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Le Quotidien N° 1015 du 18/3/2014

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ADF/RDA : l’art du grand écart
Publié le mardi 18 mars 2014   |  Le Quotidien


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© Autre presse par Tass Tass
Photo de famille à l`issue de la cérémonie d`ouverture du 15e congrès ordinaire de l`Alliance pour la démocratie et la fédération/ Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA) et du Forum libéral le 14 mars 2014 à Ouagadougou


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L’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA) vient de prendre une décision historique. Elle présentera un candidat, qui sera investi à une date prochaine, à l’élection présidentielle de 2015. Depuis sa création en 2003, le parti dirigé par Me Gilbert Noel Ouédraogo avait toujours soutenu le candidat du CDP, en l’occurrence Blaise Compaoré. Ce fut le cas en 2005 et en 2010. Le temps est-il venu pour le parti de l’Eléphant de s’assumer enfin en prenant son destin en main ? Malgré ses déclarations officielles à l’issue de son congrès, les doutes persistent chez bien des Burkinabè, tant ils ont été habitués à une attitude du parti jugée ambiguë. Le président Gilbert Ouédraogo a beau clamer que son parti a une ligne claire, il lui faudra un trésor d’efforts pour convaincre l’opinion. Peut-être que ses électeurs comprennent sa démarche, puisqu’ils ont toujours été fidèles au parti, mais le Burkinabè lambda lui s’interroge.
L’ADF/RDA a intérêt donc à mener une campagne d’explication sur ses deux principales positions : le refus de la révision de l’article 37 et la candidature à la présidentielle. Parce que jusqu’à preuve du contraire, peu de gens croient en l’ADF/RDA, puisque le parti reste dans la majorité présidentielle. En effet, malgré ses contradictions profondes avec le CDP, le parti du président Blaise Compaoré, l’ADF/RDA se dit de la majorité. Presque tout semble séparer aujourd’hui l’ADF/RDA du pouvoir. Seule la question du Sénat les unit. Ce n’est pas un détail, mais il faut croire que le lien est tout de même très mince. Ce qui divise les deux est plus important que ce qui les unit. Le plus grand contentieux concerne en effet le refus ferme de toute révision de l’article 37. Si l’ADF/RDA maintient cette position jusqu’au bout, on ne voit pas comment elle peut se concilier avec le CDP et ses alliés. Me Gilbert Noël Ouédraogo essaie donc d’adopter une position centriste, avec des lignes de conduite qui satisfont à la fois l’opposition et le pouvoir. Peut-être que le parti se réclamerait-il du centrisme, si cela avait été prévu par la loi sur les partis. Mais tel n’est pas le cas. Le congrès de ce week-end, n’en déplaise à Me Gilbert Noël Ouédraogo, ne laisse pas voir une position tranchée. C’est un choix politique que d’aucuns attribueraient à un jeu d’équilibrisme afin de gagner des militants dans tous les camps. La ligne politique de l’ADF/RDA, curieusement, lui a permis d’être aux premières loges de la vie nationale. C’est pourquoi le parti continue d’y croire. Mais l’élection présidentielle est d’une toute autre nature que les élections municipales et législatives. En outre, la donne politique a beaucoup évolué depuis les dernières élections couplées, avec les crises liées au Sénat et à l’article 37 dont l’une des conséquences est l’arrivée du MPP. Il s’agit donc de savoir si les stratégies précédentes de l’ADF/RDA seront cette fois-ci opérantes et efficaces. Le grand écart entre les deux camps diamétralement opposés sera compliqué. La voie médiane que prône l’ADF/RDA a-t-elle encore sa place dans un pays profondément divisé entre partisans et adversaires de la révision constitutionnelle ? Comment exister entre le CDP qui ne jure que par le déverrouillage de l’article 37, et le MPP et l’UPC dont le mot d’ordre se résume en « non à un lenga, non à la modification de l’article 37, non au référendum et non à la mise en place du Sénat » ? L’ADF/RDA, en pratiquant l’art du grand écart, prend de ce fait des risques. Soit elle s’en sort à bon compte, soit elle se casse les dents. L’avenir très prochain nous dira si l’Eléphant a eu raison ou non de prôner le dialogue là où des médiateurs autosaisis ont échoué à cause des positions tranchées des uns et des autres .

La Rédaction

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