Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Burkina Faso    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article



 Titrologie



Le Quotidien N° 1112 du 12/7/2014

Abonnez vous aux journaux  -  Voir la Titrologie

  Sondage



 Nous suivre

Nos réseaux sociaux



 Autres articles


Comment



Société

Miriya / reboisement au Burkina : En finir avec le folklore
Publié le lundi 14 juillet 2014   |  Le Quotidien




 Vos outils




Les saisons pluvieuses se suivent et se ressemblent au Burkina, avec deux campagnes, celle dédiée aux agriculteurs, et celle des « reboiseurs ». Si le monde paysan parvient, malgré ses méthodes de travail éculées et son manque de moyens, arrive à nous nourrir, la grande communauté des planteurs d’arbres elle a du mal à atteindre ses objectifs. Son efficacité dans la lutte contre la désertification est sujette à caution. Or ce sont des sommes colossales qui sont mobilisées chaque année, par divers canaux (Etat, ONG, mécènes, etc.) pour assurer le reverdissement du Burkina. On pourrait même parler d’une armée de planteurs mis en branle mais avec des résultats qui restent à être prouvés. Car force est de constater que le désert ne recule pas au Burkina. Chaque année, il grignote un peu de terrain, sans que rien ne puisse l’arrêter. C’est dire que les actions menées jusque-là ne sont pas à la hauteur des défis. La responsabilité de ce fiasco incombe principalement à cet est esprit mercantile qui s’est introduit dans le milieu, avec des gens qui en ont fait leur business. Leur plan de vie se résume chaque année à monter des dossiers de reboisements. C’est devenu une activité lucrative où on peut se remplir facilement les poches. Des anecdotes racontent ainsi que certains ont par le passé abusé des bailleurs de fonds qui, lorsqu’ils étaient venus vérifier le travail, s’étaient vus désigner un autre bosquet. Le monde de l’arnaque est ici dans toute sa splendeur. Certes, il existe toujours des personnes sincères qui croient apporter leur petite brique à la construction du mur contre le désert et pour un Burkina vert. Mais ils sont si peu nombreux. En tous les cas, dans cette opération où se côtoient bonnes volontés et arnaqueurs de tous poils, il manque un fil d’Ariane, une vision commune et harmonisée pour un objectif précis. Le monde du reboisement, c’est le grand bazar. Depuis que les « 3 Luttes » engagées sous la Révolution (contre la coupe abusive du bois, la divagation des animaux et les feux de brousse) ont été enterrées en même temps que leur concepteur, il n’y a plus de visibilité dans la politique anti-désertification. De nombreux projets ont été lancés depuis lors, mais visiblement ils ont du mal à répondre à la problématique de la désertification.

Or avec un million d’arbres plantés par an, mais de façon rigoureuse, on peut changer le visage de notre environnement. Les pratiques actuelles de reboisement n’ont pas d’impact. Il donc faut changer la façon de faire en s’attaquant au Sahel et aux zones désertiques dans une démarche très scientifique. Il faut de ce fait créer un pôle de coordination de la politique de reverdissement à travers une structure étatique dotée des moyens et des pouvoirs appropriés. Ainsi, toute opération de reboisement doit avoir son quitus, que ce soit pour les espèces à planter, les zones à reboiser ou les techniques d’entretien à utiliser. Mais de préférence, l’Etat doit s’impliquer encore plus dans le domaine, en écartant toutes les personnes véreuses qui y ont élu domicile. Il faut éviter aussi que ces plantations d’arbres ne soient de simples opérations de com’ pour politiciens en quête de publicité. Au total, c’est une véritable action d’assainissement qui doit être engagée pour mettre fin à cette anarchie.

Aujourd’hui, le système d’irrigation au goutte -à -goutte a fait son entrée au Burkina. Il devrait être aussi généralisé pour les grands projets contre la désertification. Il faut en finir avec la pagaille qui caractérise la lutte contre la désertification et où le business a pris le pas sur les convictions écologiques et de préservation de l’environnement. Le vrai danger est là : le business et la politisation rendent les reboisements folkloriques. La théâtralisation doit faire enfin place à un travail sérieux et coordonné contre la désertification. Car pendant qu’on s’amuse , le désert lui avance.

 Commentaires