Accueil    Shopping    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Burkina Faso    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article


  Sondage

 Autres articles


Comment

Société

Campagne agricole au Sahel : Excellent déroulement mais tout n’est pas encore dans le grenier
Publié le mercredi 29 aout 2012   |  lefaso.net




 Vos outils




Dans le cadre du suivi de la campagne agricole 2012-2013, le ministre délégué à l’Agriculture, Abdoulaye Combary était ce 28 août 2012 dans la région du Sahel, plus précisément dans la province du Séno. Visites de champs, échanges avec les producteurs, les responsables et partenaires locaux de son ministère ont constitué les moments forts de cette tournée menée à pas de charge et qui l’a conduit, successivement, dans les communes de Bani, de Seytenga et de Dori.

Dans la commune de Bani, le ministre délégué et sa suite ont d’abord visité dans le village de Ouro-Nooma une infrastructure de conservation d’oignons d’une capacité de stockage de 12 tonnes. Propriété de madame Djenéba Bancé, l’unité connaît déjà quelques difficultés puisqu’elle n’est qu’à sa première année d’existence. Les problèmes pour l’essentiel se résument ainsi : pertes de produits dues aux pourritures ; attaques des claies par les termites ; mauvais état de la toiture ; non maîtrise de l’itinéraire technique de la conservation du produit ; mauvais état des claies (qualité du bois d’œuvre) ; germination de l’oignon ; prix de vente de l’oignon non rémunérateur compte tenu de la surproduction au niveau national ; insécurité de l’unité et faible capacité de mobilisation d’un fonds de roulement. Le ministre Combary a saisi l’occasion pour féliciter cette dame qui a eu le courage malgré les risques d’entreprendre avec l’appui du PAFASP et de la Direction régionale de l’Agriculture et de l’Hydraulique. Et de lui promettre, face aux difficultés qu’elle rencontre, un appui et un accompagnement de son département. Il a sur le champ invité les techniciens locaux de l’agriculture à lui apporter un encadrement rapproché et adapté afin qu’elle ne commette plus des erreurs. La volonté de Mme Bancé de poursuivre l’activité et même de la renforcer en dépit des problèmes a été salué à sa juste valeur par l’illustre visiteur qui n’a pas manqué d’appeler les autres femmes à suivre son exemple.

Les difficultés de l’unité de Djenéba seront pratiquement la fausse note de la tournée du ministre Combary dans la province du Séno, en tout cas en ce qui concerne les exploitations visitées. Dans la parcelle de maïs (variété Wari), dans le village de Gorol Kadjé, où il s’est ensuite rendu, tout est en bonne voie pour que le propriétaire, Hamidou Dicko, fasse de très bonnes récoltes. Même si les pluies venaient entre-temps à s’arrêter, le producteur dispose de quoi arroser ses plants. Sur sa petite parcelle de 3000 m2, il espère une production d’environ une tonne et demie, le rendement potentiel de la variété utilisée étant de 6,4T. A Bandiédaga Gourmantché, dans la commune de Seytenga et à Windou, comme de Dori, où la délégation ministérielle a eu également à visiter respectivement une exploitation de sésame de 4 ha appartenant Labeti Degonga et un champ de niébé de Haguera Kombéré/Sanogho ; c’est le même tempo. Tous les indicateurs sont au vert et laissent présager pour les producteurs une bonne suite de campagne agricole. Comme aux précédentes étapes de son périple sahélien, Dr Combary a félicité de vive voix les producteurs et les a exhortés à poursuivre dans leur lancée. En outre, dans toutes les provinces du Séno, selon le directeur régional de l’Agriculture, Michel Thiombiano, les plants des différentes spéculations se présentent très bien. Les céréales (mil, sorgho, riz) sont, de manière générale, au stade de montaison avancée. Le maïs est au stade de montaison à début floraison male. En ce qui concerne les légumineuses, le stade dominant est la levée avancée et la ramification, voire un début de floraison par endroits.

Quant aux autres cultures comme le voandzou, le sésame, etc., elles sont aux stades ramification-début floraison. Par ailleurs, les différentes mesures de soutien et d’accompagnement des producteurs connaissent à ce jour un très bon taux d’exécution au niveau de la région (environ 85%). Ces mesures portent entre autres sur l’opération de distribution des semences améliorées, la mise à disposition des engrais, opération « manioc/patate douce », opération ‘’maïs de case’’, opération « 100 000 charrues », opération ‘’Brigades d’irrigation d’appoint’’. Au regard de toutes ces actions favorables, le ministre délégué à l’Agriculture s’est félicité du déroulement de la campagne, soulignant que si les choses se poursuivent de cette façon jusqu’à début octobre, l’objectif de 278 000 tonnes de produits (toutes spéculations confondues) assigné à la région du Sahel cette année sera atteint. « Ce que nous avons vu est admirable. Nous partons d’ici rassuré. Le Sahel va être excédentaire », a-t-il indiqué en guise d’encouragement aux acteurs.

Mais, pour autant, tout au Sahel n’est pas encore totalement dans le grenier, au titre de la présente campagne agricole. Certes, les cultures jusque là se déroulent bien et les cumuls saisonniers de la plupart des postes pluviométrique suivis au cours de la campagne sont excédentaires par rapport à ceux de la campagne dernière ; certains excédents étant même plus prononcés, notamment dans la province du Yagha et du Séno où l’on enregistre des cumuls saisonniers supérieurs à 400 mm. Mais des risques demeurent quant à une bonne fin de la campagne. Les risques sont liés notamment aux inondations survenues à Dori et dans la province du Yagha. Dans la commune de Dori, l’on fait déjà état de 197 champs inondés. Dans la province du Yagha, 810 ha emblavés sont submergées par les eaux. Tout cela pourrait au finish peser lourd dans la balance agricole de la région. L’autre inquiétude est relative à un éventuel arrêt précoce des pluies comme ce fut le cas la campagne dernière avec son lot de déficit céréalier et d’insécurité alimentaire, durement ressentie par ces temps ci avec des produits hors de portée de la bourse des populations (le prix de 100 kg de mil pouvant aller jusqu’à 40 000 dans certaines localités).

Le péril acridien est aussi une autre menace pour la présente campagne au Sahel, avec des cas de criquets signalés par endroits ces derniers mois, sans oublier les risques pouvant provenir de pays voisins comme le Niger ou le Mali. Faces ces situations périlleuses, le ministre délégué à invité ses interlocuteurs à la vigilance accrue afin de mieux suivre ces phénomènes, d’évaluer en temps réel leurs impacts et de faire parvenir aussi rapidement que possible les informations aux autorités compétentes pour la prise de mesures idoines. Il a appelé chacun à ses responsabilités. Concernant le cas spécifique d’un éventuel arrêt précoce des pluies, il a exhorté les producteurs et les techniciens à utiliser les paquets technologiques appropriés qu’ils ont en leur possession pour faire en sorte que la présente campagne agricole soit conduite à bon port. Quoi qu’il advienne.

Grégoire B. BAZIE

LIENS PROMOTIONNELS


 Commentaires