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Le Quotidien N° 1089 du 16/6/2014

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Imprimerie nationale du Burkina : cri du cœur des ex-travailleurs à l’endroit du Premier ministre
Publié le mardi 17 juin 2014   |  Le Quotidien




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Privatisée en 1999, l’imprimerie nationale du Burkina ne s’est jamais aussi mal portée. Le repreneur de cette société qui jadis a fait la fierté de la Haute-Volta, au Burkina, Tintin Ilboudo, n’a jamais pu redresser la barre afin de redonner à la société son lustre d’antan. Rebaptisée, entretemps, Imprimerie nouvelle du Centre, la société va fermer définitivement ses portes, en 2012, suite à des difficultés financières liées à la mauvaise gestion de son repreneur. Commence alors pour les 15 employés rescapés des différents licenciements un véritable calvaire. De 2000 à 2012, aucun salaire ne leur sera reversé. Confrontés sérieusement à des difficultés pour survivre au quotidien, ces laissés-pour-compte, devenus depuis lors des « cas sociaux », s’en remettent à la bienveillance du Premier ministre, Luc Adolphe Tiao.
Privés de salaire, depuis près de 12 ans, ainsi que de cotisations sociales, voici ainsi le lot de misère auquel les travailleurs de l’imprimerie nationale du Burkina sont confrontés depuis la privatisation de la société, en 1999 jusqu’à sa fermeture en 2012. Depuis cette date, les travailleurs qui s’estiment des laissés-pour-compte, vivent une traversée de désert qui ne dit pas son nom. De nos jours, certains d’entre eux, pour ne pas dire l’ensemble des travailleurs, sont devenus des « cas sociaux ». Eux qui ont consacré une partie de leur vie à cette société qui jadis était le fleuron de l’imprimerie au Burkina et dans la sous-région. Inaugurée, le 11 décembre 1963 par le président Maurice Yaméogo, l’imprimerie nationale du Burkina qui jadis a fait la fierté du Burkina, au fur et à mesure, est tombée dans la léthargie. Toute chose qui va conduire à sa privatisation en 1999. Cette privatisation qui a été accueillie comme une bouffée d’oxygène va très vite se transformer en un cauchemar pour les travailleurs de l’imprimerie. Cédée 323 000 000 de francs CFA par l’Etat Burkinabè à Tintin Ilboudo avec promesse de ce dernier de maintenir l’effectif et de veiller au respect des conditions de travail et de vie des travailleurs. Cependant, sur plus de 80 employés que comptait l’imprimerie, il ne restera que 15, car les autres vont être tour à tour licenciés pour des raisons diverses, souvent injustifiées. Ces derniers, malgré la situation critique de la société, vont s’investir à la rendre fonctionnelle. Privés de salaire, ils se contentaient d’exécuter des petits marchés qui leur permettaient de supporter les charges de l’imprimerie, notamment les factures d’électricité et d’eau. « Depuis la privatisation de la société, le repreneur, c’est-à-dire Tintin Ilboudo, n’a jamais passé 30 minutes à l’imprimerie. Chaque fois, il venait regarder comment les choses allaient et quand nous avions une grosse commande, il nous demandait comment la commande serait exécutée, réglée, livrée et payée. On se contentait des petits travaux et étant des pères de famille, on se partageait le peu que nous gagnions et assurions le paiement des factures d’eau et d’électricité », nous a relaté Mahama Ouédraogo, délégué des travailleurs de l’INB. Selon la convention de cession signée avec l’Etat, le repreneur Tintin Ilboudo avait pris l’engagement de conserver l’ensemble des effectifs permanents estimés à 87 personnes. Toutefois, l’ensemble de ces engagements ne va pas être respecté après la reprise de la société et la situation économique, financière et sociale de l’entreprise est allée en se dégradant. En effet, de 2000 à 2012, les travailleurs n’ont perçu aucun salaire, pire, les cotisations à la sécurité sociale n’ont pas été reversées. Les travailleurs s’évertuaient à rendre opérationnelle l’imprimerie par l’entretien des machines et par l’acquittement des factures, le repreneur, quant à lui, tenterait de soustraire des machines à l’imprimerie. Toute chose qui va conduire les travailleurs à interpeller le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat sur les difficultés du repreneur à faire face à ses responsabilités et des diverses intimidations dont ils font l’objet. A en croire le délégué des travailleurs, Mahama Ouédraogo, c’est grâce au soutien, en son temps, des magnats des affaires, tels Oumarou Kanazoé et Alizéta Ouédraogo (Tan Aliz), que Tintin Ilboudo a pu acquérir l’imprimerie. Car, selon lui, ce dernier ne connait rien dans le domaine de l’imprimerie. Cependant, face au silence du ministère, une correspondance est adressée le 13 janvier 2014 au Premier ministre par les travailleurs pour lui faire part de leur situation. Ainsi, en réponse à cette correspondance, le Premier ministre, à la date du 5 février 2014, tout en dénonçant la convention de cession, donnait instruction au ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale de faire le point sur la situation des travailleurs et cela, en vue de sa résolution définitive. Après plusieurs rencontres à la direction générale de la promotion de l’entreprise, les choses jusqu’à ce jour sont restées en l’état. Aucun travailleur n’a perçu un seul kopeck. Cet état de dénuement est mal vécu par les travailleurs qui sont confrontés aux dures réalités de la vie : non scolarisation des enfants, difficultés de prendre en charge leur famille, constituent le lot de misères de ces travailleurs. Au regard de cette situation, Mahama Ouédraogo et B. Augustin Ido ont tenu à lancer un appel à l’endroit du Premier ministre afin que celui-ci jette un regard sur leur situation, surtout, ont-ils insisté, sur « le volet social ». « Nous sommes des pères de familles et il y a des enfants à scolariser et ce n’est pas facile. Nous vivons dans des conditions difficilement supportables. Il y a certains d’entre nous qui sont décédés sans avoir perçu leurs indemnités, ni leur salaire. Comment leurs familles pourront-elles se débrouiller ? Nous réitérons notre gratitude au Premier ministre, nous lui demandons de garder la même ligne de conduite pour que nous puissions voir le bout du tunnel », ont-il lancé en guise de cri du cœur. Le salaire et les différentes indemnités des 15 ex-travailleurs de l’imprimerie du Burkina, faut-il le rappeler, s’élèverait à près de 200 millions de F CFA .


Par G. Maurice BELEMNABA

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