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Le Pays N° 5524 du 20/1/2014

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Marche-meeting de l’opposition: le pouvoir entendra-t-il enfin raison ?
Publié le lundi 20 janvier 2014   |  Le Pays


Marche-meeting
© aOuaga.com par A.O
Marche-meeting de l`opposition : des milliers de personnes dans la rue à Ouagadougou
Samedi 18 janvier 2014. Ouagadougou. Des milliers de personnes ont marché dans les rues dans le cadre de la Journée nationale de protestation de l`opposition contre le Sénat et la modification de l`article 37 de la Constitution


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La marche-meeting organisée par l’opposition, à laquelle ont participé les démissionnaires du CDP, le samedi 18 janvier, pour dénoncer la révision de l’article 37 de la Constitution et la mise en place du Sénat, présente plusieurs centres d’intérêts. D’abord, elle a connu une forte mobilisation.

Les organisateurs se sont comportés en professionnels de l’ordre et de la discipline

En effet, au-delà de la sempiternelle guerre des chiffres à laquelle se sont livrés la police et les organisateurs, force est de reconnaître que l’événement a drainé une marée humaine qui a déferlé dans les rues de la capitale.
Ensuite, les organisateurs se sont comportés en professionnels de l’ordre et de la discipline. Le dispositif mis en place à cet effet, n’a montré aucune défaillance. La preuve vient d’être donnée par l’opposition dont certains doutaient de la crédibilité, qu’elle a un sens élevé de la responsabilité et de la discipline. Dans le même registre, l’on peut relever que le discours a été républicain et le ton convenable. Aucun dérapage verbal digne de ce nom n’a été constaté dans les propos des uns et des autres. Si cette attitude continue, elle fera démentir les prévisions eschatologiques en termes de menace sur la paix et sur la cohésion nationale qui secoueraient le pays en cas d’alternance. L’on peut d’ailleurs dire à ce sujet que la paix que connaît le Burkina est une construction collective qui, en aucun cas, ne peut être revendiquée par un individu en particulier.
Le troisième centre d’intérêt de cette marche-meeting aura été la couverture médiatique de l’événement par la Télévision nationale.
En effet, l’on peut dire que la Télévision nationale s’est comportée véritablement comme un organe de service public. Le traitement qu’elle a fait de l’événement a été professionnel. C’est probablement une des conséquences du bras de fer que le syndicat du monde de la communication avait engagé contre l’autorité de tutelle, en guise de protestation contre l’immixtion de cette dernière dans le traitement de l’information. Cette fois-ci, le temps dédié à la diffusion de l’événement tranche avec le passé, où l’on choisissait de parler à la télévision d’Etat, des activités de l’opposition de manière furtive et lapidaire.
Le dernier centre d’intérêt est la réaction du gouvernement. En effet, dans un communiqué, le Service d’information du gouvernement a salué le sens élevé de responsabilité des organisateurs de la marche et a dit sa disponibilité au dialogue républicain. Les termes du communiqué sont bien choisis et inédits, en ce qu’ils tranchent avec une habitude du gouvernement, de tourner en dérision les manifestations de l’opposition et surtout à les présenter comme des épiphénomènes.

Toutes les forces démocratiques du pays doivent se frotter les mains, d’avoir été témoins de la manière policée dont les uns et les autres se sont comportés à l’occasion de cet événement

Ce brusque changement de ton est peut- être le signe que l’on est en train d’assister, au Burkina, à l’émergence d’une nouvelle culture politique, suscitée par un équilibre des rapports de force. En tous les cas, toutes les forces démocratiques du pays doivent se frotter les mains, d’avoir été témoins de la manière policée dont les uns et les autres se sont comportés à l’occasion de cet événement.
Cela dit, l’on ne peut s’empêcher de se demander ce que sera l’objectif « dialogue républicain » auquel le pouvoir appelle l’opposition.
A ce niveau, l’on peut imaginer deux hypothèses possibles. Primo, le gouvernement a pris la vraie mesure de la crise qui se dessine à l’horizon et va travailler à un apaisement durable par une observance stricte de la lettre et de l’esprit de la Constitution. Dans ce cas de figure, elle priverait l’opposition d’un motif fédérateur pour battre le macadam. Cette option, qui serait certainement condamnée par tous ceux qui ne peuvent pas imaginer un seul instant le Burkina dirigé par un autre Burkinabè que Blaise Compaoré, est pourtant la voie qui pourrait permettre à leur mentor d’entrer dans l’histoire par la grande porte.
L’autre hypothèse consisterait, pour le pouvoir, à foncer droit dans le mur, dans sa volonté de maintenir Blaise Compaoré au pouvoir contre vents et marées, en suscitant des contremarches à travers le territoire national. Une telle hypothèse doit faire froid dans le dos de bien des Burkinabè épris de paix, car elle engagerait le pays, au regard de la détermination de l’opposition, dans un engrenage qui pourrait porter préjudice à la cohésion nationale. L’on peut oser croire que Blaise Compaoré, qui aime certainement le Burkina et à la construction duquel il a apporté sa touche pendant plus d’un quart de siècle en tant que président, saura épargner à son pays les affres que d’autres pays ont connues, par la faute de leur premier responsable. En attendant, l’on peut émettre le vœu que les camps antagonistes puissent, chacun, décrypter les signes que le ciel a envoyés au Burkina, ce 18 janvier, en ouvrant ses vannes pour arroser la terre de nos ancêtres et adoucir le climat.

Pousdem PICKOU

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