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Mise en place du Sénat : la CNPB invite le pouvoir à revenir à la raison
Publié le mardi 17 septembre 2013   |  Partis Politiques


Moussa
© Autre presse par DR
Moussa Boly, président du Bureau exécutif permanent de la Convention nationale pour le progrès du Burkina (CNPB)


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Ceci est une déclaration de la Convention nationale pour le progrès du Burkina (CNPB) sur la situation politique nationale marquée par les concertations du chef de l'Etat autour du Sénat. Pour ce parti de l'opposition, le pouvoir doit revenir à la raison en abandonnant purement et simplement le projet de mise en oeuvre du Sénat.



Les latins avaient coutume de dire : « Errare humanum est, perseverare diabolicum », c’est-à-dire : « L'erreur est humaine, persévérer [dans son erreur] est diabolique ».

Depuis l’annonce, en décembre 2009, des réformes politiques, sous la pression de la classe politique et des organisations de la société civile, nous avons tout de suite senti que les personnes commises à la tâche, pour diverses raisons, allaient tout mettre en œuvre pour dénaturer ces réformes tant souhaitées par toutes les composantes de la société burkinabè.
C’est pourquoi, en son temps, nous avions récusé le CCRP comme cadre de concertations et le Ministre d’Etat chargé des réformes politiques comme maître d’œuvre. L’évolution des évènements confirme la justesse de la position que la CNPB a eue dès le départ.

Le pouvoir a persisté dans l’erreur et a continué de croire que le CCRP et le ministère des réformes politiques pouvaient faire son affaire. Mal lui en prit. Les mobilisations historiques des marches-meetings du 29 juin, du 3 juillet et du 28 juillet 2013 ont rappelé au pouvoir qu’il y a eu erreur d’appréciation et qu’il fallait surseoir à la mise en place du sénat. Nous avons pensé que le Président du Faso avait enfin réalisé son erreur en suspendant le processus de mise en œuvre du sénat et en demandant au comité de suivi des réformes politiques de lui fournir un rapport d’étape circonstancié sur la mise en œuvre du sénat.

Tous les politiques avisés savaient qu’il n’y avait rien à attendre de ce comité qui ne pouvait se dédire. Comme tous les Burkinabè, nous avons attendu le fameux rapport avec ses propositions et ses recommandations.

Mais en réalité, ce qui intéressait les Burkinabè, ce qu’attendaient les acteurs et les observateurs de la scène politique burkinabè, c’était la réponse et les instructions du Président du Faso.

La réponse du Président n’était pas à la hauteur des attentes de la très grande majorité des Burkinabè. C’est maintenant qu’il instruit son gouvernement d’approfondir et d’élargir les concertations à toutes les composantes de la société burkinabè pour asseoir la pertinence du sénat. Toute personne politique sensée en lisant « élargissement des concertations à toutes les composantes de la société », ne pouvait penser qu’aux composantes de la société qui n’avaient pas participé aux travaux du CCRP.

Mais ne voilà-t-il pas qu’en lieu et place du gouvernement, c’est le Président du Faso lui-même qui relance les concertations avec les communautés religieuses et coutumières, lesquelles ont bel et bien participé au CCRP et ont eu à donner leurs avis sur le processus de mise en œuvre du Sénat.

Mais enfin ! Le problème du sénat est un problème éminemment politique. Est-il possible d’imaginer qu’on puisse discuter et prendre des décisions politiques sans associer les partis politiques de l’opposition et la majorité des organisations de la société civile dans un cadre consensuel? C’est pourquoi la CNPB adhère entièrement au point de vue exprimé par F. QUOPHY (in Journal du Jeudi N°1147 du 12 au 18 septembre 2013, P.4)

Pour sa part, la CNPB dénonce les démarches et les stratégies du pouvoir qui consistent en des manœuvres dilatoires pour divertir la classe politique, faire tourner toute la République en rond et, plus grave, semer les graines de la division au sein et entre les communautés religieuses et coutumières.

Pour toutes ces raisons, la CNPB invite le pouvoir à revenir à la raison et à renoncer définitivement à son projet de sénat.

Cependant, compte tenu de l’entêtement du pouvoir, la CNPB invite tous ses militants et sympathisants, le peuple burkinabè épris de paix et désireux de vivre dans l’harmonie et la cohésion sociale à demeurer débout et mobilisés. C’est la pression populaire qui a contraint le gouvernement à enfin regarder du côté des préoccupations de nos populations. Aussi devons-nous maintenir cette pression et rester vigilants pour que le gouvernement travaille enfin à résoudre les problèmes vitaux de notre pays


Pour le Bureau Exécutif Permanent,

Le Président

Moussa Boly

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