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Le Quotidien N° 909 du 5/11/2013

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Editorial

Nouvelle carte consulaire: Le ras-le-bol des Burkinabè de Côte d’Ivoire
Publié le mardi 5 novembre 2013   |  Le Quotidien


Lancement
© aOuaga.com par GNAMIEN
Lancement de l`opération d`enrôlement pour la nouvelle carte d’identité consulaire biométrique
Samedi 2 novembre 2013. Abidjan 2Plateaux. Ambassade du Burkina Faso. Lancement de l’opération d’enrôlement des ressortissants Burkinabé pour la nouvelle carte d’identité consulaire.


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Les Burkinabè de Côte d’ivoire ont décidément changé. Ils n’acceptent plus ce qui leur vient des autorités de leur pays sans rechigner, comme le faisaient leurs parents. La nouvelle carte consulaire, qui aurait pu passer comme une lettre à la poste, en d’autres temps, rencontre une forte opposition, surtout de la part des jeunes. Lancée en grande pompe le 2 novembre dernier à Abidjan, cette carte d’identification des Burkinabè de Côte d’Ivoire est jugée révolutionnaire par l’Etat, par son caractère biométrique. D’où son coût tout aussi spécial de 7 000 FCFA. Mais, les Burkinabè ne semblent nullement séduits par cette carte de la dernière génération. Ils l’ont montré en manifestant bruyamment lors de son lancement, ce qui a obligé le ministre Djibril Bassolé, président de la cérémonie, à les écouter. Les entendra-t-il pour autant ? En tout cas, si rien n’est fait, cette opération d’identification biométrique semble vouée à l’échec.
La carte consulaire pose en effet plusieurs problèmes soulevés du reste par les protestataires. Il y a d’abord le recrutement d’un opérateur privé, en la personne de Adama Bictogo, ancien ministre de l’Intégration, renvoyé du gouvernement par Alassane Ouattara pour avoir été cité dans le scandale des déchets toxiques du Probo Koala. A cet effet, on se demande pourquoi le Burkina n’a pas jugé nécessaire, pour cette opération, de faire appel à l’ONI (Office national d’identification), qui dispose d’une expertise avérée. La seconde récrimination des Burkinabè de Côte d’Ivoire, et non la moindre, porte sur le coût de la carte. A 7 000 FCFA, il faut avouer qu’il n’est pas donné à tout le monde d’acquérir le document. En comparaison, la Carte nationale d’identité burkinabè coûte 2 500 FCFA et l’ancienne carte consulaire 3 500 FCFA. Le gouvernement de Ouagadougou, en fixant le prix de la nouvelle carte consulaire semble avoir oublié une donne essentielle : la paupérisation de la communauté burkinabè qui n’a pas été épargnée par la grave crise post- électorale.
Les temps sont en effet difficiles économiquement pour cette communauté frappée de plein fouet par les graves difficultés que le pays a connues. Beaucoup ont tout perdu et prendront sans doute grand temps à se reconstruire. Et au lieu de les accompagner dans cette phase délicate où ils remontent la pente, ils ont l’impression d’être abandonnés par leur propre Etat. La rancœur est d’autant plus grande chez eux que cette carte consulaire apparait non pas comme un instrument de leur citoyenneté, mais une source d’enrichissement des dirigeants. La pancarte que brandissait un des manifestants, le 2 novembre, lors de la cérémonie de lancement, en dit long sur leur défiance vis-à-vis des autorités burkinabè : « La carte consulaire, une vaste escroquerie gouvernementale, institutionnelle et internationale ». C’est dire que la communication a fait défaut avant le lancement du projet. Une large concertation aurait permis de prendre le pouls du sentiment général qui prévaut au sein des compatriotes en Côte d’Ivoire. L’acquisition de carte consulaire est un acte citoyen. Il fallait donc prendre toutes les dispositions pour encourager le maximum de concitoyens. Or à défaut de baisser le coût de la carte qui était de 3 500 FCFA est passé au double.
La confiance des Burkinabè vis-à-vis de leurs représentants est d’autant mince que par le passé, ils ont été pris pour une vache à lait. Ainsi, la Maison du Burkina, pour laquelle ils contribuent depuis 1998, n’a toujours pas connu un début de construction. Où est passé le fruit de ces cotisations ? Le gouvernement burkinabè se doit d’éclairer la diaspora sur cette question, au risque de perdre pour toujours sa confiance. Et l’agitation constatée autour de la nouvelle carte consulaire est l’expression du ras-le-bol d’une communauté restée longtemps dans les griffes de rapaces.

La Rédaction

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