Accueil    Shopping    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Burkina Faso    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article



 Titrologie



Le Quotidien N° 670 du 10/1/2013

Voir la Titrologie

  Sondage


 Autres articles


Comment

Société

Règlementation de la mise en circulation des tricycles : 98 engins saisis par la police
Publié le jeudi 10 janvier 2013   |  Le Quotidien




 Vos outils




Depuis lundi 5 janvier 2013, la police municipale de Ouagadougou procède au contrôle de la conformité de la mise en circulation des tricycles avec le décret du 5 juillet 2012 portant conditions et modalités d’exploitation à titre onéreux et pour compte propre des vélomoteurs, motocyclettes, tricycles et quadricycles à moteur. Jusqu’à la matinée d’hier, ce sont 198 tricycles qui ont été saisis et déposés à la direction de la police municipale. Au cours d’un point de presse organisé dans ladite direction, le maire sortant de la commune Simon Compaoré réaffirmer la détermination de la mairie à poursuivre les actions de mise à pied des contrevenants. Par ailleurs, le maire Simon Compaoré a dit ne pas être au courant de quelque augmentation du prix de parking et a promis « de faire régner la discipline » dans le domaine.

Selon les termes de l’article 30 du décret du 5 juillet 2012, les exploitants des tricycles ont un délai de 6 mois à compter de la publication du décret pour se conformer aux dispositions édictées. Le maire Simon a expliqué que le délai étant échu, des opérations de contrôle ont commencé depuis le lundi 5 janvier 2013 et se poursuivront. A en croire le bourgmestre sortant de la ville de Ouagadougou, dans la seule matinée d’hier jusqu’à l’heure de la tenue de la conférence de presse, ce sont 8 tricycles qui ont été saisis. Ce chiffre porte à 98, le nombre total des engins de ce type saisis et garés dans l’enceinte de la direction de la police municipale de Ouagadougou. En présence des conducteurs de tricycles dont les engins ont fait l’objet de saisie, Simon Compaoré a donné lecture du décret réglementant la mise en circulation des tricycles en insistant sur leurs conditions d’exploitation à titre onéreux. Entre autres conditions fixées par ledit décret, le conducteur du tricycle doit être âgé d’au moins 18 ans, les heures de circulation de ces engins sont comprises entre 5 h et 19h, le transport de plus d’un passager est interdit, l’engin doit être assuré et faire l’objet d’une visite technique

périodique de chaque 6 mois. L’exploitant doit, en outre être muni d’une licence d’exploitation et le conducteur est soumis au port obligatoire de casque. Si certaines conditions semblent être acceptées par les exploitants des tricycles d’autres, en revanche, sont dénoncées avec véhémence. Les exploitants ont souligné que le permis adapté à leur engin est difficile à obtenir auprès des écoles de conduite.

