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Transition au Burkina : Enfin les linéaments d’un agenda!
Publié le lundi 5 janvier 2015  |  Aujourd`hui au Faso
Nouvel
© aOuaga.com par A.O
Nouvel an : les corps constitués présentent leurs voeux au chef de l`Etat
Mardi 30 décembre 2014.Ouagadougou. Palais présidentiel de Kosyam.Les corps constitués de l`Etat ont présenté leurs vœux de nouvel an au Président du Faso, Michel Kafando, et à son épouse, Marie Kafando




Ceux qui de façon sincère, trépignaient d'impatience ou encore qui évoquaient l'absence d'un calendrier électoral, question «d'emmerder» les autorités de la transition en sont pour leurs frais.

Tout se fera dans le sérieux et la sérénité et le pouvoir de transition y travaille à son timing, bref elle accomplira la mission fondamentale à elle confiée, tant pis pour les Cassandres qui pronostiquaient un pilotage à vue !

Ainsi, dès demain 6 janvier, le n°1 burkinabè aura une rencontre avec tous les responsables politiques pour accorder les violons sur ce calendrier, afin de proposer cette feuille de route au groupe de contact de la CEDEAO, le 13 janvier à Ouagadougou.

Enfin, les sillons d'un agenda électoral qui semblait être un sujet tabou, tant il était occulté dans les débats : on parlait de justice, de nettoyage des écuries du régime déchu,...mais point d'élections qui intéressent pourtant les Burkinabè, pressés qu'ils sont d'élire pour la première fois de l'histoire du pays, un président civil.

Et pour une élection aussi cruciale, et pour respecter l'esprit et la lettre de la charte, le président Kafando a levé la suspension qui frappait le CDP, l'ADF/RDA et la FEDAP/BC. Une sanction qui était une mise en garde contre ce qu'il a appelé «un activisme débordant».

Mise sur la balance du trébuchet, cette mesure de magnanimité sonne comme une reculade, qu'il faut mettre sur le compte non de la faiblesse, mais de l'esprit de la réconciliation. En effet, peut-on même si Blaise est tombé, organiser des élections supposées transparentes et censées fermer la douloureuse parenthèse, en excluant des formations politiques, tels le CDP et l'ADF/RDA ?

La catharsis transitionnelle est inséparable d'un large ratissage même avec d'ex-boutefeux qui ont conduit le pays là où il se trouve, tout en espérant qu'ils sauront battre leur coulpe et faire profil bas. C'est le moins qu'on puisse attendre d'eux.

Autre décision importante prise à l'orée du nouvel an, les moyens qui seront mis à la disposition de la famille Sankara pour l'exhumation et le test ADN du père de la révolution, dont la sépulture se trouve à Dagnoën. Confirmation d'une mesure prise dès novembre, le jour même où Michel Kafando s'est emparé du sceptre de la charge présidentielle. Mais aussi, un clin d'œil à tous ces jeunes, sankaristes qui ne l'ont pas connu, mais qui ont fait l'insurrection des 30 et 31 octobre, bref, un juste retour de l'ascenseur à ses mandants ! Idem pour Norbert Zongo dont le nouveau procureur Laurent Poda aura à refaire un travail judiciaire très attendu par les justiciables.

Au sujet des jeunes justement, qui ont porté Michel Kafando et son gouvernement au pouvoir, un effort en matière de promotion de l'emploi sera fait par la «mobilisation de ressources additionnelles» : toutefois, point besoin de s'attendre à un miracle, vu la brièveté de la transition et même le contexte national et international.

A un certain moment, pour peu qu'on n'ait pas suivi la télévision ce 31 décembre, au moment du message, tout en écoutant la voix, certains auraient parié que ce n'était pas Michel Kafando qui s'exprimait, tant le ton était devenu souvent comminatoire et ferme : face aux contestations anarchiques, aux agitateurs invétérés, aux délateurs et menteurs, «la transition sera sans état d'âme».

Un peu de fermeté de la part du chef de l'Etat ne fait pas de mal, surtout si c'est pour restaurer l'autorité de l'Etat. Parce qu'elles cristallisent tant de colères sincères ou feintes, certaines nominations font l'objet de récusations qui, si dans certains cas d'espèce sont justifiées, commencent à gripper le fonctionnement même de la transition et à impacter l'autorité des gouvernants. En sifflant la fin de la récréation, Michel Kafando montre la voie : l'anarchie et les manifs inutiles tout juste bonnes pour certaines associations ou corporations de se taper un coup de com. ou de faire monter les enchères pour négocier des prébendes politiques, c'est terminé !

La démocratie apaisée, qui passe par des élections acceptées qu'appelle de tous ses vœux Michel Kafando, passe par une transition calme. Or, la saute d'humeur du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) le 30 décembre 2014, vient rappeler et de manière tonitruante, que rien n'est gagné à l'avance. Ce fut le grand oubli du président du Faso, lors de ce discours. Ce mini remake de 2011 du RSP, qui eut pour cadre le camp de Kosyam, est la preuve que les vieilles scories demeurent bien vivaces.

Passe encore que cette élite de la grande muette donne de la voix pour des revendications corporatistes tout comme le font des syndicats, en quête d'une amélioration de leurs conditions de vie. Encore qu'ici le mouvement s'est fait avec des armes en bandoulière ! Et en outre, un mouvement du RSP n'est jamais simple, et a toujours des conséquences incalculables, tant il a été au cœur du pouvoir, pour ne pas dire qu'il est le pouvoir même, à l'heure actuelle.

(Lire News page 2). Mais lorsque ces sorties se multiplient...

Tout en espérant que le RSP restera républicain et accompagnera tout comme le reste de l'armée, les autorités de la transition jusqu'à bon port, il faut souhaiter qu'une solution soit trouvée, qui satisfasse et les éléments du RSP et les Burkinabè.

C'est un grand défi également pour la transition dans un pays, où pouvoir suprême et militaires sont consubstantiels, depuis 1966.

Zowenmanogo ZOUNGRANA
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