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Taïwan: le président du Faso témoin privilégié
Publié le lundi 13 octobre 2014  |  Sidwaya
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© Présidence par DR
Fête nationale de la Chine Taïwan : Blaise Compaoré assiste à la grande parade
Vendredi 10 octobre 2014. Taipei (Taïwan). Le président du Faso, Blaise Compaoré, et son épouse, Chantal Compaoré, ont pris part, aux côtés du chef de l’Etat taiwanais, Ma Ying Jeou, à la célébration de la 103e anniversaire de la république de Chine Taïwan




La République de Chine (Taïwan) a commémoré sa 103e fête nationale, le 10 octobre 2014. Le président du Faso, Blaise Compaoré, a suivi, de bout en bout, le cérémonial officiel qui s’est déroulé en face du palais présidentiel à Taipei et a présenté ses vœux à son homologue taïwanais, Ma Ying-Jeou.

Taipei, capitale de la République de Chine (Taïwan), présentait un tout autre visage, le 10 octobre (ou double-dix : 10e jour et 10e mois) 2014. Habituellement, assez tôt le matin, la ville de deux millions d’habitants grouille de monde. Mais ce jour-là, les rues sont presque désertes. Les nombreux immeubles qui les bordent sont, pour la plupart, hermétiquement fermés. C’est l’ambiance matinale de la 103e fête nationale du pays, un jour férié. Au même moment, sur l’avenue qui côtoie le palais présidentiel, voire dans un rayon de quelques centaines de mètres, ça bouge. La zone est relativement barricadée, et seuls les invités, étrangers ou nationaux, peuvent franchir le rideau sécuritaire. Mais attention, l’on ne s’asseoit pas comme l’on veut, tous les sièges étant nominatifs. Et en fonction des références sur le badge, des hôtesses conduisent l’invité jusqu’à sa place. L’on s’imagine que dans ces conditions, les petits regroupements en aparté sont difficiles. Les organisateurs ont néanmoins pris le soin de ne pas éclater les délégations venues de l’étranger. Un autre fait marquant, le contenu du sac aux couleurs nationales (rouge, bleu, blanc) déposé sur chaque siège : le programme de la cérémonie, principalement en chinois, avec certaines informations en anglais et un chapeau melon estampillé 103e fête nationale, notamment. Dans les mains des hôtesses, de petits paquets en plastique. Ces gadgets vont nous être d’un grand service, surtout nous qui ne sommes pas des VIP installées sous des tentes. Le chapeau pour se protéger du soleil et le paquet en plastique, qui contient un imperméable assez léger, pour s’abriter de la pluie. En effet, ces deux phénomènes de la nature se succèdent d’une minute à l’autre, ou cohabitent, de sorte à faire mentir les prévisions météo les plus fiables. C’est dans ce climat « incompréhensible » pour le Sahélien que nous sommes, que la cérémonie militaro-civile, sobre, a eu lieu. Des hommes de la garde d’honneur tiennent en haleine les convives. Vêtus de tenues de cérémonie militaires, ils arrachent des applaudissements par des mouvements hyper-réglés, minutieusement synchronisés et variés. Les bruits de leurs rangers à talons hauts, ainsi que ceux des carabines qu’ils tapotent de façon rythmique, donnent parfois l’impression d’une séance de danse appelée claquettes. Le droit à l’erreur est quasi-nul. Ensuite, la place est faite aux civils qui, à travers différentes chorégraphies, ont étalé les pas de danse aborigènes et chinois.

Ma prêt à relever les défis avec son peuple

Dans l’entremise de cette passation de témoin, le président Ma Ying-Jeou s’est adressé à son peuple dans un discours d’une trentaine de minutes, teinté de son bilan de 6 ans (un 1er mandat de 4 ans, et un second en cours) à la tête de la République de Chine (Taïwan). Il a cité, entre autres, la mise en œuvre d’une politique fiscale plus juste, l’amélioration de l’accessibilité à l’assurance maladie. Le président Ma a aussi rappelé le système éducatif lancé par son gouvernement, avec comme objectif de contribuer au développement intellectuel, physique, moral et social de l’enfant. Sur le plan de la croissance économique et de l’emploi également, il a indiqué que les indicateurs sont au vert, avant de dire sa détermination à faire mieux les années à venir. Il a affirmé, par exemple, l’urgence de procéder à une réforme du secteur industriel de son pays, en innovant, en vue de créer de la valeur ajoutée, de conclure des accords commerciaux aux niveaux bilatéral et multilatéral, dans le sens d’une plus grande ouverture du marché taïwanais. Par ailleurs, le chef de l’Etat, Ma, a partagé son ambition de poursuivre dans la dynamique d’instaurer un climat de bon voisinage et d’amitié autour de son pays. D’où son choix de toujours rechercher des règlements pacifiques aux différends avec des pays tiers. Une option qui, a-t-il souligné, a permis, en avril 2013, de parvenir à un accord, avec le Japon, dans le domaine de la pêche en mer de Chine Orientale, mettant fin à plus de 40 ans de controverses. De manière pacifique également, il a expliqué avoir réussi à faire prévaloir la loi maritime dans une vieille incompréhension avec les Philippines. Aussi, avec le voisin de la Chine continentale qui a des visées de mainmise sur Taïwan, le président Ma Ying-Jeou parle de paix. Il a salué le dégel entre les deux rives, marqué notamment par des rencontres « historiques » entre des officiels gouvernementaux des deux pays. De l’avis de spécialistes des relations entre la Chine et la République de Chine (Taïwan), ce rapprochement est plus manifeste depuis l’arrivée au pouvoir de Ma Ying-Jeou, en 2008. En six ans, 21 accords ont été signés avec Pékin, et des premiers vols directs ont même été mis en place entre les deux rives. Mais pour autant, a martelé le président Ma, passer de la confrontation au rapprochement ne signifie nullement pour son pays, renoncer à sa souveraineté. En passant, il a recommandé au voisin chinois de renforcer la démocratie constitutionnelle, et a exprimé tout son soutien au Hong-kongais qui réclament, justement, dans la rue, plus de démocratie.

Les réformes qu’il estime nécessaires pour davantage de prospérité en Taïwan, Ma Ying-Jeou espère pouvoir les mener avec l’ensemble de la population dont il a sollicité un engagement sans faille. Tout en se déclarant ouvert au dialogue avec ses opposants, il a insisté que cela doit se faire dans un esprit républicain. S’il a réaffirmé sa foi en la démocratie et en la liberté, fondement même de la nation taïwanaise, le président Ma a regretté des méthodes de revendication qui défient la loi et menacent la paix sociale. Il faisait ainsi allusion, entre autres, aux protestations estudiantines de mars-avril 2014, au cours desquelles des frondeurs avaient occupé le parlement, dénonçant des accords commerciaux avec la Chine continentale. Avant de terminer son propos, il a renouvelé son engagement de toujours agir, conformément à la Constitution
taïwanaise.


Koumia Alassane
KARAMA
(Envoyé spécial à Taipei)
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Sidwaya N° 7229 du 8/8/2012

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