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Virus Ebola: La peste rouge saigne aussi les économies
Publié le mercredi 13 aout 2014  |  L`Observateur Paalga




Est visiblement passée l’époque où beaucoup n’éprouvaient qu’un sentiment de répulsion vis-à-vis de la maladie. Aujourd’hui, il s’agit d’un véritable branle-bas de combat planétaire autour du virus Ebola, depuis qu’il est sorti des frontières tropicales dans lesquelles il était confiné. A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles donc. Pendant que des Etats se barricadent, si tant se barricader peut vraiment empêcher le mal de traverser les limites territoriales, d’autres, qui ne sont pas touchés mais plus nantis, ont promis de débloquer des fonds à l’image du Koweït (5 millions de dollars). Des organisations internationales, comme la Banque mondiale, sont également entrées dans la danse pour aider les pays touchés. Et l’Organisation mondiale de la santé (OMS a décidé de lever l’obstacle à l’emploi des sérums expérimentaux, donnant le feu vert aux pays qui voudraient en faire usage. On se rappelle la polémique suscitée quand les Etats-Unis ont administré ce genre de produit, qui était en expérimentation, ZMAPP qu’il s’appelle, a deux de leurs ressortissants atteints par Ebola en Guinée. Nous en avions du reste fait cas dans une de nos précédentes éditions, avec un titre fort bien évocateur qui était «L’Amérique contre la fièvre Ebola - Il était où, ce sérum ?». Il semble que leur état est stable. En sortiront-ils finalement ? C’est tout le mal que nous leur souhaitons. Dans le registre «mauvaise nouvelle» par contre, le prêtre espagnol qui avait bénéficié du même traitement est décédé mardi dernier. Une bonne nouvelle nous provient du Canada qui disposerait également d’un sérum du genre, dénommé TKM Ebola.

Mais en attendant de trouver la potion magique qui permettra d’endiguer l’hémorragie, c’est une peur panique qui s’est véritablement saisie des populations. Au point qu’Ebola, au-delà du problème de santé publique qu’il a créé, est devenu un problème de santé … économique sur fond de drame social. Comme quoi le virus ne trahit pas sa réputation de mutant. Interdiction de grands rassemblements, de funérailles, de camps de vacances, de match (comme celui qui devrait opposer la Guinée au Togo) sont le lot quotidien des habitants des zones touchées. La psychose est telle que, dans certaines contrées, il est déconseillé même de se saluer ; dans une Afrique où le bonjour n’est jamais complet tant que le contact physique n’est pas établi. On ne sait pas si la véritable révolution sociale sera possible, mais en attendant, sur le plan économique, le désastre se fait sentir, avec le ralentissement des activités économiques. Pas de marché, annulations de vols en provenance et à destination des pays épicentres de la crise, avec des conséquences sur les prestataires qui gravitent autour : aéroports, hôtels, activités touristiques. Pour la petite anecdote, les membres d’équipage des rares avions qui osaient encore s’aventurer en Guinée et qui dormaient à Conakry vont désormais à Dakar passer la nuit pour revenir le lendemain chercher les passagers. Il en va jusqu’à la remise en cause des perspectives macroéconomiques. La Guinée a par exemple revu à la baisse son taux de croissance annuel prévu.

C’est dire qu’Ebola tue au propre comme au figuré. Non contente de terrasser ses victimes par vagues entières, la peste rouge saigne des économies qui n’étaient déjà pas particulièrement bien portantes. Il y a donc de quoi se mobiliser, car au rythme où vont les choses, le dépôt de bilan n’est pas loin pour beaucoup.

Issa K. Barry
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