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Salif Diallo à propos de la transition : « la constitution du 2 juin 1991 est dépassée »
Publié le samedi 20 decembre 2014  |  Le Pays
Koudougou
© aOuaga.com par G.S
Koudougou : le MPP clôt sa rentrée par un meeting
Samedi 18 octobre 2014. Koudougou (région du Centre-Ouest). Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, opposition) a clos sa rentrée politique débutée le 11 octobre à Ouagadougou par un meeting régional. Photo : Salif Diallo, 1er vice-président du MPP




Dans sa volonté de participer à la construction des paradigmes socioéconomiques et politiques qui gouverneront le Burkina de demain, l’Association Faso action renouveau (FAR), née au lendemain de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre derniers, a organisé une journée de réflexion. Celle-ci s’est déroulée le jeudi 18 décembre 2014 à l’Université de Ouagadougou et avait pour thème, « les défis majeurs de la transition ».

Dégager les grandes orientations de la transition au Burkina. C’est à cet exercice que s’attèle la toute jeune association Faso action renouveau (FAR), qui a vu le jour au lendemain de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, et qui a initié une journée de réflexion le 18 décembre dernier à Ouagadougou. Le président du FAR, Augustin Bambara, a indiqué que cette journée s’imposait parce qu’en faisant partir Blaise Compaoré et son régime, la jeunesse exprimait ce qu’elle ne voulait pas et l’association veut ainsi se faire le porte-parole de cette jeunesse. C’est pour cela que le FAR a choisi comme thème de cette journée, « les défis majeurs de la transition », thème qui a été développé autour de grandes thématiques. Ainsi, le Dr Salif Diallo, qui est intervenu sur les défis politiques de la transition, a introduit le sujet en faisant savoir que l’impression qui se dégage actuellement au Burkina, « c’est que nous sommes dans le tâtonnement et il faut tracer les lignes pour réussir la transition ». Il est revenu brièvement sur l’origine de l’insurrection populaire, en soulignant que s’il y a une question qui a uni la société civile et les partis politiques de l’opposition, c’est bien l’alternance et la volonté de lutter contre l’instauration d’un régime monarchique avec Blaise Compaoré. Pour le Dr Salif Diallo, les défis de la transition sont multiples et dans un premier temps, dit-il, il y a le défi sécuritaire. A ce sujet, il a expliqué que tous ceux qui ont contribué à l’insurrection populaire n’ont pas conquis l’appareil d’Etat, et il a fallu faire avec une fraction de l’armée qui avait la réalité des armes, et qu’il qualifie de patriotique. Il a abordé le défi politique qui veut que le pouvoir de la transition, qui est bref et qui n’a pas de programme, puisse très vite donner les dates des échéances électorales. Pour ce qui est de la normalisation, Salif Diallo a relevé qu’à son avis, « la Constitution du 2 juin est dépassée et doit être inscrite dans l’agenda de l’après 2015 », parce que, selon lui, on ne peut pas la revoir en cette période de transition. Répondant à une réaction sur sa participation au régime de Blaise Compaoré, il reconnaît y avoir pris part comme bien d’autres Burkinabè, et déclare que quand il s’agissait de dire que tel acte politique n’était pas bon, lui Salif Diallo l’a toujours fait savoir, même en Conseil des ministres ou en d’autres circonstances. Et la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, affirme-t-il, c’était la volonté de Blaise Compaoré de modifier vaille que vaille l’article 37 de la Constitution.

Des garanties normatives et juridictionnelles

Le Pr Augustin Loada, qui est intervenu par la suite, s’est interrogé sur ce qu’on peut faire en 11 mois. Difficile d’y répondre, affirme-t-il, tout en déclarant que les attentes et défis sont nombreux. Si on ne peut pas tout faire, le Pr Augustin Loada estime qu’on peut organiser des élections tout en gérant le quotidien, ajoutant qu’il ne s’agit surtout pas de les organiser comme on le faisait auparavant, mais de façon sincère, transparente, équitable et démocratique. Pour lui, les comportements doivent changer. Concernant la Constitution, il se demande s’il faut la reprendre à zéro ou s’il faut procéder à son toilettage, mais ce qui est évident, souligne-t-il, qu’il est important de revisiter les règles du jeu et d’avancer pour l’instant sur la base du consensus. Il a aussi été question de la justice transitionnelle, et c’est le directeur de publication du quotidien l’Observateur paalga, Edouard Ouédraogo, qui a fait cette communication. Pour lui, la justice est un concentré de vertus. Il pense qu’avec le changement qui s’est opéré, on pourrait organiser une conférence nationale, mais pas comme celle qu’on a connue dans certains pays du continent. Il s’agit, dit-il, d’une remise à plat des questions de crimes de sang, pour qu’éclate la vérité pour une vraie réconciliation nationale. Me Halidou Ouédraogo, qui est intervenu pour apporter sa contribution, a souligné que la question sécuritaire est importante dans cette transition, et que l’insurrection populaire est le résultat de la patience et de la lutte menée par les uns et les autres depuis des années. Par rapport à cette transition, le Pr Luc Marius Ibriga, qui a été l’un des modérateurs, a relevé qu’il faut des garanties normatives, juridictionnelles et une veille citoyenne active. Le président du FAR, Augustin Bambara, a indiqué que les conclusions de cette journée de réflexion vont faire l’objet d’un rapport qui va être remis au gouvernement et au Conseil national de transition pour que, dit-il, chacun puisse en tirer le maximum de profit. Il n’a pas manqué de souligner que leurs actions dans ce sens vont se poursuivre, même après la transition.

Antoine BATTIONO
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