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Inhumation de Salifou Nébié: quelques témoignages
Publié le mardi 10 juin 2014   |  FasoZine


Cimetière
© aOuaga.com par Séni Dabo
Cimetière de Gounghin : le juge Salifou Nebié repose dans sa dernière demeure
Lundi 9 juin 2014. Ouagadougou. Le juge constitutionnel Salifou Nebié, retrouvé mort dans la nuit du 24 mai dernier sur la route de Saponé, a été inhumé en présence de ses parents, amis, connaissances, collègues et de personnes qui ont demandé que vérité et justice se fassent sur sa mort. Photo : Ablassé Ouédraogo, président de Le Faso Autrement


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Ils étaient nombreux à effectuer le déplacement du cimetière municipal de Gounghin ce lundi 9 juin 2014 pour accompagner à sa dernière demeure le juge Salifou Nébié, retrouvé mort le 24 mai dernier sur la route de Saponé. Fasozine a recueilli pour vous quelques témoignages sur la vie de ce juge du Conseil constitutionnel qui était âgé de 58 ans et qui laisse derrière lui une épouse et quatre enfants.

Arba Diallo, député-maire de Dori: « C’est un frère, un grand ami. Son âme va reposer en paix. C’est un grand exemple d’un juge qui peut aimer son pays, qui peut dire et faire appliquer le droit. Je l’ai combattu. Il était au CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès, parti au pouvoir, Ndlr) et je sais que c’était par erreur. Nous disons que tous ceux qui sont au CDP y sont par erreur. Mais le juge Salifou Nébié vivait son erreur et il ne l’a jamais caché. Il est venu à Dori lors des campagnes électorales pour nous combattre. Mais nous l’avons toujours battu ses amis et lui. Dori est la seule ville où le CDP est un parti de l’opposition. Mais Salifou Nébié c’était un grand homme pour lequel j’ai beaucoup de respect. Nous nous sommes séparés en adversaires, mais je suis sûr et certain que nous lui devons beaucoup. C’était un grand patriote qui a toujours dit la justice, qui a dit ce qu’il fallait dire. »

Ablassé Ouédraogo, ancien ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso: « Au delà de sa profession de juge, moi je l’appelle ambassadeur Salif Nébié parce que j’ai eu le bonheur, le plaisir et l’avantage de travailler avec lui quand j’étais au ministère des Affaires étrangères. Il était nommé ambassadeur à Cuba et avec sa présence à Cuba, nous avons réussi dans le cadre de la diplomatie de développement à relancer beaucoup d’activités de coopération. Quand on regarde tout ce que la coopération avec Cuba nous a rapporté pendant que Niébé était en poste, c’est extraordinaire. Pour moi, c’est un garçon très généreux, très ouvert, quelqu’un qui est sincère, honnête et qui dit la vérité. En tant que tel, je me retrouve en lui. Ce qui lui est arrivé est tout simplement atroce, c’est inhumain. Disparaitre comme cela à 58 ans, c’est trop jeune. Mais je suis un croyant, je crois en Dieu. Tout ce qu’il fait est bon pour nous tous. Que Dieu l’accueille dans son royaume éternel et qu’il sache qu’il laisse derrière lui d’autres frères qui vont continuer son combat.»

Antoine Kaboré, secrétaire général du Syndicat autonome des magistrats du Burkina: « C’est un ainé, un des membres fondateurs de notre syndicat. Il était le trait d’union entre la jeune génération des magistrats et les anciens. C’était un camarade qui était disponible, qui recevait tous les magistrats chez lui, qui connaissait tous les magistrats malgré le fait qu’il ait fait plusieurs années hors du pays. Et cela s’explique par le fait qu’il allait toujours vers les camarades, vers les collègues. C’est cet homme que nous pleurons. C’était un rassembleur. Pour nous, l’autopsie qui a été faite est une étape vers la connaissance de la vérité, de comment il est mort. Mais cela n’est pas le moyen de savoir qui l’a tué et pourquoi on l’a tué. Ce n’est donc qu’une étape et nous souhaitons que toutes les autres étapes soient rapidement franchies pour que ceux qui ont lâchement assassiné notre collègue puissent être retrouvés et sanctionnés à la hauteur de leurs forfaits. »

Moussa Sory, magistrat et ancien secrétaire général du Samab: « J’avoue que quand j’ai vu tout ce beau monde débout comme un seul homme, j’avoue que je me suis senti un peu soulagé. Tout le monde est déterminé pour que la vérité éclate, à ce que les assassins et les commanditaires de la mort de Salifou Nébié puissent être arrêtés et jugés, à ce que la violence puisse être bannie de notre comportement. Nous allons veiller sur le déroulement de l’enquête. Toutes les fois que nous constaterons que l’enquête piétine, nous allons monter au créneau. Nous ferons tout ce qui est de notre possible pour avoir ici et là des témoins qui pourront contribuer à la manifestation de la vérité. Trop c’est trop. Nous sommes fatigués. Le témoignage fait par le jeune de Léo mérite d’être approfondi. Le Samab va entrer en contact avec l’intéressé pour approfondir cette piste. »

Adama Sagnon, magistrat, ancien procureur: « Sa mort nous choque. Il était un modèle pour nous. A plusieurs reprises, il m’a invité chez lui pour partager sa table. Je connais bien sa famille. Je faisais la prière musulmane avec son petit frère. Nous sommes autant choqués que la population et nous attendons que justice se fasse. C’est un magistrat qui a été tué dans l’exercice de sa profession. Cela veut dire personnes d’entre nous n’est à l’abri. Nous souhaitons que les auteurs de ce crime soient arrêtés, traduits devant la justice et sanctionnés selon la loi. Si j’étais à la place du procureur, j’allais entendre le parent qui a déclaré que le juge s’était confié pour demander à ce qu’on prie pour lui par ce qu’il a des problèmes.»



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