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Meurtres d’Etat en Gambie : L’UA et la CEDEAO doivent agir
Publié le jeudi 6 septembre 2012   |  L’Observateur


Le
© AFP par SEYLLOU
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, s`entretient avec ses homologues de la Gambie Yaya Jammeh et du Soudan Omar el-Béchir
13 Mars 2008. Dakar.


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Le 19 août 2012, le président gambien Yaya Jammeh annonçait sa décision de faire exécuter tous les condamnés à mort qui sont dans les prisons de son pays ; et il est passé à l’acte le 27 août dernier. Une quarantaine sont encore dans le couloir de la mort, qui risquent d’être passés par les armes d’ici la mi-septembre. C’est pourquoi des voix s’élèvent de partout pour que cessent ces «meurtres d’Etat» et que ces condamnés aient la vie sauve. C’est dans ce sens que nous publions cette déclaration émanant d’Afrimap, un projet pour l`observation et le plaidoyer sur la bonne gouvernance en Afrique. Signée par plusieurs organisations de la société civile, cette déclaration appelle les organisations régionales et africaines à faire pression sur le président Jammeh pour qu’il abandonne l’idée de tuer tous les condamnés à mort.

La récente exécution de neuf condamnés à mort à Banjul, par suite de l’ordre donné par le chef d’Etat gambien Yaya Jammeh peut être assimilée à des meurtres. La nature imprudente de la déclaration du chef d’Etat, appelant à leur exécution alors que le cas d’au moins un des exécutés était pendant devant la Cour d’appel, ainsi que les insuffisances manifestes du système judicaire gambien font état d’une procédure injuste comparable à un meurtre prémédité.

Cette évolution de la situation est tragique et toute pression est opportune pour que nous puissions mettre un terme à ce profond mépris de la vie en Gambie. Le monde ne peut rester indifférent alors que de tels massacres parrainés par l’Etat se poursuivent. M. Jammeh a confirmé que les personnes qui se trouvent dans le couloir de la mort, au nombre approximatif de quarante-deux (42), seraient exécutées d’ici la mi-septembre.

Après ces actes méprisables, ce qui nous importe n`est pas de savoir si la Gambie peut appliquer la peine de mort ou non, mais plutôt de savoir si un système judiciaire truffé d’imperfections et susceptible de manipulations flagrantes peut prendre des décisions impartiales sur la question de la peine de mort.

Les faits sont aberrants, car même les garanties de la Constitution gambienne, bien qu‘imparfaites, n`ont pas été respectées. Le simple respect de la loi dans l`exécution d`une peine capitale, même si elle ne répond pas aux normes internationales, n’a pas été fait. Le fait est que les droits de l’Homme à la base ont été carrément violés.

L’avocat de l’exécuté, Lamin Darboe, a déclaré que la Cour d’appel gambienne n’avait pas encore statué sur l’appel interjeté par son client au moment de l’exécution de la sentence.

Selon d’autres informations, au moment des faits incriminés, le condamné Buba Yarboe ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales et se trouvait dans le même état pendant son exécution.

Il est vraisemblable que ces actes du gouvernement de Banjul vont continuer. L`Union africaine (UA), la CEDEAO et les dirigeants africains doivent exprimer une réponse urgente et ferme afin de faire savoir à M. Jammeh qu`il est allé trop loin et que le monde est consterné.

Le droit à la vie tel que reconnu par l`article 4 de la Charte Africaine est un des droits les plus élémentaires et sacro-saints. Toutes les caractéristiques de ce droit doivent être considérées avec la plus grande prudence et le plus grand sens des responsabilités. Ce qui se passe en Gambie viole tout ce que la CEDEAO et l`Union africaine (UA) représentent.

C`est le comble de l`insensibilité exécutive. Ce n`est plus une question de souveraineté derrière laquelle les dirigeants se cachent pour entériner la dictature et l`impunité ; il s`agit d`une situation d`urgence qui exige des mesures urgentes pour empêcher un meurtre et placer la protection de la vie des condamnés à mort en Gambie au-dessus de toutes les autres considérations. C`est pourquoi M. Jammeh doit être arrêté.



«Ce genre de pratiques ne peut être toléré ni en Gambie ni nulle part ailleurs»



La CEDEAO et de l`UA doivent sans ambages dire au président Jammeh de renoncer à ses agissements d`exécution des condamnés à mort, surtout lorsqu’il est établi que la Justice et les systèmes en Gambie sont truffés d’imperfections et cèdent facilement le pas devant la pression de l’exécutif et surtout la manipulation présidentielle.

Si l`UA et la CEDEAO restent muettes sur cette question, elles enverront le mauvais message que les dirigeants africains donnent tacitement leur bénédiction à la tyrannie et à l`impunité.

Il est temps pour la CEDEAO et l`UA de dissiper l`idée selon laquelle la non-ingérence laisse place à une politique d`indifférence. Elles, la CEDEAO et l’UA, doivent démontrer que les engagements en matière de droits de l`homme et de gouvernance auxquels elles astreignent leurs membres doivent être respectés et suivis. Le silence de la CEDEAO, de l`UA et des différents dirigeants africains laisse penser que l`Afrique est complice du comportement irresponsable des tyrans comme Jammeh.

Il existe plusieurs options pour faire face au gouvernement de la Gambie : l`interdiction de voyager, le gel des actifs financiers et autres ressources économiques, la suspension de l`appui budgétaire, technique et du renforcement du secteur de la sécurité et du système judiciaire, la suspension de la coopération militaire, le boycott des fonctions diplomatiques de l`Etat gambien.

Sans oublier, dans le même temps, davantage de soutien aux organisations de la société civile, notamment celle de la diaspora gambienne.

Une combinaison de ces mesures doit maintenant être imposée à M. Jammeh et ses acolytes. Des enquêtes internationales sur la torture, la détention illégale, les disparitions forcées et la corruption endémique devraient également être envisagées. La Gambie a démontré qu`elle ne pouvait plus abriter la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Le siège de la Commission devrait alors être déplacé pour donner un signal fort et clair que l`Union africaine respecte et tient à faire respecter les droits humains. Une simple condamnation ne suffit pas. L`Afrique a besoin de se démarquer de ce comportement et de démontrer par des actions fortes que ce genre de pratiques ne peut être toléré ni en Gambie ni nulle part ailleurs.

Listes des associations signataires de la déclaration

Article 19- West Africa

Civil society associations of Gambia

Federation of african journalists

La Fédération internationale des journalistes

Open society initiative for West Africa (OSIWA)

Union panafricaine des avocats

West african civil society institute (WACSI)

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