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Burkina: le chef du régime de transition va "remettre le pouvoir aux civils"
Publié le mardi 4 novembre 2014  |  AFP
Concertations
© aOuaga.com par G.S
Concertations nationales : le chef de l`Etat de la transition chez le Mogho Naaba
Mardi 4 novembre 2014. Ouagadougou. Palais du Mogho Naaba. Le chef de l`Etat de la transition, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, s`est rendu chez le Mogho Naaba, chef suprême des Mossé, pour une rencontre avec les autorités coutumières et religieuses sur la situation nationale




Ouagadougou - Les consultations se poursuivent au Burkina Faso, où trois présidents africains viennent mercredi s’entretenir avec l’homme fort de la transition, le lieutenant-colonel Isaac Zida, qui s’est engagé à "remettre le pouvoir aux civils".

Désigné par l’armée comme chef du régime intérimaire après la chute du président Blaise Compaoré, qui s’est réfugié en Côte d’Ivoire, M. Zida a été reçu mardi au palais du Mogho Naba, chef très respecté des Mossi, la plus importante communauté burkinabè, avec l’archevêque Philippe Ouédraogo et l’imam Sana, le chef de la communauté musulmane.

"Ils sont venus nous dire qu’ils vont remettre le pouvoir aux civils. Nous les avons encouragés à aller dans ce sens. Le pays doit retrouver la quiétude et la paix", a déclaré le Mogho Naba.

Le militaire a donc réitéré, plus clairement, sa promesse faite la veille d’une transition "dans un cadre constitutionnel", "dirigée par une personnalité consensuelle".

D’après le président de la confédération des syndicats-FO-Union des syndicats libres, Joseph Tiendrebeogo, qui l’a également rencontré, M. Zida a déclaré que "si tout le monde s’accorde, il n’y a pas de raison pour que d’ici 15 jours la transition ne soit pas faite".

Ce délai de deux semaines correspond à l’ultimatum de l’Union africaine, qui a brandi lundi la menace de sanctions.

L’officier subit une forte pression internationale de la part de ses deux principaux alliés, les Etats-Unis - qui avaient demandé le transfert du pouvoir aux civils dès dimanche - et surtout la France, ancienne puissance coloniale et premier bailleur de fonds du Burkina Faso, enfin sortie de son silence pour délivrer le même message.

Le Canada a annoncé la suspension de son aide au développement au Burkina Faso, dans l’attente de la mise "en place" d’un "gouvernement civil stable et élu démocratiquement".

Sur le plan régional, le président ghanéen John Dramani Mahama, président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), le président nigérian Goodluck Jonathan et le président sénégalais Macky Sall sont attendus mercredi à Ouagadougou pour des discussions avec Isaac Zida et d’autres acteurs politiques.

Le président français François Hollande, en déplacement au Canada, a confirmé mardi que la France avait "fait en sorte que le président Compaoré (...) puisse être évacué vers la Côte d’Ivoire" et "veillé à ce qu’il soit évacué en mettant à disposition tous les moyens qui pouvaient être utiles", pour "permettre la transition" sans "drames" ni "bain de sang". La veille, M. Hollande avait déclaré que la France avait facilité l’évacuation de Blaise Compaoré "sans y participer".

Le magazine Jeune Afrique, qui a révélé l’implication française, affirme que la France a mis à disposition un hélicoptère et un avion.

Selon une source diplomatique française, cette version des faits est "très précise et très juste". L’extraction du président burkinabè visait à ne pas ternir un "formidable mouvement populaire" par une "erreur fondamentale" qu’aurait été l’assassinat de Blaise Compaoré, a expliqué cette source.

M. Hollande s’est gardé de donner davantage de précisions, ajoutant simplement que Paris avait fait pression sur M. Compaoré pour qu’il quitte le pouvoir.

Ce dernier s’est réfugié chez son allié ivoirien, le président Alassane Ouattara, qui le loge dans une résidence d’Etat à Yamoussoukro.

- Détente à Ouagadougou -

Alors que la rue s’est calmée depuis deux jours à Ouagadougou, l’opposition, après une réunion avec les représentants de la médiation tripartite conduite par l’ONU, la Cédéao et l’Union africaine, a fait une déclaration prudente.

Evoquant un "certain nombre de concertations en cours" sur la mise en place d’un régime de transition, le chef de l’opposition Zéphirin Diabré a déclaré: "Il faut voir quel modèle est adapté à la situation et au contexte".

L’opposition exige que la direction de la transition revienne à un civil, mais ne serait pas opposée à la participation de militaires.

L’ex-parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès, a signalé sa "totale disposition à travailler avec les autorités de transition".

A Ouagadougou, les rues étaient à nouveau animées mardi dans une ambiance détendue. Les banques, les écoles et le grand marché avaient rouvert lundi après près de huit jours fermeture.

M. Zida a proposé une journée de deuil national en hommage aux victimes de la crise, dont on ignore le nombre. Il y aurait au moins 10 morts et 200 blessés selon des sources médicales, une trentaine de morts selon l’opposition qui réclame une "commission d’enquête".

L’insurrection populaire a poussé vendredi à la démission le président Blaise Compaoré, après 27 ans au pouvoir, alors qu’il voulait une troisième fois modifier la Constitution pour se maintenir en poste.

bur-de/mba/gg/plh
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