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Décision d’exhumation des restes de Thomas Sankara : encore un mois de patience
Publié le jeudi 6 mars 2014   |  L’Observateur




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La justice va-t-elle ordonner l’expertise du contenu de la tombe de Thomas Sankara afin de prouver scientifiquement à la famille éplorée et à l’opinion publique que les restes qui s’y trouvent sont bien ceux du président du CNR (Conseil national de la révolution) ? On attendait la réponse hier mercredi 05 mars 2014, mais la chambre civile du Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou a rabattu le délibéré et renvoyé le dossier au 02 avril prochain pour la production d’un certain nombre de pièces qu’elle a réclamées aux avocats de la famille Sankara.


Ils étaient nombreux, les journalistes de la presse nationale et internationale qui ont fait hier matin le déplacement au palais de justice de Ouagadougou pour prendre connaissance du verdict de la procédure d’assignation en reconnaissance officielle de la sépulture de Thomas Sankara. Ils ont finalement été quelque peu déçus puisqu’aucune décision n’a été rendue concernant le RG 567/10 du 21 octobre 2010 qui est en fait le numéro sous lequel cette procédure a été enregistrée à la justice.

En effet, le tribunal, contrairement à ce qu’il avait annoncé lors de l’audience du 22 janvier dernier, n’a pas rendu de jugement le 05 mars, mais a plutôt décidé de rabattre le délibéré en demandant à la partie civile de verser un certain nombre de documents (pièces) au dossier qu’il a renvoyé au 02 avril 2014.

En français facile, Me Ambroise Farama, un des avocats de la famille Sankara, a expliqué qu’en fait le tribunal estime qu’en l’état, il ne peut pas rendre de décision sur cette affaire et demande des pièces complémentaires pour mieux apprécier les choses et donner son verdict.

Les avocats de la partie civile en ont pris acte et ont promis de transmettre dans les meilleurs délais ces pièces exigées, surtout qu’elles sont déjà disponibles. Il s’agit des cinq documents suivants : l’ordonnance rendue par le juge d’instruction en 1998 ; l’arrêt n°14 de la Cour d’appel rendu le 26 janvier 2000 ; le recours de l’Etat burkinabè en date du 30 juin 2006 ; la décision du comité interne ; la recommandation et le rapport intégral du rapporteur adressé à la 92e session comité des droits de l’homme des Nations unies.

Cette exigence des juges étonne Me Ambroise Farama qui avoue «ne pas savoir en quoi ces pièces sont importantes dans le dossier». Si ces éléments en sont absents, c’est «parce que nous ne pensions pas que pour l’expertise d’une tombe on avait vraiment besoin de ces pièces-là. Mais le tribunal aujourd’hui dit qu’elles sont indispensables pour qu’il puisse rendre sa décision. Alors, on va les lui fournir».

Cependant, l’avocat regrette qu’on en soit arrivé là, surtout que le dossier a fait l’objet d’une mise en l’état, car pour lui, il appartient au juge chargé de la mise en l’état, quand des éléments qu’il estime importants manquent au dossier, «de demander à toutes les parties de produire les pièces qui sont indispensables pour rendre la décision. On ne nous a jamais demandé ces pièces. C’est seulement aujourd’hui que le tribunal chargé de rendre le verdict les demande. Nous allons les lui communiquer et il nous dira en quoi elles lui sont utiles pour rendre sa décision».

En tant que technicien du droit, Me Ambroise Farama avoue ne pas être déçu de cette nouvelle posture des juges mais être plutôt préoccupé et inquiet : «Ça nous préoccupe de savoir que le tribunal estime que ces pièces sont indispensables pour rendre une décision. Ça nous préoccupe de savoir que le tribunal pense qu’il faut les produire pour que la famille puisse savoir où repose exactement Thomas Sankara. Ça nous inquiète de savoir que le tribunal pense que ces pièces sont indispensables pour éclairer le peuple sur cette quête de vérité et de justice que nous ne cessons de clamer depuis longtemps».

En rappel, le 15 octobre 1987, le capitaine Thomas Sankara et douze autres de ses compagnons d’infortune trouvaient la mort lors du coup d’Etat qui a porté Blaise Compaoré au pouvoir. Les victimes avaient été sommairement inhumées au cimetière de Dagnoën à Ouagadougou. Depuis, la sépulture supposée être celle de l’homme de la révolution d’août est devenue un lieu de pèlerinage pour les sankaristes et les nostalgiques de la période révolutionnaire.

Mais en 2010, les enfants (Philippe et Auguste) de l’illustre défunt et sa veuve Mariam Sankara demandent à la justice d’ordonner l’expertise du contenu de la tombe réputée être celle de Thomas Sankara afin de s’assurer que ce sont vraiment ses restes qui s’y trouvent, d’où cette procédure d’assignation en reconnaissance officielle de la sépulture du leader de la révolution.

Les conclusions de cette expertise auront une suite dont les avocats de la partie civile ne veulent pas pour l’heure parler. Ils préfèrent attendre le verdict et aviseront en temps opportun.



San Evariste Barro

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