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Décès lors du soulèvement populaire: Amnesty international réclame une enquête
Publié le vendredi 16 janvier 2015  |  FasoZine
Yves
© Autre presse par DR
Yves Traoré, Directeur Exécutif d’Amnesty Burkina




« Qu’est-ce qu’ils avaient dans la tête pour tirer sur les gens?» C’est l’intitulé d’un rapport qu’Amnesty International a rendu public ce jeudi 15 janvier 2015 à Ouagadougou. L’ONG de défense des droits humains s’interroge ainsi sur la répression militaire qui s’est abattue sur les manifestants lors des évènements des 30 et 31 octobre 2014 et qui ont fait plusieurs morts.

Une dizaine de personnes ont perdu la vie tandis que de nombreuses autres personnes ont été blessées suite à l’utilisation d’armes par des éléments du Régiment de sécurité présidentiel (RSP), ainsi que par des gendarmes et d’autres militaires les 30 et 31 octobre 2014. Amnesty International dénonce cet état de fait et indique qu’en droit burkinabè, l’armée nationale, le RSP et la gendarmerie ne peuvent intervenir dans le domaine de l’ordre public que dans certaines conditions très spécifiques.

Or, à en croire l’ONG dirigé par Yves Boukari Traoré, ces conditions n’étaient pas réunies lors des troubles récents. De plus, a-t-il expliqué, il y a eu un recours délibéré et excessive à la force, face à des individus qui ne constituaient une menace pour personne. Lorsqu’elles ont tiré sur ces manifestants, indique Amnesty, les forces de sécurité, dont le RSP, n’ont pas réagi en légitime défense, aucun avertissement n’a été donné et ils n’ont pas cherché à négocier avec les manifestants ou à disperser les foules par d’autres moyens.

Usage de bâtons et cordelettes

Un témoin, interrogé par Amnesty International, assure : « Si les forces de sécurité avaient tiré des tirs de sommation, nous serions partis. » Un autre témoin a raconté comment Tibo Kabré, un homme de 46 ans qui se tenait juste à côté de lui, a été abattu alors qu’ils s’approchaient de soldats dans la rue menant au palais de Kosyam. « Nous avons soulevé nos mains pour montrer que nous n’étions pas armés et nous nous sommes mis à chanter l’hymne national, certains criaient ’’Blaise dégage !’’. Tout à coup, les militaires nous tiraient dessus, c’était la débandade, on courait dans tous les sens, des gens sont tombés devant moi. Un des blessés graves, Tibo Kabré, a été emmené à l’hôpital Yalgado, il est décédé peu de temps après. »

En plus de tirs à balles réelles, les auteurs de ces violences ont utilisé des bâtons et des cordelettes pour tabasser et fouetter des manifestants et des passants, y compris des enfants. Au moins un journaliste a été roué de coups par des soldats, note le rapport, qui remarque aussi que beaucoup de morts ont reçu des balles dans le dos, ce qui veut dire qu’elles fuyaient.

Décès par asphyxie et déshydratation

Le rapport d’Amnesty International affirme aussi que, le 30 octobre, « des gardiens de prisons ont tué par balles trois détenus de la prison centrale de Ouagadougou. Deux autres sont décédés par asphyxie et déshydratation après avoir passé trois jours enfermés dans leur cellule. Le gouvernement de transition a mis en place un comité ad hoc pour dresser le bilan des violations des droits humains commises suite à « l’insurrection populaire » mais ce comité n’était pas chargé de mener des enquêtes ».

D’où l’appel lancé par Amnesty au gouvernement de transition afin qu’il ouvre des enquêtes approfondies et impartiales sur ces cas mais aussi sur toutes les violations des droits humains. « Ils ont montré, du moins oralement, qu’ils étaient engagés à faire la lumière sur ces questions. Nous voulons qu’ils passent maintenant à l’action », a ajouté Christian Ouédraogo, membre de Amnesty Burkina.

A la présentation de ce rapport étaient présents des parents de victimes ainsi que des blessés des évènements des 30 et 31. Tous ont appelé à la justice après avoir fait aux journalistes des témoignages sur les derniers moments de la vie de leurs parents.

Inoussa Ouédraogo
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