Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Burkina Faso    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article



 Titrologie



L’Hebdomadaire N° 717 du

Abonnez vous aux journaux  -  Voir la Titrologie

  Sondage



 Nous suivre

Nos réseaux sociaux



 Autres articles


Comment

Politique

Blaise Compaoré et l’article 37 : une position éminemment présidentielle
Publié le dimanche 22 decembre 2013   |  L’Hebdomadaire


Dori
© aOuaga.com par A.O
Dori : le chef de l`Etat face à la presse
Jeudi 12 décembre 2013. Dori. Le président du Faso, Blaise Compaoré, a animé une conférence de presse au lendemain de la célébration de la fête nationale de l`indépendance


 Vos outils




 Vidéos

 Dans le dossier

Au lendemain de la célébration du 53e anniversaire de notre accession à l’indépendance à Dori, le président du Faso a accordé un entretien à la presse nationale. ll a laissé entendre qu’il pourrait avoir recours au référendum pour départager les pro et les anti-révision de l’article 37. Même si les antis référendum ont commencé à crier, sa prise de position est éminemment présidentielle parce qu’à équidistance entre les deux camps.



A chacun de ces camps de commencer à fourbir ses armes. On se dit, en effet, que le pays qui a réussi en 1978 à mettre en ballottage le Général Lamizana, président devenu plus tard le plus populaire du pays, ne peut pas craindre un référendum. Impossible, inimaginable. Ce peuple-là saura se mobiliser pour ne plus que l’article 37 vienne à chaque fois s’interposer lorsqu’un Burkinabè ouvre «  sa bouche  », pour ne serait-ce que dire ouf.

En effet, comment est-il possible que la voix de chaque citoyen au moment où font rage les mots légalité, légitimité et peuple ne puisse pas compter.

Que le seul recours, le suffrage et donc enfin le point de vue de celui pour lequel tous ces politiciens s’époumonent, le peuple, est nul. En effet, au lieu de continuer à brasser le vent, n’est-il pas plus pratique, plus authentique et plus intelligent pour tout résumer, d’en appeler à son arbitrage aux fins de séparer tous ces braves qui veulent en découdre. Tellement ils veulent en découdre, qu’ils prévoient pour le pays la ruine fatale.

En se mettant au-dessus de tous ces Burkinabè, car chacun est Burkinabè et aime son pays, Blaise Compaoré leur tient un message clair et simple  : balle au centre et que les uns et les autres commencent à compter leurs partisans. En tout cas, pour tout bon démocrate, il n’est pas possible de refuser ce vote ultime, de refuser d’aller par monts et par vaux, par soukalas et par hameaux pour distiller la bonne parole. Celle pour les uns qu’il faut ouvrir l’article 37, définitivement. Et celle pour les autres qu’il faut verrouiller cet article définitivement. Ainsi, va la démocratie.

Ce n’est pas la faute à Blaise Compaoré

Parce que la constitution, notre loi suprême l’autorise, il ne faut pas que les grands théoriciens, ceux qui en prenant leurs plumes, nous font lire des arguments de la peur et de l’agitation des épouvantails, nous privent de ce combat épique. Prendre son bulletin et le mettre dans l’urne, disant  : «  Moi voilà mon point de vue  » nous éviterait que certains parlent en nos lieu et place comme c’est le cas.

Ce n’est quand même pas de la faute de Blaise Compaoré, si cet article lors de la relecture de la constitution en 2000 n’a pas été inscrit dans le marbre le rendant intouchable. Par nature, ce qui n’est pas intouchable est «  touchable  ». Qu’on offre cette belle opportunité au citoyen, celui des grosses voix et également celui des sans voix. Une voix, rappelons, étant égale à une voix.

Mais comme ils sont nombreux à nous convaincre déjà, que le citoyen compte pour du beurre, puisque l’issue est connue d’avance, faut-il alors que tous les démocrates se mobilisent ici et maintenant pour rendre le vote inviolable. Et si nous, braves Burkinabè prêts à bruler notre pays pour cet article, ne sommes pas en mesure d’être prêts à authentifier le résultat de ce référendum, alors nous ne méritons même pas notre droit, d’avoir su organiser tous les scrutins sans discontinuer de 1991 à nos jours.

Les défenseurs de la paix

Défendre la paix, c’est accepter que chacun dise son parti pris, défende son avis et prenne position. C’est cela l’expression ultime de la liberté que chaque Burkinabè ait son mot à dire, et qu’il le dise. Aussi, on comprend difficilement que les anti-référendums veuillent sur le sang de la violence, disent-ils, que seul triomphe leur point de vue. Leurs argumentaires pour ainsi nobles soient-il, n’en reste pas moins un point de vue.

Tous les points de vue se valent en démocratie, au nom du respect d’autrui et de son droit à la différence, les levées de boucliers des antis référendum, font d’eux les apprentis dictateurs au lieu que ce soit ceux d’en face, accusés de tous les péchés du monde.

S’il s’agit de défendre la démocratie et la paix, il faut s’aligner sur la prise de position présidentielle. Elle est de celle qui s’écarte de la majorité mécanique que certains leaders d’opinion dénoncent.

Car, si la dictature de la majorité devrait jouer, il y a bien longtemps que le sort de cet article était scellé.En tout cas, on a été bien instruit que le peuple burkinabè a changé, qu’il a compris où se trouve ses intérêts et son bien. Alors, il est possible de le laisser indiquer clairement et par lui-même où se situe son bien et ses intérêts. Pour une fois, il faut qu’on le sache.

Le Burkina à l’heure de ce choix, ne saurait le snober surtout qu’il y va de la paix sociale. Laisser les choses en l’état, c’est ne pas savoir. Or, un homme de responsabilité ne se complait pas dans le doute. Comme deux lutteurs, qui affirment chacun avoir sa force et d’en être sûr, inévitablement ils finissent par se retrouver un jour dans l’arène. Lever alors le doute permet de mettre un terme aux empoignades des fans.

Il revient donc aux hommes politiques de savoir, en lisant bien cette prise de position présidentielle, qu’il s’est mis au dessus de la mêlée. En tous les cas, il est possible d’occulter le vrai débat pour se perdre dans les exagérations ou l’intoxication des cerveaux, qu’il y aura le chaos. Aux politiques de choisir le peuple pour qui, ils disent agir.

Souleymane KONE

 Commentaires