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Burkina: un accord de sortie de crise toujours suspendu à l’aval des militaires
Publié le jeudi 13 novembre 2014  |  AFP
Audiences
© aOuaga.com par G.S
Audiences du chef de l`Etat de la transition : le président de la CENI chez le lieutenant-colonel Zida
Vendredi 7 novembre 2014. Ouagadougou. Conseil économique et social (CES). Le chef de l`Etat de la transition, lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, , a reçu en audience le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Me Barthélemy Kéré




Ouagadougou - Un accord de sortie de crise au Burkina Faso était toujours suspendue jeudi à l’aval des militaires qui détiennent le pouvoir depuis la chute du président Blaise Compaoré il y a près de deux semaines.

L’armée, qui a placé l’un des siens, le lieutenant-colonel Isaac Zida, à la tête du pays pour éviter le chaos dans un premier temps, doit maintenant rendre le pouvoir à des civils comme le lui réclament l’Union africaine et les partenaires occidentaux du Burkina.

Une étape importante pourrait intervenir dès jeudi, avec la validation d’un projet de charte de transition, sorte de constitution intérimaire pour une période avant l’organisation d’élections d’ici novembre 2015.

"Nous allons nous entendre. Si l’armée ne pose pas de réserves, on va signer le document aujourd’hui", a déclaré à l’AFP Ablassé Ouédraogo, ancien ministre des Affaires étrangères et ténor de l’opposition.

Une rencontre entre armée et civils annoncée pour jeudi en fin de matinée n’avait toujours pas été confirmée mais si les deux parties parvenaient à un accord, celui-ci devrait être entériné dans la journée.

"Ensuite, on passera à une autre étape : la levée de la suspension de la Constitution (qu’avaient prononcé les militaires lors de leur prise de pouvoir, NDLR) et la mise en place des organes" de transition, a poursuivi M. Ouédraogo.

La saga constitutionnelle n’en sera pas pour autant terminée puisqu’une
fois l’obstacle de la charte levé se posera le choix, délicat, du président de
la transition - poste clé devant revenir à un civil mais pour lequel aucun nom
n’a encore été évoqué.

En attendant, les militaires, dont les exigences de départ semblaient
élevées pour leur permettre de conserver une influence une fois le pouvoir
rendu aux civils, ont fait des concessions mercredi dans un "avant-projet de
charte de transition".

- L’imprimatur de la hiérarchie militaire -

Cet accord a minima dont l’AFP s’est procuré une copie n’a toutefois pu être validé, les délégués de l’armée étant partis "recueillir les avis et amendements de leur hiérarchie", a déclaré un négociateur civil.

Selon le document, l’armée a accepté que le président de l’assemblée intérimaire, le Conseil national de transition (CNT), soit "une personnalité civile élue par ses pairs" et non un soldat comme elle le souhaitait initialement. Société civile et opposition s’arc-boutaient face à cette demande, craignant une main-mise de fait des militaires sur le pouvoir.

Le pré-accord indique aussi que le CNT devient un organe "législatif", quand l’armée souhaitait qu’il soit simplement "consultatif". Le texte confirme que le président de la transition sera un civil, qui choisira lui-même son Premier ministre, ce dernier nommant les 25 membres du gouvernement. Aucun des cadres du futur régime ne pourra participer aux prochaines élections.

Le document envisage enfin la création d’une instance dite "de la réconciliation nationale et des réformes".

De cet organe dépendrait une commission "vérité et réconciliation" voulue
par la société civile pour "faire la lumière sur les crimes économiques et de
sang" commis par l’ancien régime, selon l’un de ses membres.

Mardi, le président sénégalais Macky Sall, venu à Ouagadougou en tant
qu’émissaire de la Cédéao, l’organisation régionale ouest-africaine, s’était
montré optimiste sur une issue rapide en dépit de divergences sur les organes
de transition.

Le Burkina est sous pression depuis que l’Union africaine a posé le 3
novembre un ultimatum à l’armée burkinabè pour qu’elle cède le pouvoir dans
les quinze jours sous peine d’éventuelles sanctions.
Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, président en exercice de
l’Union africaine, s’était montré conciliant en public lundi lors d’une visite
à Ouagadougou.

"L’UA n’est pas venue (...) pour vous menacer de quoi que ce soit",
avait-il déclaré devant la presse. Loin des micros, il avait toutefois
maintenu les exigences de l’UA, selon un diplomate.
Du côté burkinabè, on réclame du temps pour organiser l’après Compaoré.
Les médiateurs africains "veulent aller directement aux élections, même
dans six mois. Mais pour nous, il ne s’agit pas seulement de cela", remarque
un délégué de la société civile notant que Blaise Compaoré, resté 27 ans au
pouvoir, organisait lui aussi des élections.

Blaise Compaoré a été chassé par la rue pour avoir voulu modifier la
Constitution et se maintenir en place. Il s’est enfui le 31 octobre en Côte
d’Ivoire où il vit désormais avec sa femme dans une résidence officielle mise
à sa disposition par son ami le président Alassane Ouattara.

roh-jf/jlb
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