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Le Quotidien N° 933 du 3/12/2013

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Viol conjugal : Un concept qui ne favorise pas les femmes
Publié le mercredi 4 decembre 2013   |  Le Quotidien




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Eh bien, vous avez sans doute, une fois en circulation, constaté cette annonce inscrite sur des panneaux : « viol conjugal, appelez le numéro vert… ». Sans conteste, une imagination des organisations de défense des droits des femmes ou des individus en manque d’inspiration pour se faire une place au soleil. Et on aurait bien voulu passer sous silence ces affiches de sensibilisation sur un phénomène d’une importance sociétale, mais au regard de l’indignation que cela a suscité de la part de certaines personnes, nous avons jugé nécessaire d’apporter notre part contributive, en posant le phénomène dans son contexte.
Il n’y a pas longtemps, une thèse libre selon laquelle, « la polygamie est une violence faite aux femmes » a circulé dans nos cités, occasionnant du même coup, une levée de tollé dans certaines couches sociales qui ont considéré cette affirmation comme une atteinte aux valeurs fondamentales de nos sociétés. Comme si cela ne suffisait pas, voici que certains imaginent une autre idée pour la moins saugrenue: « viol conjugal ». Entendez par cette terminologie, une relation sexuelle effectuée dans un couple légalement constitué sans le consentement d’une des parties. Et dans le cas d’espèce, c’est surtout le consentement express de la femme qui est concerné et non celui de l’homme, puisqu’on suppose que celui-ci est prêt à tout moment. Ce qui est normal car psychologiquement, une femme a moins souvent envie de faire l’amour qu’un homme. Dès lors, il serait difficile que les deux parties aient les mêmes besoins en même temps. Comme on le dit chez nous, « on fait avec ».
Mais, de là à vouloir qualifier cela comme « viol conjugal », il y a un pas de trop qui a été franchi. Surtout dans nos sociétés où le mariage revêt un caractère communautaire et non individualiste. Loin de nous des conceptions rétrogrades, dans un monde en pleine mutation, mais il nous semble évident qu’il est inconcevable qu’une femme traine son mari devant une autorité publique parce que la nuit précédente les rapports sexuels qu’elle a eus, ont été sans son consentement. Assez donc suffisant pour les adeptes de la cause pour coller à l’homme une charge aussi dégradante comme « viol ». C’est là toute la problématique de la question. Car, il s’agit d’un sujet mal posé quand on sait que dès lors qu’on parle de « viol », on parle d’absence de consentement, d’atteinte aux droits de l’homme, d’atteinte à la dignité humaine. Pour un lien conjugal légalement reconnu par la société et approuvé par les parties, on suppose qu’un acte sexuel dans ce couple, fut-il sans demande préalable d’une des parties, est normal. De toute façon, le couple qui entreprend de se marier s’embarque dans une aventure pour le moins risquée. Le couple s’engage dans une voie dont il ignore véritablement son issue. Et tout homme qui jouit de toutes ses facultés mentales, qui aime sa partenaire n’imposera pas à celle-ci un rythme de vie au-delà de ses capacités physiques. Mieux, la vie en couple suppose protection et compréhension. Au-delà de ces valeurs fondamentalement humaines, aucun autre principe ne tient dans le cas du couple. Tout le reste n’est que diversion et commerce. En tout état de cause, quelle analyse ferait-il un homme dont la femme, à tout bout de champ, refuse les rapports sexuels sous le fallacieux prétexte qu’elle est couverte par une disposition qui estime que tout rapport sans consentement est un « viol conjugal ». Tant qu’à faire donc, c’est la liste des divorces qu’on risque de prolonger avec ce concept qui est aux antipodes de nos réalités et de nos valeurs sociétales.
Et naturellement, tout projet de loi dans ce sens risquerait de se heurter aux traditions quand on connait le caractère complexe du couple dans les sociétés africaines. C’est vrai qu’avec la mondialisation et la modernisation, nous avons tendance à tout copier de l’occident, parce qu’ayant bénéficié des financements dans ce sens, mais cela peut-il remplacer notre vraie civilisation. Evidemment non ! Car, une culture qui abolirait son fondement le plus élémentaire, ce sur quoi elle est bâtie, se condamnerait à une fin certaine. On peut donc raisonnablement en conclure que cette idée du « viol conjugal » risquerait de détruire des mariages. Car, aucun homme n’est fou pour se faire trainer chaque jour devant les juridictions pour ses rapports sexuels la nuit précédente avec sa femme .

La Rédaction

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