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Le Pays N° 5608 du 20/5/2014

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Plan d’action de l’opposition contre le referendum : la bataille sera âpre
Publié le mercredi 21 mai 2014   |  Le Pays


Présidence
© Autre presse par Ivan Sama
Présidence du Faso : le chef de file de l`opposition reçu en audience
Jeudi 14 novembre 2013. Ouagadougou. Le président du Faso, Blaise Compaoré, a reçu en audience une délégation de l`opposition conduite par son chef de file, Zéphirin Diabré


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En attendant que Blaise Compaoré franchisse le Rubicon en prenant sur lui la responsabilité de soumettre la question de l’article 37 à l’arbitrage du peuple burkinabè, le CDP et ses alliés sont déjà en campagne pour le référendum et la mise en place du Sénat. Le président du Faso lui-même s’est mis dans cette posture au regard de la thématique qu’il développe lors des tournées qu’il a initiées à l’intérieur du pays. Du côté donc du pouvoir, le doute n’est plus permis. Il fait feu de tout bois pour se donner toutes les chances de réussir son projet de modification de l’article 37 de la Constitution. L’option de l’Assemblée par laquelle Blaise Compaoré doit passer n’étant pas sûre, il reste au pouvoir à tenter l’autre voie, celle du Sénat. Aucun détail de la tragi-comédie n’a été négligé. Toute la machine administrative est mise à contribution, les collectivités territoriales décentralisées sont courtisées, les moyens de l’Etat sont mobilisés pour accompagner Blaise Compaoré dans sa volonté de s’accrocher au pouvoir. Bref, le CDP et ses alliés, fortement appuyés par l’Etat et ses démembrements, sont en ordre de bataille pour le référendum.

Zéphirin Diabré et ses camarades sont déterminés à apporter la réplique appropriée aux partisans du référendum et du Sénat

C’est dans ce contexte que l’opposition a tenu, le jeudi 15 mai dernier, une conférence de presse au cours de laquelle elle a rendu publiques des mesures qu’elle a prises pour empêcher l’organisation d’un référendum et la mise en place du Sénat. Ainsi, Zéphirin Diabré et ses camarades sont déterminés à apporter la réplique appropriée aux partisans du référendum et du Sénat. Pour ce faire, ils comptent entreprendre, dans les jours à venir, des actions multiformes non seulement en direction des Burkinabè de l’intérieur et de l’extérieur mais aussi en direction des partenaires du Burkina. C’est dans cette logique que les chancelleries seront approchées pour être sensibilisées sur l’inopportunité et l’illégitimité à leurs yeux, de la tenue d’un référendum. L’ambassadeur de l’Union européenne que l’opposition a déjà rencontré sur la question, a fait savoir qu’il suit avec intérêt l’évolution de la situation politique au Burkina. Maintenant que la tenue du référendum ne relève plus de l’hypothèse, que les éléments de sa matérialisation se précisent de jour en jour, la position de l’Occident et plus particulièrement celle de l’Union européenne est attendue. A ce sujet, l’on peut dire que les Burkinabè qui sont épris d’alternance démocratique et de paix pourraient ne pas se satisfaire d’une réaction savamment truffée de circonlocutions diplomatiques dont le flou pourrait profiter aux ennemies de l’alternance et de la démocratie.

Le combat pour l’alternance au Burkina ne sera pas un long fleuve tranquille

L’on peut notamment se poser la question de savoir si les Etats-Unis et la France, qui ne se gênent aucunement pour tancer le malheureux Joseph Kabila pour lui signifier de vive voix leur opposition face à un éventuel tripatouillage de la loi fondamentale congolaise, tiendront le même langage de vérité à Blaise Compaoré dont l’engagement à modifier la Constitution pour rebeloter en 2015 ne souffre aujourd’hui d’aucune ambiguïté.
Cela dit, l’opposition burkinabè ne doit pas se faire beaucoup d’illusions sur la contribution des chancelleries à sa lutte pour la démocratie. Le fait de prendre langue avec celles-ci est certainement une bonne initiative mais elle doit se convaincre que c’est elle d’abord qui doit suer eau et sang pour empêcher la tenue d’un éventuel référendum au pays des Hommes intègres. Elle peut être certaine d’une chose : le chemin sera rocailleux. Les opposants opportunistes et couards n’ont pas leur place dans ce combat. En cours de route, certains de ses membres n’hésiteront pas à la poignarder dans le dos. Ils trouveront forcément des alibis pour la fragiliser, aidés en cela par le pouvoir et c’est de bonne guerre. Les démissions fortement médiatisées qu’elle enregistre déjà dans ses rangs et qui ne sont certainement pas les dernières, sont à inscrire dans ce registre. Aujourd’hui plus qu’hier, l’opposition burkinabè est face à son destin. Le combat pour l’alternance au Burkina ne sera pas un long fleuve tranquille. Il exigera l’engagement d’hommes et de femmes prêts à tous les sacrifices pour vaincre toutes les adversités qui se dresseront immanquablement sur leur parcours, convaincus en cela que c’est l’adversité qui a accouché de l’idée même de la démocratie dans la Grèce antique.

Sidzabda

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