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L`Observateur Paalga N° 8612 du 2/5/2014

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Référendum : Après l’appel de Dori, le message de Tenkodogo
Publié le vendredi 2 mai 2014   |  L`Observateur Paalga




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C’est devenu un rituel. A la faveur d’une manifestation d’envergure nationale à laquelle il participe, le président du Faso ne manque pas de se payer un bain de foule qui sonne partout comme une cure de jouvence. Retour sur quelques dates de ces moments de communion entre le premier des Burkinabè et son peuple :

- Le 1er décémbre 2013 à Bobo-Dioulasso à l’occasion de la sortie de la première promotion de médecins de l’UPB ;

- Le 14 mars 2014 à Sindou lors de l’ouverture de la foire agro-sylvo-pastorale régionale;

- Le 11 avril 2014 à Koupèla en partance pour les journées nationales du paysan (JNP) à Fada N’Gourma ;

- Et le 14 avril 2014 à Zorgho de retour de Fada après y avoir passé 72h avec le monde rural.

Voici qu’à nouveau, en partance pour le Conseil des ministres délocalisé à Bagré, le mercredi 30 avril 2014 à Tenkodogo, il n’a pas résisté à l’envie d’aller au contact direct avec la population locale. C’est un «Blaiso» particulièrement de bonne mine et fringuant qu’on a vu haranguer son public de Zoungrantenga. Une espèce de véritable mue semble s’être opérée en celui dont on sait que ce genre d’effusions populaires n’est pas la tasse de thé et qui, ces dernières années, aura passé beaucoup plus de temps à s’occuper des affaires des autres que des problèmes domestiques.

«Que Blaise s’occupe maintenant des affaires burkinabè !» rappelions-nous déjà le 29 mars 2011 dans nos colonnes en soulignant qu’il y a un temps pour tout : «un temps pour s’occuper des oignons d’autrui, un temps pour peler les siens propres. Le temps est donc venu, semble-t-il, pour Blaise de revenir, comme on dit, à la maison et de s’asseoir pour s’occuper à bras-le-corps des affaires burkinabè.»

Comme s’il nous avait (enfin !) entendus, le chef de l’Etat ne manque plus une occasion de «fraterniser» avec les populations selon le vocable officiel. Force est de reconnaître qu’il a de bonnes raisons de le faire aujourd’hui d’autant plus que la maison CDP s’effrite et la contestation contre son maintien au pouvoir après 2015 va crescendo.

L’escale de Tenkodogo aura été l’occasion de faire savoir que, malgré les apparences, l’hôte de Kosyam se porte comme un charme, est frais comme un gardon et a toujours de la force pour de « nouveaux combats ». A l’assistance, composée d’élèves, de ressortissants et d’autorités coutumières et administratives de la localité, il a lancé un : «J’ai compris à travers cette mobilisation que vous restez engagés avec nous pour la construction de la patrie. J’ai compris à travers cette mobilisation que vous êtes engagés pour poursuivre la construction d’une Nation stable, d’une Nation en progrès continu. Je suis là pour réaffirmer que je m’engage toujours avec vous pour que nous fassions avancer le Burkina Faso…»

Dans la conjoncture politique marquée par l’ambiguïté (qui n’en est vraiment plus une depuis quelque temps) que le chef de l’Etat entretient sur son rapport à l’article 37, nombre de ses compatriotes ont souhaité qu’il sorte franchement de son mutisme et dise ce qu’il a ‘’dans son ventre’’ et qu’on en finisse. «Il suffit de dire : ‘‘Chers compatriotes, je vous ai compris…’’» lui avions-nous même conseillé. Si à Tenko, Blaise Compaoré a déclaré «je vous ai compris», la question reste de savoir à qui il s’adressait. A l’évidence le chef de l’Etat a choisi la ‘’vieille terre’’ pour assurer à tous ceux qui le poussent à un cinquième mandat qu’il a eu écho de leur supplique. Comme on le voit, après l’appel de Dori le 12 décembre 2013 au cours duquel il a levé un coin du voile sur ses intentions, le président du Faso vient de donner un signal fort dans son message de Tenko.

On ne sait pas si ici il était devant la foule ou le peuple, mais le doute se dissipe progressivement : l’hôte de Kosyam chemine à grandes enjambées vers le référendum.

Après tout, il faut le comprendre, ce n’est pas lui qui veut ; c’est le bon peuple qui supplie «l’homme providentiel» qu’il est de ne pas le lâcher ainsi en si bon chemin vers l’émergence ! Lol (1) !

Après 28 ans de règne et contre tout bon sens, le locataire qui entend devenir propriétaire de Kosyam veut donc encore rempiler, et puisqu’on lui a refusé le petit lenga de 2 ans qu’il voulait, eh bien, il s’octroiera au moins un quinquennat. Léonin !

Hyacinthe Sanou

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