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Burkina: reprise des concertations lundi pour former un régime de transition
Publié le lundi 3 novembre 2014  |  AFP
Transition
© aOuaga.com par K.C
Transition politique : des images de la rencontre au CES
Dimanche 2 novembre 2014. Ouagadougou. Conseil économique et social (CES). Le chef de l`Etat de la transition, lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, rencontre l`opposition pour une concertation liée à la situation nationale




Ouagadougou - Le nouvel homme fort du Burkina Faso devait poursuivre lundi ses consultations avec les forces politiques et la communauté internationale à Ouagadougou, où la situation était calme après l’intervention musclée de l’armée la veille contre les manifestants.

Après la chute vendredi du président Blaise Compaoré, poussé à la démission par une insurrection populaire après 27 ans au pouvoir, la haute hiérarchie militaire a placé à la tête du pays le lieutenant-colonel Isaac Zida, numéro 2 de la garde présidentielle, mais l’opposition, la société civile et la population réclament un pouvoir civil.

La journée de dimanche a été marquée par la mort d’un jeune homme qui manifestait devant la télévision nationale, tué par une balle perdue, selon l’armée, lorsque les soldats ont dispersé l’attroupement.

M. Zida doit rencontrer à 10H00 (locales et GMT) des représentants du corps diplomatique au ministère des Affaires étrangères, tandis que les chefs de l’opposition doivent se concerter en milieu de journée au siège du parti de leur chef de file, Zéphirin Diabré.

Le chef du régime de transition s’est entretenu dimanche soir avec les ambassadeurs de France, des Etats-Unis et de l’Union européenne, mais rien n’a filtré sur leurs discussions, les diplomates se refusant à toute déclaration.

M. Zida a aussi discuté avec Jean-Baptiste Ouedraogo, président du pays entre 1982 et 1983 avant d’être renversé par un pustch. Ce dernier n’a pas fait de commentaire.

Le Burkina Faso, petit pays sahélien de 17 millions d’habitants, sera aussi le thème d’une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, à 12H00 GMT à Addis Abeba.

Dans les rues de Ouagadougou, la circulation avait repris normalement lundi matin, avec l’habituel ballet de mobylettes.

Le grand marché, centre névralgique du commerce fermé depuis six jours en raison des événements, a rouvert, ainsi que les banques, a constaté un journaliste de l’AFP.

La capitale a vécu dimanche une journée mouvementée.

A coup de gaz lacrymogène et de tirs de sommation, l’armée a chassé les milliers de manifestants qui contestaient sa prise de pouvoir sur la place de la Nation, devenue le lieu emblématique du mouvement de contestation populaire.

Les militaires ont aussi dispersé plusieurs centaines de personnes devant la radio-télévision nationale, où un général et ex-ministre de la Défense de Compaore, Kouamé Lougué, et une dirigeante d’un petit parti politique, Saran Sérémé, ont tenté vainement de se proclamer chef de l’Etat devant les caméras.

Malgré ce coup de force militaire, le lieutenant-colonel Zida a réitéré dimanche soir son engagement à conduire un processus de transition en concertation avec toutes les composantes de la société burkinabè.

"Le pouvoir ne nous intéresse pas, seul l’intérêt supérieur de la Nation prime", a-t-il affirmé au nom de l’armée dans un communiqué. "Un organe de transition sera mis en place avec toutes les composantes qui seront arrêtées par un large consensus, et dont la durée sera précisée".

- Condamnations internationales -

La communauté internationale a vivement réprouvé la prise de pouvoir de facto par les militaires.

Les Etats-Unis, alliés de poids, ont condamné "la tentative de l’armée burkinabè d’imposer sa volonté au peuple", appelant "l’armée à transmettre immédiatement le pouvoir aux autorités civiles".

La médiation internationale tripartite au Burkina, conduite par l’ONU, l’Union africaine (UA) et la Cédéao, l’organisation régionale de l’Afrique de l’Ouest, a évoqué la menace de "sanctions" si l’ordre constitutionnel, qui prévoit un intérim du président du Parlement, n’était pas respecté.

L’Union européenne a demandé à l’armée burkinabè à respecter les droits fondamentaux de la population, y compris celui de manifester pacifiquement, tandis que le président ghanéen John Dramani Mahama, qui dirige la Cédéao, a appelé "au dialogue" et à la retenue pour éviter que "la situation déjà précaire" ne dégénère.

La France, ancienne puissance coloniale et premier bailleur de fonds du Burkina Faso, ne s’est pas encore exprimée sur les derniers événements qu’elle suit de très près, comme plusieurs pays africains dont les chefs d’Etat envisageaient, comme M. Compaoré, de modifier leur Constitution pour se maintenir au pouvoir.

Loin de cette confusion, l’ex-président Compaoré jouit d’un refuge doré à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire voisine dirigée par son ami Alassane Ouattara, où il est logé depuis vendredi dans une luxueuse résidence d’Etat.

bur-de/sba/mba
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