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Pôle de croissance A quand «Sourou pôle» ?
Publié le mercredi 17 decembre 2014  |  Sidwaya




Le 11-Décembre, fête de l’indépendance du Burkina Faso a été célébrée cette année dans la région de la Boucle du Mouhoun. Zoom sur les potentialités économiques de la région en l’occurrence une des provinces à savoir Sourou.

Avec un périmètre aménagé de 6058 hectares et une superficie aménageable de 30 000 hectares (ha), la vallée du Sourou remplit toutes les conditions pour devenir un pôle de croissance selon les autorités locales. La vallée se compose des anciens périmètres larges de 3596 ha et des nouveaux terrains de Dî de 2240 ha aménagés par le Millenium challenge account (MCA). La vallée du Sourou est partagée principale par la commune rurale de Dî et celle de Lanfiera. En hivernage, les céréales sont cultivées et en saison sèche les producteurs pratiquent la culture maraîchère. Selon le rapport 2013 de l’Autorité de mise en valeur de la vallée du Sourou (AMVS), la production du maïs était de 11 920 tonnes et celle du riz à 6427. Au rang des cultures maraîchères, on note l’oignon, la tomate, le haricot vert et bien d’autres produits de jardin. Par exemple en saison sèche, la production d’oignons peut occuper une superficie allant de 1500 à 1800 ha sur les anciens périmètres, selon l’AMVS. Les agriculteurs avaient enregistré un rendement de 39354 tonnes d’oignons et de 4203 de tomates pour l’année 2013. Les exportations d’oignons de la vallée du Sourou entre 2011 et 2012 à destination de la Côte d’ivoire et du Ghana s’élevaient à 9662 avec un chiffre d’affaires de plus 891 millions de FCFA.
Selon le directeur des affaires foncières, de la formation et de professionnalisation agricole de l’AMVS, Moussa Zida, environ 5 600 personnes travaillent sur le site. Pour lui, Sourou a une capacité de stockage d’environ 600 millions de m3 d’eau. «La réalisation des vannes par le MCA permet de remplir le réservoir de Sourou pour irriguer ces périmètres», précise-t-il. La ressource halieutique n’est pas négligeable. « Le Sourou est entrain de prendre le premier pas au niveau national. Nous avons une grande production de poisson frais et fumé dont les exploitants sont organisés en union des pêcheurs et en union des transformatrices de la vallée», poursuivi-t-il. Et d’ajouter que la production annuelle en poisson varie même entre de 500 à 700 tonnes. «Nous sommes entrain de réfléchir comment augmente cette production en faisant des tangues piscicoles et des cases flottantes pour remonter la production», ajoute le directeur.

L’enclavement, un obstacle à l’essor de Sourou

Souleymane Sabo est le conseiller municipal de Toma île. En plus de la pêche, il pratique l’agriculture. Selon lui, la route est un obstacle au développement de la province. « Si on parle aujourd’hui de Bagré pôle, on pourra parler également de Sourou pôle. Mais auparavant, il faut une route digne de son nom », a-t-il précisé. Même son de cloche pour Karim Woni, agriculteur dans les nouveaux périmètres de Dî. Préparant son champ de 0,5 ha pour repiquer des oignons, il dit attendre une tonne à la récolte. «Le sac de 50 kg d’oignons est souvent vendu à 50 000 FCFA. Ici, on est souvent obligé de brader nos productions à 4000 FCFA le sac. Les grands acheteurs préfèrent se ravitailler dans les zones ou l’accès est facile », laisse-t-il entendre pour justifier l’absence d’une route en bon état. «Toutes les potentialités existent pour faire de Sourou un pôle de croissance. Mais auparavant, il faut désenclaver la zone», indique le chef de canton de Lanfiera, El hadj Karamogho Sanogo. Pour lui, la province de sourou souffre de son manque d’infrastructures routières.
Mais l’ex-maire de Dî, Pascal Sieba pense que «Sourou pôle» relève d’une décision politique. «On a beau avoir les potentialités, s’il n’ya pas la décision politique, on ne peut pas aboutir. Si l’Etat décide de faire de Sourou un pôle de croissance alors, qu’il mette les moyens», appuie-t-il. Pour lui, il faut que l’Etat et ses partenaires puissent désenclaver la province du Sourou afin de permettre aux producteurs d’écouler facilement leurs produits. La nécessité d’installer des unités de transformation s’impose, de l’avis de l’ex-maire. Il invite les autorités à appuyer l’AMVS, en personnel et en moyens financiers afin qu’elle puisse bien entretenir les ouvrages.
Quant au directeur des affaires foncières, de la formation et de professionnalisation agricole de l’AMVS, Moussa Zida, il indique que malgré la distance et les contraintes routières, les ghanéens continuent de venir dans la zone pour leur ravitaillement. «Ils peuvent charger jusqu’à dix camions par jour. C’est ça qui fait la force de la vallée du Sourou», s’est-il réjoui. Mais, pense-t-il, une fois désenclavé, Sourou pourrait attirer des investisseurs. «Nous avons les sols les plus riches du Burkina dans la vallée. Des entrepreneurs qui viennent, préfèrent repartir à Bagré où les conditions sont favorables», a-t-il déploré.
La répartition des périmètres de 2240 ha aménagé à Dî s’est faite en trois phases, selon l’ex-maire. Ils sont exploités aussi bien par des autochtones que par des migrants. Pour M. Sieba, la première phase a consisté à donner aux occupants des terres, des superficies avec les titres fonciers.
D’autres ont bénéficié des superficies sous forme de baux. Quant à la troisième phase, elle a été faite par tirage au sort et permis d’attribuer 503 ha à des postulants de la région.


Adama SEDGO
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