière du bâtiment et loin du regard de leurs camarades. Pendant ce temps, le grand groupe d’élèves attendait toujours dans la salle d’audience. D’autres étaient toujours massés aux fenêtres, comme pour donner raison à quelqu’un qui a laissé entendre que tout se passait comme si les élèves n’avaient pas compris grand-chose au verdict livré par le président. C’est peu après que quelques-uns, s’étant certainement rendus à l’évidence que l’affaire venait d’être vidée et que leurs camarades en avaient encore pour une semaine voire dix jours pour certains, décident de bloquer l’entrée principale du palais. A ce moment, leurs camarades membres de la Coordination des élèves et étudiants de Bobo-Dioulasso (CEEB) font leur arrivée. A leur tour, ils donnent des directives que leurs camarades exécutent à la lettre. Pendant ce temps, aucun engin ni véhicule ne pouvait sortir du palais. Même la V8 d’un justiciable qui a manqué de peu de subir le courroux des élèves, a dû faire marche arrière. Et pendant plus d’une heure, les élèves ont bloqué le passage tout en lançant au mégaphone des slogans traitant les proviseurs de « vendus », et la Justice de « corrompue ».
Plusieurs élèves interpellés par la CRS et la Gendarmerie
Dans leur élan, ils prennent même pied dans la cour du palais, pendant que des voix, parmi eux, s’élèvent pour dire de fermer la RN7 qui passe juste devant le palais. Ce qui fut fait. Mais cette occupation ne sera que de courte durée, car la patience des forces de sécurité était à bout. C’est à ce moment qu’on a vu arriver du côté de Bobo-Dioulasso, une pick-up qui avait à son bord une équipe complète de CRS. De l’autre côté, est venue une autre pick-up avec des éléments du Poste d’intervention rapide de la gendarmerie (PSIG), tous en tenue de maintien d’ordre. Le round d’observation ne durera pas plus de trois minutes. Les scolaires, comme s’ils savaient que leurs vis-à-vis n’allaient pas tarder à passer à l’action, reculent sur près de 10 mètres. Le premier tir de gaz lacrymogène est envoyé et c’est la débandade. Alors commence une course- poursuite qui durera toute la journée, avec des moments de pic et de relâchement. Dès lors, les alentours du palais furent protégés par les forces de l’ordre et tout élève qui passait et qui était reconnu de par sa tenue scolaire, était systématiquement interpellé. Dans la foulée, environ une dizaine d’élèves ont été interpellés, et jusqu’à 13 heures, des dizaines de vélos et de motos étaient abandonnés au parking du palais de Justice et les lieux étaient toujours sous surveillance policière.
Mamoudou TRAORE
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