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L’Observateur Paalga N° 8468 du 30/9/2013

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Les Elucubrations de... Toégui : Nègrerie... Y a bon !
Publié le mardi 1 octobre 2013   |  L’Observateur Paalga




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Il y a quelques jours, chaque soir vers 18 heures, j'apercevais une multitude de chauve-souris voler au-dessus de Bangrwéogo. Je les reconnais, ce sont les chauve-souris du Sourou-Nayala. Chaque année à la même époque, elles retournent en Amérique. Et c'est aussi le signe qu'il ne reste plus que quelques pluies pour la saison.

Marquons donc une pause, nous les pro-Sénat et les anti-Sénat et éloignons comme de la peste de tout processus d'opérationalisation. Oui, décrétons une trêve. Par ce temps d'hivernage finissant, notre seule préoccupation devrait être de recueillir de bonnes récoltes. Donnons donc un coup de pied au Sénat et à son frère siamois, l'Article 37 et renvoyons nos chers religieux et coutumiers à leur vocation première : qu'ils implorent les bénédictions du Tout-Puissant afin qu'il nous gratifie d'une saison fructueuse. Et que les religieux et coutumiers ne se soucient guère du Sénat puisque le sort du Sénat est bien connu : le Sénat il sera ou le Sénat il ne sera pas. Il n'y a pas 36 solutions.

Donner un coup de pied au Sénat et le reléguer au placard ? Plus facile à dire qu'à faire. Car le Sénat nous tient, ce n'est pas nous qui tenons le Sénat. Pour la simple raison que le Sénat a l'avantage d'opérer sur un terrain fertile : la nègrerie.

Oui, je suis un nègre... Tu es un nègre... Il est un nègre... Nous sommes des nègres et je vais le montrer à l'instant. Mais que l'on me donne d'abord la réponse à cette série de questions. Elu en 2001 comme Président des Etats-Unis d'Amérique, George W. Bush a été réélu en 2004. Au cours de son deuxième mandat, est-ce qu'un député ou un sénateur de l'opposition s'est inquiété un jour, un seul jour, de savoir si Bush le Président, l'homme le plus puissant du monde, ne chercherait pas à postuler à un troisième mandat en modifiant la Constitution du pays ? Le journaliste d'une radio internationale lui avait-il jamais posé la question ? Lorsque, suite à des élections, Bill Clinton, du Parti Démocrate, a remplacé le Républicain Bush, les membres du parti perdant ont-ils eu peur que le vainqueur modifie la Constitution pour rester plus de 8 ans au pouvoir ? Et aujourd'hui, y a-t-il un Américain, un seul, qui craint que Obama ne soit tenté par un troisième mandat puisque l'homme le plus puissant du monde peut faire tout ce qu'il veut ? Tout près de nous, un an après son élection, un journaliste de RFI, Français, vivant en France et à Paris, a-t-il demandé à François Hollande s'il n'allait pas amender la Constitution pour restaurer la non-limitation du mandat présidentiel comme autrefois avant Sarkozy ? Nègrerie quand tu nous tiens !

Nous étions en République des Etats-Unis et en République de France. Pas au Gondwana, ni au Bungawa ni en ex-Haute-Volta. Qu'en est-il en République du Burkina ? De l'aveu de Blaise Compaoré, Président du Faso, élu en 2010 pour un mandat de 5 ans, dès l'année 2011, soit 4 ans avant la fin de son mandat, les gens ont commencé à le harceler pour qu'il annonce qu'il n'allait pas se présenter en 2015 car il n'en a pas le droit. Nègrerie !

Les gens ! Mais peut-on jeter la pierre si vite sur les gens ? Si les gens ont posé très tôt la question, c'est que les gens savent que la question est dans le domaine du possible. Nègrerie ! Du reste, un amendement a déjà eu lieu une première fois en raison de la nègrerie. Donc les gens se disent "nègrerie un jour, nègrerie toujours".

Alors tout le monde fait dans la nègrerie. Depuis des années en effet, très tôt, les partis politiques de l'opposition ainsi que des organisations de la société civile exigent que Blaise Compaoré s'emparent d'un haut-parleur, pour prendre la ville et l'univers à témoin et annoncer qu'il ne se représentera pas en 2015. Ils savent pourtant et très pertinemment que le Président est à son dernier mandat aux termes de la Constitution. D'accord, chat échaudé... Mais tout de même cette persistance est une forme de nègrerie. Mais oui, la nègrerie n'est pas exclusivement là où on croit. La nègrerie a plusieurs facettes et, ici au Faso nous avons tous un bout de nègrerie en nous.