Boureima Ayikèm, responsable de l’Union nationale des motos bagagistes a relevé un problème fondamentalement technique dans l’obtention d’un tel permis et a pointé du doigt le ministère des transports d’être à la base de ces problèmes. « Beaucoup de nos membres se sont inscrits dans les autos écoles mais, il n’y a pas de faisabilité, il n’y a même pas de créneau pour ce type de permis. Je ne tiens pas le maire responsable de cette situation, c’est le ministère des transports qui est en est tenu. Maintenant que le délai est expiré, nous nous retrouvons dans une situation chaotique », a-t-il déclaré. Un conducteur, du nom de Seydou Derra fait partie du lot des contrevenants pris par les agents de la police municipale. Devant la direction de la police municipale, il s’insurge contre des mesures qu’il dit irréalistes. Il a témoigné avoir passé vainement plus de 6 mois dans la quête du permis de conduire. Quant à l’assurance des engins, le responsable de l’Union nationale des motos bagagistes a affirmé que tous les détenteurs des tricycles sont informés et qu’à ce niveau, ils assumaient. Pour ce qui concerne la visite technique, il a souligné que pour des raisons propres au Centre de contrôle des véhicules automobiles, les conducteurs de tricycles n’ont pas encore pu se conformer à cette disposition. Il dit être en attente d’une convocation du directeur général du CCVA. A propos, le maire Simon Compaoré a rassuré qu’il prendra attache avec cette structure en charge de la visite technique pour qu’elle programme les détenteurs de ces engins. Le décret fait obligation au conducteur et au passager éventuel qu’il transporte de porter un casque. En réaction à cette disposition, certains conducteurs ont affiché une opposition farouche à cette mesure. Ils ont estimé que le casque leur empêchait certains gestes d’attention comme regarder par derrière. « Sans casque déjà, ce n’est pas aisé, et on nous exige le port du casque. On ne peut pas accepter cela. Nous demandons qu’ils revoient la mesure », a confié Seydou Derra. A la question de l’appropriation du contenu du décret par les détenteurs et conducteurs de tricycles, le maire sortant de la commune de Ouagadougou a confié qu’une rencontre d’information a été organisée le 16 septembre 2012 à la Maison des jeunes et de la culture jean Pierre Guingané et avait abouti à une explication des différentes dispositions et à une remise des copies des documents. Selon le maire Simon, suffisamment de temps a été consacré à la sensibilisation et à l’information. « De plus, a-t-il soutenu, nous leur avons accordé assez de temps. Nous avons interpelé et relaxer de nombreux contrevenants. Nous pensons qu’en même temps qu’on sensibilise, il faut faire autre chose ». Cependant, le Boureima Ayirikèm a déploré le manque de collaboration de la mairie dans le sens de permettre à son Union de mener à bien son rôle d’information et de sensibilisation de ses membres. Il a cité comme exemple, le refus de la mairie d’accorder à l’Union, une place devant la maison du peuple aux fins d’installation d’un kiosque d’information. En tout cas, le maire Simon a déclaré que la sensibilisation se poursuivra mais aussi la répression car, a-t-il avancé, « on ne saurait permettre des actes qui peuvent entrainer mort d’hommes ». Il a affirmé que la mairie est en concertation avec la brigade des sapeurs pompiers pour évaluer et établir le nombre des accidents occasionnés par les tricycles.

Le décret donne des prérogatives aux autorités communales de fixer certaines modalités d’exercice de cette activité de transport en commun. Il s’agit entre autres de la détermination d’une couleur unique pour tous les tricycles, le numéro d’identification qui diffère du numéro d’immatriculation, la détermination de la taille de la carrosserie et l’aménagement de points de stationnement. Concernant ces différentes modalités, le maire a expliqué que des espaces de concertation avec les organisations de ce secteur d’activités pour en donner et préciser les contenus. Les 98 tricycles ont été saisis pour des infractions diverses. Selon le maire, ces infractions sont relatives au défaut de la visite technique, le défaut de carte grise, le non port de casque, les surcharges, le surnombre et le transport mixte. Hormis le défaut de carte grise et d’autres infractions d’une certaine gravité, le maire a expliqué aux contrevenants massés à ses côtés qu’ils pourront entrer en possession de leurs engins après paiement des contraventions.

Selon l’officier de police municipale, le défaut de carte grise oblige au paiement d’une amende de 3000 FCFA et concernant le défaut d’assurance et de la visite technique, les contrevenants sont exposés au versement de la somme de 25 000 FCFA. Face à la détermination des autorités communales à faire prospérer l’application du décret et la faroucherie des exploitants des tricycles, l’atmosphère est tout sauf amicale. Pendant que nous nous apprêtions à quitter les lieux, un agent qui conduisait un conducteur de tricycle vers la direction de la police municipale à été contraint de libérer le contrevenant par les conducteurs et détenteurs de tricycles présents dans les lieux. Quelques unités de la Compagnie républicaine de sécurité ont été très vite déployées sur les lieux. Mais, le maire reste convaincu que les opérations se poursuivront même après son départ en février prochain. « Même la nouvelle équipe n’aura pas intérêt à être complaisant en la matière » a-t-il mandé

Par Roger M. KABRE

 Commentaires