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Le Quotidien N° 1032 du 7/4/2014

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Meurtres à Ouagadougou : Quelle histoire de fous !
Publié le mardi 8 avril 2014   |  Le Quotidien




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Les drames provoqués par des fous deviennent un problème à Ouagadougou. Des illustres personnes comme des anonymes ont été victimes d’individus jugés mentalement malades. Des affaires plus célèbres ont été imputées à des fous : meurtre à la grenade de Oumarou Clément Ouédraogo, profanation de la tombe de Thomas Sankara, assassinat à l’arme blanche d’un prêtre à la MACO et maintenant assassinat par balles d’un policier. Trop, c’est trop, est-on tenté de dire, pour paraphraser le célèbre slogan du Collectif. Si ce sont vraiment des déficients mentaux qui sont à l’origine de ces crimes, alors il faut urgemment s’attaquer au phénomène. Nos villes, et particulièrement la capitale, doivent sérieusement s’occuper d’individus aussi dangereux. La mort par balles d’un élément de l’Unité d’intervention polyvalente, une unité d’élites, si elle est l’œuvre d’une personne malade, doit être la dernière. Ou alors attend-on de voir un ministre subir la folie meurtrière d’un détraqué pour agir ? Espérons qu’on n’en arrivera pas à cela. Toujours est-il que la série de meurtres imputés aux fous ne cesse de s’allonger. Et cela est de nature à poser le problème de la crédibilité des versions officielles servies à l’opinion publique. Du reste, la famille du regretté agent de l’Unité d’intervention polyvalente demande une autopsie, comme pour dire qu’elle n’a pas entièrement foi à la thèse officielle.
Et c’est vrai que ce meurtre intrigue. Sans vouloir aucunement remettre en cause ce que dit la hiérarchie du feu, on peut toutefois s’interroger sur les circonstances du drame. Comment un fou peut-il tirer avec autant de précision ? La sérénité, le calme et la logique avec lesquels il a conté son histoire aux enquêteurs suscitent aussi bien des questions. En tout état de cause, l’enquête doit continuer pour que la famille, et au-delà l’ensemble des burkinabè soient définitivement situés sur cette affaire. Cela permettra aussi, si la piste du fou tueur est confirmée, à l’Etat et à la commune de Ouagadougou de réfléchir aux mesures à prendre pour débarrasser la ville des malades mentaux. De nos jours, chaque habitant de la ville est en insécurité car étant dans le risque permanent d’être agressé, avec ces fous qui déambulent partout, souvent avec des objets dangereux en main. Certes, dans nos milieux traditionnels, les personnes atteintes de troubles mentaux vivent au sein de la société. A moins qu’ils deviennent très agressifs, ils sont pris en charge par la communauté. Mais en ville, tout devient différent. Les filets sociaux devant permettre de prendre en charge cette catégorie de malades sont inexistants. Les malades sont de ce fait livrés à eux-mêmes. D’où la nécessité pour les services publics de prendre le relais en jouant véritablement leur rôle. Il s’agit à la fois d’une question de sécurité pour les citoyens, mais aussi d’hygiène publique.
Si nos fous sont devenus si dangereux, au point de pouvoir tuer avec une arme à feu un policier, rien ne peut plus justifier le laxisme actuel. On devrait décréter immédiatement une opération visant à débarrasser la ville de ses fous. A moyen et long termes, il faut mettre en place un système efficace d’hébergement et de soins des personnes atteintes de troubles mentaux. Si cela n’est pas fait, les Burkinabè seront alors en droit de se demander si les fous ne sont pas accusés à tort. On pourrait imaginer qu’il s’agit de montages et de manipulations pour camoufler les véritables causes des crimes. Voilà pourquoi, répétons-le, après ce énième drame mis au compte d’un fou, il n’y a plus de temps à perdre. A Ouagadougou, on attend des autorités qu’elles nous sécurisent par une politique de prise en charge des malades mentaux. Ce sera une façon de montrer qu’on n’accuse pas à tort ces pauvres hères incapables de se défendre .

La Rédaction

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