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Présidence de la transition : 100 jours sans état de grâce
Publié le mardi 3 mars 2015  |  L`Observateur Paalga
Transition
© L`Observateur Paalga par Frédéric Yaméogo
Transition : le chef de l`Etat expose les priorités à la presse
Jeudi 22 janvier 2015. Ouagadougou. Palais de Kosyam. Le président du Faso, président de la transition, Michel Kafando, a rencontré les patrons d`organes de presse et les responsables et représentants d`associations et syndicats de presse pour leur exposer les priorités de la transition




Politologues et historiens des temps présents, ôtez-moi d’un doute : à quelle date précise faut-il rattacher le début de la Transition, cet an 0 censé porter le sceau de la rupture politique au Burkina Faso ?

Au 31 octobre 2014, date du départ de Blaise Compaoré du pouvoir ?

Au 16 novembre 2014, événement marquant l’adoption de la Charte ?

Au 21 novembre 2014, jour de l’investiture du président de la Transition, Michel Kafando ?

Quoi qu’il en soit, sachez qu’aujourd’hui mardi 3 mars 2015, cela fait quelque 100 jours que Michel Kafando a officiellement reçu les charges de président de la Transition au palais des Sports de Ouaga 2000.



Un cérémonial qui vaut tout son pesant politique puisqu’il consacre l’instauration d’un intermède civil tel que réclamé par les Insurgés. Mais aussi et surtout par la communauté internationale qui en a fait la condition sine qua non de la poursuite de sa coopération avec les nouvelles autorités.

C’est donc véritablement à partir du sacre républicain de « Tonton Michel » que le Burkina a amorcé le retour vers l’ordre constitutionnel normal. Cent jours après, peut-on sérieusement faire un bilan ? Trop tôt. Mais vu le délai imposé aux nouveaux dirigeants, tout au plus un an, c’est déjà un quart du temps imparti qui s’est écoulé, qui plus est, dans des conditions extrêmes de pression.

En temps normal, un président nouvellement élu bénéficie généralement d’un round d’observation, ce que les politologues et les hommes de médias appellent état de grâce qui peut aller de quelques mois à une année, voire davantage.

Mais pour ce qui concerne la Transition, cette tradition républicaine n’a pas du tout été observée. Pas de trêve, même celle des confiseurs, puisque le 30 décembre dernier, le RSP faisait des siennes même si pour cette première fois, la mauvaise humeur n’a pas débordé les casernes.

En effet, à peine le tandem Kafando-Zida a-t-il mis le pied dans l’étrier que les premiers coups d’éperon se sont faits sentir pour pousser l’attelage à aller plus vite, plus haut, plus loin et surtout à garder le cap de l’insurrection.

C’est vrai que l’équipe Kafando, dans l’espoir de s’attirer la sympathie de la rue, a pris des engagements à la limite de la démagogie et multiplié les promesses à tire-larigot. D’où ces tâtonnements et ces maladresses constatés dès les premiers moments de la Transition.

Des associations, de création ex-nihilo, poussent comme des champignons pour surveiller le nouveau pouvoir. La « ruocratie », ou « rutacratie » (1), pouvoir, ou dictature de la rue, est là et surtout sait se faire entendre. Ainsi de la fronde qui a abouti au limogeage d’Adama Sagnon, à peine nommé à la tête du département de la Culture, et quelques mois plus tard à l’éviction de Moumouni Djiguimdé de son poste de ministre des Infrastructures.

Le slogan « Plus rien ne sera comme avant » devient la crème à la tarte pour protester envers et contre tout.

Le tout souvent avec des méthodes qui jurent avec les règles qui encadrent le droit de manifestation.

L’indiscipline, déjà inquiétante au Faso, a atteint des sommets inégalés sur l’échelle de Richter de l’incivisme. Certes, le phénomène sévissait déjà sous l’ancien régime. Mais on se disait que c’était là la manifestation à bon compte d’un ras-le-bol de citoyens contre un pouvoir, un pouvoir qui n’en finissait pas de s’éterniser. Il faut craindre qu’avec cet esprit d’insurrection permanente, le «Plus rien ne sera comme avant» ne tourne en un véritable délitement de l’autorité de l’Etat et à un mépris généralisé de l’intérêt général. Comme l’ont montré l’intifada contre la mine d’or de True Gold à Namissiguima et tout récemment le saccage de celle de Tambao par les populations riveraines.

Tout se passe comme si la Transition est l’occasion rêvée pour solder de vieux comptes avec l’Etat, ses démembrements ou des sociétés industrielles accusées, à tort ou à raison, du mal-être qui enserre nombre de Burkinabè. Même côté de certains partenaires sociaux traditionnels comme les syndicats, l’impatience a parfois pris le dessus puisque la Transition a connu ses premières 48 heures de grève les 17 et 18 février dernier.

On ne cessera pas de l’écrire, les attentes au niveau de la justice sociale, de la traque des biens mal acquis et tutti quanti sont toutes aussi longues que légitimes. Mais, c’est un truisme que de le dire, elles ne peuvent pas toutes avoir réponses dans le cadre d’un gouvernement de transition.

Que dire des émoluments des députés du CNT dont les premiers montants ont révolté la conscience des insurgés ? Ou de cette question obsessionnelle du RSP, «cette épine au pied de la Transition», pour reprendre l’expression du président Kafando ?

Là aussi, plusieurs voix, et non des moindres appellent à la dissolution ici et maintenant d’un corps d’élite qui, quoiqu’il puisse sentir le soufre, n’en demeure pas moins indispensable dans le dispositif sécuritaire national. Veut-on pousser le président actuel à attraper la tête du chien enragé en l’absence de son maître, avec tout ce que cela comporte comme risques ?

Ainsi donc dans l’impossibilité objective de faire bouger les lignes au rythme souhaité par les « Forces vives de la nation », les autorités de la Transition se sont retrouvées quelquefois en porte- à- faux avec des acteurs de nos « Quatre Glorieuses » En atteste la baisse de leurs cotes de popularité respectives selon un récent sondage réalisé par l’hebdomadaire « Bendré » et l’économiste-statisticien, Honko Roger Judicaël Bemahoun. Un sondage qui vaut ce qu’il vaut mais qu’on aurait tort de balayer du revers de la main.

Mais si on recadre les choses dans les limites de la feuille de route tracée par la Charte et adoubée par la communauté internationale, on se rend vite compte que le plus grand défi est en passe d’être relevé. A savoir l’organisation d’élections libres, transparentes et équitables dans les délais requis. Puisque tel est, en effet, l’objectif final et sur lequel la Transition devra être jugée.

Déjà, d’une part, il y a un calendrier électoral qui a fait l’objet d’un consensus au sein de la classe politique et, de l’autre, les moyens mis à la disposition de la CENI pour organiser une révision exceptionnelle de la liste électorale dont la cérémonie de lancement est prévue aujourd’hui, mardi 3 mars.

Sans doute que les déçus de la remise à plus tard du vote des Burkinabè de l’étranger resteront sur leur faim.

Mais quand on entend le gouvernement et la CENI sur cette affaire, on ne peut que se ranger à leur argumentaire sur l’impossibilité que nos compatriotes de la diaspora participent au scrutin du 11 octobre prochain.

Du latin « ruta » qui signifie rue

Alain Saint Robespierre
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L`Observateur Paalga N° 8221 du 27/9/2012

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