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Rassemblement contre le référendum : «l’opposition a remporté son match au stade du 4-Août»
Publié le lundi 2 juin 2014   |  FasoZine


Rejet
© aOuaga.com par Séni Dabo
Rejet du projet de référendum : l`opposition lance sa campagne de dissuasion
Samedi 31 mai 2014. Ouagadougou. Stade du 4-Août. L`opposition politique affiliée au chef de file a organisé un rassemblement populaire contre le référendum au cours duquel elle a lancé sa campagne de dissuasion contre ce projet des partisans du pouvoir pour réviser l`article 37 de la Constitution sur la limitation du mandat présidentiel


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«Si nous ne remplissons pas le stade du 4-Août, nous sommes morts». Voilà ce qu’avait déclaré Simon Compaoré, opposant politique burkinabè, à quelques jours de la tenue du meeting de l’opposition, qui visait à dire non à la modification de l’article 37 de la Constitution, qui limite à deux quinquennats consécutifs le nombre de mandats présidentiels. Ça y est donc. Ils ne vont pas mourir car l’opposition burkinabè a fait le plein du plus grand stade du Burkina Faso ce samedi 31 mai 2014. Le message ? Dire non au referendum, non à la modification de l’article 37 et non à la mise en place du Sénat.

Ainsi, l’opposition politique burkinabè a réussi son pari de remplir la cuvette du stade du 4-Août, fort de 35 000 places. Même le soleil de plomb qui scintillait sur les têtes des militants et militantes des partis de l’opposition, n’a pas eu raison de sa détermination. Mieux, le «douzième homme» a bien joué son rôle en prenant d’assaut les gradins du stade pour «supporter» ses champions, dont le capitaine n’est autre que Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition burkinabè. Ensemble, ils ont dit non à toute éventualité de modification de l’article 37 de la Constitution burkinabè qui limite à deux quinquennats consécutifs le nombre de mandats présidentiels.

C’est à 10h30 que le « match » a véritablement commencé. Mais avant, l’ensemble des joueurs de l’équipe de l’opposition, ont eu droit à un échauffement. Roch Marc Christian Kaboré, du MPP, Me Bénéwendé Sankara de l’Unir/PS, Tahirou Barry du Paren, Ablassé Ouédraogo de Le Faso autrement, Arba Diallo du PDS/Metba, Sarah Sérémé du PDC, Zéphirin Diabré de l’UPC et 29 autres « joueurs » de l’équipe de l’opposition (au total 36 partis et formations politiques sont affiliés au CFOP, Ndlr) ont fait le tour du stade pour saluer la mobilisation de leurs militants. Puis comme à un match des Etalons du Burkina, "joueurs", "supporters", "arbitres", "ramasseurs de balles", entonnent en chœur l’hymne nationale burkinabè Le Ditanyè.

Mais avant «le coup d’envoi», une minute de silence a été observée en la mémoire du juge Salifou Nébié (retrouvé mort sur la route de Saponé le week-end dernier) et de l’ancien président du PDP/PS, Ali Lankoandé (décédé récemment). L’opposition burkinabè par la voix de son premier responsable, Zéphirin Diabré, annonce aux spectateurs qu’elle croit dur comme fer que «le match» qui l’oppose à Blaise Compaoré et à ses partisans n’aura pas de mi-temps. C’est le doyen des opposants burkinabè, Hama Arba Diallo qui s’est mis dans le rôle de l’arbitre de cette partie. L’homme n’a pas hésité à sortir son carton rouge contre « le capitaine Blaise Compaoré », malgré l’absence de celui-ci.

Pour le député maire de la ville de Dori, la mobilisation de ce matin est la preuve qu’il y a encore des gens pour qui le respect de la parole donnée a un sens. Il a fustigé « les hommes politiques qui sont tantôt au pouvoir, tantôt dans l’opposition et tantôt dans un Front prétendument républicain ». A l’en croire, donc, ce sont des gens dont le seul objectif est de « s’approcher de la table de la soupe ». Pourtant, prévient le président du PDS/Metba, « il ne reste plus grande chose sur la table ».

A Arba Diallo succèdera sur la tribune dressée au milieu de la pelouse, Me Bénéwendé Sankara, président de l’Unir/PS. Pour lui, l’équipe de l’opposition, si elle veut gagner doit jouer collectif, bannir les individualités pour faire place à « l’unité, au rassemblement et à la solidarité » car le match qui les oppose à Blaise Compaoré sera « rude et peut être même dangereux ». Mais, a-t-il dit, c’est le prix à payer pour remporter la victoire de l’alternance en 2015.

Roch Marc Christian Kaboré, lui, n’ira pas du dos de la cuillère pour mettre en garde son ancien compagnon Blaise Compaoré qui entend organiser un referendum. En langue nationale mooré, le président du MPP a indiqué que dans les traditions africaines, celui qui touche à ce qui est sacré s’expose à la sanction des ancêtres. Or, a-t-il prévenu, cette sanction « peut être mortelle ». Et l’ancien Premier ministre de Blaise Compaoré de dire que ce soit sur le plan du droit ou de la morale, le parti au pouvoir n’a aucune raison d’organiser le référendum.

Pour sa part, le chef de file de l’opposition a indiqué que «Si le président Blaise Compaoré veut faire des référendums sur des sujets qui concernent le peuple burkinabè, alors l'opposition politique est disposée à lui fournir une liste». Ainsi, Zéphirin Diabré propose au président de faire des référendums sur la suppression des ordonnances dans les hôpitaux, la suppression des frais de scolarité dans toutes les écoles, sur l'augmentation du SMIG à 50 000 FCFA, etc. Pour lui donc, il n’est pas question que le président Compaoré continue après 2015. « Il fera mieux de prendre sa retraite et aller se reposer à Ziniaré, son village natal, afin que son successeur vienne de temps à autre prendre des conseils avec lui », a-t-il dit en substance. Tout en appelant les amis du Burkina Faso à les soutenir dans leur combat, Zéphirin Diabré a félicité le président Barack Obama et son secrétaire d’Etat John Kerry pour avoir dit à Kinshasa, en RDC, qu’ils sont contre les modifications des Constitutions pour prolonger les mandats des présidents.

Il a également indiqué que le 14 juin prochain, ils seront du côté du stade Sangoulé Lamizana, le plus grand stade de la ville de Bobo Dioulasso, pour prêcher le même message. Celui du « non » à la modification de l’article 37 de la Constitution, du « non » au référendum et du « non » à la mise en place du Sénat. Car pour lui, une chose est indéniable : l’opposition a remporté son match de ce 31 mai au stade du 4-Août, même si son adversaire n’était pas au stade.

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