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Dominique Zoungrana dit Convaincu, proche de Thomas Sankara : « Le gouvernement doit s’inscrire dans la dynamique des acteurs d’août 1983 »

Publié le mardi 22 novembre 2022  |  Sidwaya
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© Sidwaya par DR
Dominique Zoungrana dit Convaincu, proche de Thomas Sankara : « Le gouvernement doit s’inscrire dans la dynamique des acteurs d’août 1983 »
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Ancien délégué des Comités de défense de la révolution (CDR) et vieil ami de Thomas Sankara, le père de la Révolution burkinabè, Dominique Titenga Zoungrana alias Convaincu, évoque, entre autres sujets, dans cet entretien accordé à Sidwaya, le rôle des CDR sous la Révolution, les groupes d’auto-défense et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Actualité oblige, l’homme se prononce également sur le nouveau gouvernement formé, le 25 octobre 2022 et la place des Organisations de la société civile (OSC) dans le contexte socio-politique actuel du Burkina.

Sidwaya (S) : Quel a été le rôle des Comités de défense de la révolution (CDR) dans la sécurisation des biens et des personnes ?

Titenga Dominique Zoungrana (T.D.Z) : Sous la révolution, le rôle des CDR était de protéger le régime, le peuple et les biens. En plus, les CDR dénonçaient aussi tous les ennemis de la révolution et toute action de nature à saboter les projets de développement et les idéaux de la révolution. De manière générale, je crois que les CDR ont joué un rôle positif, non seulement dans la protection des biens et des personnes, mais aussi dans l’ancrage des idéaux de la révolution dans l’esprit de millions de Burkinabè. Malheureusement, toute œuvre humaine n’étant pas parfaite, il y a naturellement eu des brebis galeuses qui ont quelque peu terni l’image de la révolution sous certains aspects.

S : Aujourd’hui, nous avons les koglwéogos, les dozos et plus récemment les VDP, y a-t-il une différence avec les CDR de l’époque ?

T. D. Z. : Il y a une petite différence avec les CDR, notamment au regard des circonstances de naissance de ces groupes. Il est vrai qu’à l’époque, nous parlions d’ennemis du peuple, mais ceux-ci n’étaient pas actifs et armés comme les terroristes auxquels nous faisons face aujourd’hui. En d’autres termes, la menace n’était pas la même. Toutefois, je crois que tout cela, comme ce fut le cas des CDR, la sincérité, l’engagement citoyen et surtout le patriotisme doivent être aussi de mise chez les koglwéogos, les dozos et les VDP afin que le Burkina Faso gagne cette guerre contre le terrorisme et redevienne un pays de prospérité et de paix.

S : Pour le renforcement de la lutte contre le terrorisme, le gouvernement a lancé le recrutement de 50 000 VDP, Est-ce peu ou suffisant ?

T. D. Z. : C’est acceptable s’il faut tenir compte des moyens dont dispose le recruteur qui est l’Etat burkinabè. Mais, pour être honnête, je crois que ce nombre est insuffisant. Sous la révolution dans les villes et campagnes du Burkina Faso il y avait un nombre important de CDR. En attendant, le plus important est que les jeunes Burkinabè manifestent leur engagement.

S : Un nouveau gouvernement dit de combat a été mis en place depuis le 25 octobre dernier. Quel commentaire faites-vous de sa composition ?

T. D. Z. : Je n’ai pas de commentaire à faire sur la composition du gouvernement. Nous allons attendre des actions sur le terrain pour juger. Mais vu déjà les premières déclarations du Président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré et celles du Premier ministre Apollinaire Joachim Kyélem, je pense que cela augure de bonnes perspectives. Nous souhaitons simplement courage et abnégation à la nouvelle équipe pour le bonheur du peuple burkinabè. Nous souhaitons surtout que le gouvernement s’inscrive dans la dynamique des acteurs de la révolution d’août 1983.

S : Les OSC prolifèrent dans notre pays et sont régulièrement considérées comme nuisibles. Selon vous sont-elles utiles ou non à notre pays ?

T. D. Z. : D’une manière ou d’une autre, tout citoyen est utile à la société dans laquelle il vit. Chacun de nous a sa pierre à apporter à la construction de notre édifice commun qu’est le Burkina Faso. En ce sens, tout le monde est la bienvenue. Malheureusement, comme je le soulignais tantôt, chaque œuvre humaine étant par essence imparfaite, il est par conséquent difficile de ne pas avoir affaire à des brebis galeuses. C’est ainsi qu’aujourd’hui, de nombreuses OSC ont, hélas, mauvaise presse. A mon humble avis, il y a un travail de recadrage à faire. Et cette responsabilité incombe aux autorités compétentes. Pour ma part, j’appelle toutes les OSC à jouer le rôle qui est le leur pour l’épanouissement de la démocratie au pays des Hommes intègres.

Interview réalisée par Evariste YODA
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