L'opposition politique burkinabè ? Hum ! La majorité présidentielle burkinabè ? Hum ! La mouvance présidentielle burkinabè ? Hum ! Voyons de quoi il retourne. Mais ANTA, si cette fois je m'en sors sans que l'on ne me coupe la tête comme l'autre fois, je t'offrirai un veau gras. Promis juré.

Des partis politiques estampillés de gauche, certains même anciennement de l'extrême gauche, chacun concourant au pouvoir d'Etat, sont regroupés dans une organisation dont le commandant en chef est le chef d'un parti de droite de la droite. Des noms ? Vous voulez ma mort ? Allez ! Y a le PDS/METBA. Y a l'UNIR/PS. Y a le FFS. Y a... Y a... et encore d'autres partis sankaristes. Leur chef à tous c'est Zéphirin Diabré, néo-libéral déclaré. Le n°1 des néo-libéraux du Faso. Ce n'est pas de la nègrerie ça ?

Vous voulez une autre nègrerie ? Une grande ou une petite ?

Voilà... Le CDP... Notre CDP national... Par ailleurs Tuk- guili à ce qu'on dit. Pour ceux qui ne le savent pas, le CDP est un parti de gauche puisque social-démocrate. Il y en a même qui disent que dans une vie antérieure, le CDP était plus que de gauche. Il était communiste. Communiste de tous les communismes : le Chinois... le Russe... le Coréen... le Cubain... l'Albanais... surtout l'Albanais. Ne voilà-t-il pas que le CDP qui assure le pouvoir d'Etat offre des postes de ministres à des partis de droite dont certains ont des liens de sang avec Houphouët-Boigny, le premier et le plus grand des libéraux d'Afrique de l'Ouest. Je ne vais pas les citer ici ces partis, mais il y a l'UNDD, il y a l'ADF/RDA, il y a l'UPR. Nègrerie. Il n'y aurait pas eu de nègrerie si ces partis avaient décliné la proposition du CDP. Mais puisqu'ils l'ont acceptée alors il y a nègrerie.

Nous avons commencé, continuons avec la nègrerie qui a plusieurs facettes, je l'ai dit.

"Le dernier mot revient au peuple". Voici une rengaine qu'aiment répéter tous les politiciens se disant démocrates. Mais il y a une différence entre se dire démocrate et être démocrate. Que penser, lorsque sur une question politique objet d'une grande polémique, une des parties refuse à ce qu'on recourt au référendum pour départager les antagonistes. Au motif que le vote serait entaché de fraude, donc inéquitable ?

De fraude ? Comment peut-on avoir participé à l'élection présidentielle sans craindre la fraude... Avoir participé aux législatives sans craindre la fraude. Avoir participé aux municipales sans craindre la fraude. Et refuser soudain le référendum par crainte de la fraude. Et les élections à venir, l'opposition va-t-elle refuser d'y prendre part en brandissant le spectre de la fraude ? Nègrerie.

A ceux qui m'attendraient à la sortie des bureaux de Nakibeugo avec une guillotine Mochichi, je rappelle que je suis un élucubreur qui écrit des élucubrations. Je ne suis pas Luc Kourouma. Ni le Professeur Soma. Ni le Général Garango.

A tout seigneur, tout honneur. Sans doute friand de nègrerie, le journaliste de la radio "La Voix de l'Amérique" a posé la question suivante à notre Président à Washington :

- Vous avez été élu puis réélu... Vous êtes populaire... Si le peuple vous dit "Monsieur le président nous voulons que vous soyez candidat en 2015".

Est-ce que vous y pensez ?

A cette question, notre Président a répondu :

- Non, c'est mon choix qui va être déterminant.

En Français présidentiel facile, le Président veut dire :

- En 2015 si je veux, je me présente. Si je ne veux pas je ne me présente pas. Cela dépend de moi.

Quoi ? Qu'est-ce j'apprends ? Un couvre-feu à Tenkodogo pour des histoires de Bonnets rouges ? Mossiterie à Kindi... Mossiterie à Tenkodogo ? Décidément la Mossiterie va nous en faire voir plus que le Sénat. On disait qu'on ne devait pas voir 4 supers Bonnets rouges ensemble à la même place. Que c'est strictement interdit. Mais nous les avons aperçus sur le perron de Kosyam Bonnet rouge contre Bonnet rouge transgressant ainsi la loi. Voici les ennuis qui commencent. Ne vont-ils pas nous attirer le déluge et nous ouvrir les portes de l'enfer de Laurent Bado ? Ne vont-ils pas nous amener à ne vivre que de Sénat et d'eau fraîche ces Bonnets rouges ?

Donc c'est bien compris. Pour la candidature ou non de Blaise en 2015 mon avis ne compte pas. Ni l'avis de ceux de Nioko 1 ni l'avis de ceux de Nioko 2.

Charles Guibo

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