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Le Quotidien N° 1083 du 9/6/2014

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Manifestations des burkinabe de l’exterieur: C’est le pouvoir qui en sort encore affaibli
Publié le mardi 10 juin 2014   |  Le Quotidien




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Jamais un débat n’a aussi passionné nos compatriotes hors de nos frontières que celui relatif à la succession du chef de l’Etat burkinabè en 2015. Lequel débat se focalise sur la modification de l’article 37 de la Constitution, avec ses pendants de référendum et de Sénat. Des questions politiques d’une importance capitale en marge desquelles les Burkinabè vivant à l’extérieur ne veulent pas être en reste.
Dès lors, on assiste aussi à des manifestations de la diaspora, dans leurs contrées d’accueil, qui pour dire non, qui pour dire oui à la modification de l’article 37. Et voilà la politique intérieure transportée sur un terrain extérieur. C’est de bonne guerre ! Personne ne doit s’émouvoir de cette évolution de mentalité, de cette pluralité d’opinion, de nos compatriotes vivant à l’extérieur. Pas même les dirigeants, pour peu qu’ils épousent cette idée de Nelson Mandela qui, dans son ouvrage « Conversations avec moi-même », écrivait : « Un dirigeant doit toujours encourager et accueillir avec équanimité un échange libre et sans entrave ». Fini donc les époques où la diaspora burkinabè était confinée au seul rôle de transfert des devises au pays. Fini aussi la peur du représentant diplomatique qui peut par un simple geste vous créer tous les ennuis au cas où vous épousez l’outrecuidance de vous opposer à la volonté du pouvoir en place. En tout cas, en Afrique comme en Europe, en Asie comme en Amérique, les Burkinabè de l’extérieur, estimés à plus de 10 millions, se font de plus en plus entendre sur les grandes questions d’actualité de leur pays. Tout récemment à Milan, ils sont sortis dire non au référendum et à la modification de l’article 37. Et d’autres manifestations, de même nature, sont annoncées à New York, à Huston et que sais-je encore.
Lesquelles manifestations sont motivées d’une part par l’adoption de la loi 019-2009/AN du 14 avril 2009 modifiant la loi 014-2001/AN du 3 juillet 2001 portant code électoral, reconnaissant à la diaspora le droit de participer aux élections présidentielles. Ce droit de vote, récemment reconnu, fait que la diaspora devient un terrain de chasse pour les partis politiques. Avec leur nombre, ils constituent, en effet, une arme électorale très puissante.
En effet, longtemps et majoritairement affectés aux secteurs primaires des pays où ils allaient à l’aventure, nos compatriotes semblent de plus en plus peser dans ce qu’on pourrait appeler « l’opinionmetrie »; en tout cas, pour sa frange instruite. Leurs profils, jadis de mains d’œuvre, faisaient que leurs hôtes, mais aussi leurs compatriotes restés au pays, leurs collaient des surnoms ou autres identifiants péjoratifs. Du coup, ils assistaient passivement aux prises de décision dans leurs pays. Pourtant, leur apport dans la construction de leurs pays est indéniable. C’est pourquoi, au regard de leur importante participation au PIB (Produit intérieur brut), on ne saurait mépriser cette frange de notre population. Et ce n’est pas le ministre Albert Ouédraogo, celui-là même qui a fait du combat pour la prise en compte de la diaspora dans le processus de gouvernance interne ‘’celui de sa vie». Il va même jusqu’à estimer la taille de la population résidant au pays relativement égale à celle de la diaspora. Enfin, et ce qui nous semble le plus justifier cette mobilisation de nos compatriotes autour de la chose politique, c’est la communication. Avec l’effet des TIC via les réseaux sociaux et les nouveaux médias, les membres de la diaspora suivent de jour en jour l’actualité politique de leur pays. Toute chose qui leur permet de s’imprégner des réalités, avant de prendre position.
En dernier ressort, il y a aussi le fait que les expatriés peuvent influencer les avis de la communauté internationale sur la gouvernance nationale. D’où, la croisade des hommes politiques vers tous les horizons. Sinon, si c’était juste pour les voix, les politiques iraient juste en Côte d’Ivoire et au Ghana, à côté où l’analphabétisme aidant, ils peuvent engranger des voix. C’est pourquoi, leurs manifestations à l’extérieur sont d’une importance en ce qu’elles permettent de conquérir l’opinion extérieure pour les questions nationales. Et pour cela, ces mobilisations sur la non modification pour de l’article 37 devant donner un nouveau mandat à Blaise Compaoré, après 27 ans au pouvoir, peuvent faire qu’une partie de l’opinion internationale soit favorable à la cause des opposants .

La Rédaction

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